Fernández ravi du dialogue avec Crafar malgré son long-lap
Raúl Fernández considère le long-lap reçu pour son accrochage avec Enea Bastianini au GP d'Argentine trop sévère, mais se félicite du dialogue avec les commissaires de courses, beaucoup plus constructif que l'an passé.
Photo de: Trackhouse Racing Team
Après seulement deux Grands Prix, les pilotes donnent l'impression d'apprécier les nouvelles méthodes dans les prises de décision en MotoGP. Après de multiples contestations de leur part ces dernières saisons, Freddie Spencer a abandonné son rôle de président du panel de commissaires de course cette année, et a été remplacé par un autre ancien pilote, Simon Crafar.
Consultant pour la réalisation officielle l'an passé, le Néo-Zélandais discutait souvent avec les pilotes, qui espéraient que ces liens permettraient un meilleur dialogue. Le premier dossier que Crafar a dû gérer a été le temps de Pecco Bagnaia annulé par erreur le vendredi au GP de Thaïlande, une décision sur laquelle il a été impossible de revenir pour éviter un précédent susceptible de susciter des plaintes à l'avenir.
Bagnaia était mécontent mais épargnait le nouveau président des commissaires, sachant que c'est la direction de course et non ce panel qui avait le pouvoir d'intervenir. "Simon Crafar a été pilote et il a très bien compris la situation, je pense que si ça avait été lui il m'aurait rendu mon temps", expliquait l'Italien. Franco Morbidelli, sanctionné pour avoir gêné son compatriote, se disait également satisfait qu'il y ait "plus de dialogue" avec les commissaires.
"Je reste un grand fan de Simon", déclarait alors le pilote VR46. "Il faut que je reste pro ! Il a toujours été un bon personnage dans le paddock, il va falloir du temps pour le voir sous un regard pro. Mais la pénalité d'aujourd'hui m'aide en cela ! [rires]"
On peut discuter avec eux et expliquer son point de vue. On ne parle pas à un mur.
À son tour pénalisé au GP d'Argentine, Raúl Fernández livre un discours similaire. L'Espagnol a reçu un long-lap pour avoir percuté Enea Bastianini, envoyé au sol, et s'il a jugé la sanction trop lourde, il est ravi d'avoir pu échanger avec le collège des commissaires après l'arrivée.
"Tout d'abord, je suis content des nouveaux commissaires", a souligné Fernández. "On peut discuter avec eux et expliquer son point de vue. C'est bien parce qu'on ne parle pas à un mur, donc je suis content. Je suis d'accord avec la pénalité mais pas à 100% : j'ai eu un petit contact avec Enea, mais il est tombé seul parce qu'il n'a pas relevé le moto. Pour moi, c'est du 50-50."
Raúl Fernández
Photo de: Trackhouse Racing Team
"Mais je suis content des commissaires parce qu'on peut discuter avec eux, c'est un progrès. Les dernières années, on se battait, on se battait, on se battait et ils n'essayaient pas de trouver de solution. Je pense que maintenant ils en ont trouvé une."
Fernández minimise l'accrochage
Concernant l'accrochage avec Enea Bastianini, Raúl Fernández estime qu'il ne s'agissait que d'un duel musclé, en soulignant le fait que le contact n'était pas violent : "Je suis désolé mais sur ce moment, il fallait en avoir plus dans le pantalon pour entrer dans le virage. On s'est un tout petit peu touchés. Si je l'avais percuté violemment, je suis sûr à 90% que j'aurais cassé un aileron mais ça n'a pas été le cas."
Bastianini n'était pas tout à fait du même avis. "Au deuxième tour, je l'ai doublé au virage 3", a expliqué le natif de Rimini. "Il est passé à l'intérieur au virage 7, moi à nouveau au virage 8, et en arrivant au virage 9, il est arrivé très, très vite, et il m'a touché."
"Raúl m'a mis dehors et je suis tombé", a résumé Bastianini, qui a repris la course et vu l'arrivée en 17e position malgré une KTM "un peu bizarre" en raison des dégâts : "Je suis revenu en piste et j'ai essayé de finir la course pour voir mes sensations. Je n'avais pas d'aileron sur le côté gauche mais mon rythme était bon. J'ai un peu manqué de chance."
Avec Léna Buffa
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