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Comment Aprilia capitalise sur son quatuor de pilotes pour progresser

En tête du championnat à mi-parcours, Aprilia a la particularité d'avoir gagné avec ses quatre pilotes. Le constructeur puise une vraie force dans le collectif, que les responsables expliquent par une collaboration intelligemment orientée.

Marco Bezzecchi, Aprilia Racing Team, Jorge Martin, Aprilia Racing Team, Ai Ogura, Trackhouse Racing

Photo de : Aprilia Racing

Plus que tout autre constructeur, Aprilia parvient aujourd'hui à puiser une grande force dans l'ensemble de son line-up, équipe d'usine et équipe satellite mêlées. Là où KTM ne peut compter que sur Pedro Acosta pour afficher ses couleurs aux avant-postes, et où même Ducati doit composer avec des performances changeantes d'un pilote à l'autre, Aprilia voit ses quatre machines gagner et régulièrement figurer parmi les premières places.

Le championnat le reflète à la perfection : les quatre pilotes figurent parmi les six premiers, avec Jorge Martín en tête, 14 points devant Ai Ogura, puis Marco Bezzecchi huit points plus bas et Raúl Fernández à 49 unités du leader. Trois d'entre eux ont été en pole (Fernández a dû se contenter de deux deuxièmes lignes) ; tous ont gagné, en sprint pour Fernández et en GP pour les autres, et ils ont collectivement contribué à faire d'Aprilia la marque leader du moment.

Lorsqu'il lui est demandé comment expliquer la progression opérée par la RS-GP depuis l'an dernier, le directeur technique Fabiano Sterlacchini évite astucieusement d'aborder les secrets de la moto pour plutôt mettre l'accent sur la force du collectif dont profite Aprilia.

"Un de mes principaux mantras dans ce sport, c'est qu'à partir du moment où l'on a une bonne moto, il faut pousser le pilote à la piloter à la perfection", explique-t-il auprès du site officiel du MotoGP.

Jorge Martin, Aprilia Racing Team

Le partage des données et l'analyse du pilotage sert l'ensemble du groupe.

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

"Parfois, on peut avoir un pilote qui interprète un virage à la perfection et qui ne prend pas parfaitement le virage suivant. Et à l'inverse, on peut avoir un autre pilote qui est bon dans tous les autres virages et qui ne l'est pas tellement dans le virage où l'autre est bon."

"La combinaison de tout cela est importante pour essayer de progresser au cours d'un week-end, afin d'interpréter du mieux possible tous les virages du circuit en termes de performance."

"Collaboration" sur les pièces et le pilotage

Davide Brivio, à la tête de l'équipe Trackhouse, ne peut que confirmer l'inspiration que le team d'usine tire parfois du pilotage d'Ogura et de Fernández. "L'aide peut provenir du grand partage des données, en voyant ce que les pilotes font potentiellement de différent par rapport aux autres."

"On sait par exemple qu'Ogura fait certaines choses différemment, et parfois ils vont regarder cela. De même, ils regardent Raúl quand il fait quelque chose d'important", explique-t-il dans une interview accordée à l'édition italienne de Motorsport.com.

Peut-être avons-nous aidé Aprilia à accélérer certains essais, à obtenir des confirmations supplémentaires et à comprendre comment faire les choses différemment.

À cela s'ajoute la validation d'évolutions techniques, à laquelle Trackhouse participe bien volontiers. "Le gros du travail est fait dans l'équipe d'usine. Nous, nous recevons parfois des pièces quand ils les ont validées", poursuit Brivio.

"Il y a eu des moments, par exemple l'année dernière, où nous avons utilisé un châssis dont ils n'étaient pas très sûrs. Nous l'avons utilisé avec Raúl, après quoi ils l'ont aussi utilisé à la fin de l'année."

Marco Bezzecchi, Aprilia Racing

Pilotes d'usine ou Trackhouse : tous participent à la solide saison d'Aprilia.

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"En somme, nous mettons à disposition des données, nous essayons les choses quand ils nous le demandent. Nous devenons peut-être une sorte de confirmation : s'il y a des doutes, Raúl et Ogura les essayent, et si ça leur plaît, les pièces peuvent ensuite être réessayées par eux. Il y a une collaboration en ce sens."

"Peut-être avons-nous aidé Aprilia à accélérer certains essais, à obtenir des confirmations supplémentaires, et par rapport au style des pilotes à comprendre comment faire les choses différemment. Par exemple, à Assen, Ogura faisait des choses différentes à certains endroits, et je suis sûr que les gens d'Aprilia l'ont observé. Donc, en ce sens, il y a de la collaboration."

Où progresser pour les derniers Grands Prix de la 850cc ?

S'il est indéniable qu'Aprilia a eu l'avantage durant la première moitié du championnat, c'est maintenant, lors des quatre derniers mois de compétition qui s'ouvrent à Silverstone, que la hiérarchie finale va se dessiner, en repartant d'un classement dont les écarts restent minimes.

"Il faut bien sûr continuer à travailler comme nous l'avons fait ici", annonce Fabiano Sterlacchini, qui reste attentif à ce qui peut encore être affiné. "Au final, c'est une sorte de processus : dès lors que l'on travaille selon une méthode précise, que l'on fait évoluer les choses et que l'on prépare la course d'une manière spécifique, si l'on obtient de bons résultats, cela signifie que le système fonctionne."

Le garage d'Aprilia Racing

La RS-GP a-t-elle encore de la performance en réserve ?

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"Il est clair qu'il y a certains domaines dans lesquels nous devons nous améliorer un peu pour être performants et constants tout au long de la saison. Par exemple, ce n'est un secret pour personne : si l'on examine nos performances cette année, lors des courses où le pneu dur à l'avant était un peu à la limite, comme par exemple à Brno ou à Barcelone, nous avons un peu souffert. C'est un domaine spécifique sur lequel nous travaillons."

Les 11 Grands Prix restants seront aussi les derniers des motos actuelles. Reste-t-il une marge d'amélioration réaliste ? "Comme je le dis toujours, il ne faut pas trop se concentrer sur ce que l'on a fait, mais plutôt mobiliser toute notre énergie mentale pour essayer de comprendre où l'on peut s'améliorer encore plus", répond Fabiano Sterlacchini.

"Nous sommes sans doute arrivés à la limite, nous tirons le meilleur parti du projet et des performances des pilotes, mais nous savons bien sûr qu'en sports mécaniques, ça n'est jamais suffisant. C'est notre devise principale, et nous devons continuer à pousser pour évoluer."

Propos de Davide Brivio recueillis par Matteo Nugnes et Giacomo Rauli

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