"Ducati n'était pas prêt" : l'échec Rossi est loin avant l'arrivée de Márquez

Davide Tardozzi est certain que Ducati ne va pas revivre avec Marc Márquez l'échec connu avec Valentino Rossi. Le constructeur est aujourd'hui bien mieux préparé pour accueillir un pilote de ce calibre.

Marc Marquez, Gresini Racing Team

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Malgré une histoire encore relativement courte dans la catégorie reine des courses moto, Ducati a déjà accueilli plusieurs champions dans son équipe MotoGP. Il y eut notamment Nicky Hayden, venu chercher un nouveau cocon après son divorce avec Honda, puis Valentino Rossi, qui tenta le pari d'un triomphe 100% italien en 2011, et aussi Jorge Lorenzo, transfuge de Yamaha en 2017.

Ces différentes expériences ont connu un succès très variable. En 2009 et 2010, Hayden a subi la domination de Casey Stoner en interne, avant d'être beaucoup plus proche de ses autres coéquipiers les trois années suivantes, mais sans victoire à la clé. Parmi eux, Rossi a vite compris que son pari était voué à l'échec et sa courbe de performances s'est effondrée chez Ducati, au point qu'il a fait le chemin inverse vers Yamaha dès la fin de son contrat de deux ans. Lorenzo, quant à lui, n'a pas vraiment eu le temps de prendre ses marques avant de sceller son départ… et de commencer à gagner avec la Desmosedici dans la foulée.

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Aucune de ces aventures n'a donc ouvert de chapitre majeur dans l'histoire de Ducati, et l'association avec Valentino Rossi a même laissé une trace qui, aujourd'hui encore, reste douloureuse. Seulement, à l'heure où Marc Márquez s'apprête à faire à son tour son entrée dans le saint des saints de Borgo Panigale, la direction de l'équipe est persuadée que l'histoire va prendre une tout autre tournure.

"C'est un pari complètement différent, par rapport à la préparation que nous avons aujourd'hui en tant que constructeur, en tant que moto, en tant que management et en tant que gestion technique", souligne Davide Tardozzi à GPOne. "C'est qui a été la véritable erreur lorsque nous avons pris Valentino chez Ducati : nous n'étions pas prêts. Ducati n'était pas prêt à gérer Valentino Rossi, et aujourd'hui nous le sommes totalement."

"Avec Valentino, le timing a été complètement loupé. Avec Jorge Lorenzo, à mon avis, c'est lui qui a fait erreur en signant trop tôt avec Honda. S'il avait attendu ne serait-ce que quelques jours de plus, l'histoire aurait pu être différente", estime le team manager italien, occultant quelque peu les critiques qui avaient poussé le Majorquin à partir et les piques envoyées par le PDG de la marque avant que Lorenzo ne trouve soudain le chemin de la victoire au Mugello.

Márquez "dans le jardin" de Bagnaia

S'il est convaincu que les choses vont se passer de façon totalement différente aujourd'hui, c'est parce que Davide Tardozzi sait à quel point l'équipe s'est renforcée en se structurant au cours des dix dernières années, et particulièrement depuis le cycle ouvert par Pecco Bagnaia. Ducati est aujourd'hui la référence et Márquez aura eu une saison sur une Desmosedici satellite pour ne pas arriver en terrain inconnu.

"Je rappelle que nous avons chez nous le double Champion du monde [en titre]", souligne Davide Tardozzi. "À partir du moment où l'on gère Francesco Bagnaia, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas gérer Marc Márquez. Pecco n'est pas moins bon."

Marc Márquez va devoir trouver sa place aux côtés de Pecco Bagnaia.

Marc Márquez va devoir trouver sa place aux côtés de Pecco Bagnaia.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

"C'est un pilote qui démontre qu'il veut gagner. Après, il le fait à sa manière, la plus élégante possible en parlant de ce qui se passe en dehors de la piste", ajoute-t-il au sujet du leader actuel de l'équipe. "Pecco sait quelle est sa valeur, il croit en lui, il a une confiance extrême dans la moto et aussi dans l'équipe. Il suffit de regarder certaines de ses courses pour le comprendre. Ça aussi, ça participe à la performance."

Il n'échappe à personne, et en premier lieu pas au team manager, que gérer ces deux champions ne sera pas un exercice exactement comme les autres. "Marc vient dans le jardin de Pecco Bagnaia. Il a eu des affirmations flatteuses à l'encontre de Pecco et qui ont été faites de manière pertinente. Quand Marc parle, il sait exactement ce qu'il dit, il ne parle jamais en l'air. Je ne l'ai jamais entendu le faire. Quand il affirme quelque chose, c'est la vérité et ces affirmations ont souvent un but précis."

"C'est donc un garçon très intelligent et il va être très attentif quand il arrivera chez nous. Je suis sûr qu'il arrivera sur des œufs et il qu'il cherchera à comprendre comment nous opérons. Car, dans le box, c'est Ducati qui gère, pas les pilotes."

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