Dérouté, Miller exhorte KTM à pousser sur le développement
L'Allemagne n'a pas fait exception dans la saison complexe que vit Jack Miller. L'Australien y a connu un nouveau week-end frustrant avec KTM et corrèle une partie des difficultés de la marque avec un manque de développement.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Jamais réellement en verve cette année, Jack Miller espère avant tout que KTM sera en mesure de poursuivre un travail de développement actif sur le châssis carbone apparu l’an dernier et dont la base, selon lui, n’évolue pas suffisamment vite.
Tandis que son futur remplaçant Pedro Acosta est parti activement chercher des réponses sur de nombreux aspects du projet KTM et la manière dont celui-ci est géré du côté de la direction et de l’usine, le pilote australien a semblé présenter depuis le box du team officiel avec une forme de lassitude lors du dernier week-end de course avant la pause estivale, sur le tracé allemand du Sachsenring. Une lassitude d’autant plus préoccupante qu’elle est associée à des résultats toujours aussi peu avantageux face au reste des pilotes de la firme autrichienne.
Onzième chrono en EL1, à une seconde de la marque de référence, Miller est resté dans cette même position en Essais, le vendredi, s’imposant ainsi un passage par la Q1 pour tenter de rejoindre la partie haute de la grille de départ. Pour la troisième fois de suite, l’Australien s’est cependant montré incapable de se hisser plus haut.
Il a même dû se contenter de la seizième position sur la grille de départ, dernier représentant KTM, derrière Acosta (9e), Brad Binder (10e) et Augusto Fernández (15e). Le fait de s’être trouvé pris dans les aléas de la Q1 avec Stefan Bradl et Marc Márquez n’y a rien changé : Miller se savait de toute façon bien loin du rythme nécessaire pour passer en Q2.
Seulement 13 points en 12 courses
En sprint, c’est à la 11e position que l’Australien a franchi la ligne, à quatre seconde et demie de la neuvième place d’Álex Márquez, valant le dernier point mis en jeu. Dimanche, Miller a connu une course distante, conclue à la 13e place, cette fois à 25 secondes au vainqueur à l’arrivée. Au championnat, celui qui a inscrit 13 points sur les six derniers Grands Prix en date évolue au 16e rang, derrière la Yamaha de Fabio Quartararo.
Jack Miller a ferraillé avec Augusto Fernández au GP d'Allemagne.
Plus généralement, les pilotes de Pierer Mobility semblent atteindre le plafond de verre d’une machine qui accuse de plus en plus le coup face à Ducati et Aprilia. Régulièrement tenus dans des chronos proches, les pilotes KTM voient, semble-t-il, une limite se dresser devant eux.
"On peut développer plus !" suggérait Miller avec aplomb, après les séances du vendredi. "Nous avons fait un tel pas en avant l’an dernier pour réduire l’écart, comme je l’ai toujours dit. Il y aura toujours un plafond, et il faut développer et essayer de faire mieux, d'aller plus loin. Nous sommes sur le même châssis que celui que nous avions à Misano l’an dernier, la première introduction du châssis en carbone. Mais nous n’avons fait aucun ajustement, aucun changement à cela. Il y a des domaines sur lesquels nous pouvons travailler, c’est certain, pour placer la barre plus haut."
Même son de cloche à l’arrivée du Grand Prix, dimanche, pour celui qui se disait souffrir avec la partie droite du pneu arrière et ne pas se trouver en capacité d’utiliser la dose nécessaire d’inclinaison en courbes.
"C’était frustrant mais, heureusement, la moto fonctionnait bien sur les freins donc j’arrivais à reprendre un peu de temps. Nous devons développer plus, c’est aussi simple que ça !" insistait celui qui, pourtant, aura quitté le groupe dans quatre mois. "Nous sommes sur la même base que Misano l’an dernier. Nous devons plus développer, plus travailler."
"Un peu plus de grip, un peu plus de turning, pour emmener plus de vitesse en courbe. On est bien sur la vitesse : le moteur est solide, et le package aéro est assez costaud, je trouve. Mais on est encore sur les tout premiers modèles du châssis carbone et je pense que quelque chose doit être fait à ce niveau, ou vers l’arrière de la moto. Il faut poursuivre le développement."
À cela vient s’ajouter le coup de serin apporté par la nouvelle du départ de Fabiano Sterlacchini, le directeur technique star de KTM, qui frappe forcément au moral. "Fabiano est un ingénieur fantastique et il est certain que c’est une perte pour eux", estime Miller, qui l'a côtoyé chez Ducati avant de faire partie, avec l'Italien, de la vague de recrutements opérés par KTM à Borgo Panigale. "Pour moi aussi de mon côté, c’est le cas, car il était vital pour ce projet et il est triste qu’ils n’aient pas pu continuer."
VIDÉO - Le résumé du GP d'Allemagne MotoGP
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