Joan Mir ne chute qu'en course et il sait parfaitement pourquoi
Pour la quatrième fois de suite, Joan Mir est parti à la faute en course. Reparti bredouille d'Austin alors qu'il s'est montré performant, le pilote Honda pointe sa moto pour expliquer ces chutes, qui ne surviennent que dans les courses.
Trois points lors du sprint qui a lancé la saison, en Thaïlande, voilà tout ce qu'a empoché Joan Mir pour le moment. Depuis cette course, il n'a plus jamais vu l'arrivée, cumulant les chutes malgré une performance pure qui a plusieurs fois laissé présager de belles choses.
Au Texas, en particulier, l'Espagnol s'est affirmé en net leader du clan Honda, une fois qu'il a dépassé une journée d'ouverture moyenne, entachée par une mauvaise orientation technique. Mais après s'être qualifié en cinquième position et être monté jusqu'à la troisième place dans le sprint et la sixième dans la course principale, il a encore une fois mordu la poussière.
"Comme vous pouvez l'imaginer, je suis déçu. On a toujours montré un bon potentiel dans ces trois courses, pour figurer de manière solide dans le top 5, je dirais, mais on n'est pas encore prêts pour ça. Voilà comment on peut le résumer", a admis le pilote Honda, déplorant essentiellement les limites de sa moto pour expliquer qu'il prenne autant de risques.
Car bien qu'il ait jugé sa chute "assez inattendue", Joan Mir a rappelé qu'il force en permanence sur l'avant de la Honda pour compenser la faiblesse qui perdure sur sa partie arrière. Une approche qu'il assume totalement mais qui le fait souvent flirter avec la correctionnelle.
"Hier, et encore aujourd'hui, je me suis mis en position d'attaquer et de récupérer au maximum à l'entrée des virages la vitesse perdue en sortie", expliquait-il après la course. "Il faut améliorer l'arrière pour être plus à l'aise à l'avant. Je vais essayer de faire de mon mieux pour aider l'équipe à y arriver, mais la réalité, c'est que si on n'y arrive pas, il va être difficile de rivaliser avec [les autres] sans prendre ces risques."
Joan Mir se battait contre Álex Márquez quand il est tombé.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
C'est toute cette dynamique qui explique, selon lui, que ses seules chutes de la saison soient intervenues en course, en l'occurrence lors des deux épreuves du Brésil et du Texas. Son abandon lors du GP du Thaïlande était, lui, dû à un problème d'ordre technique.
"Le truc, c'est que quand je suis seul, je peux rouler très vite et en étant assez safe, mais quand je suis derrière les autres, pour freiner dans leur sillage avec cette aéro, je dois prendre des risques pour pouvoir m'arrêter toujours de la même façon. Si je dois récupérer du terrain, je dois prendre le double de risques, et ça augmente mes chances de tomber. C'est ce qui se passe dans les courses."
Je fais partie de ceux qui n'apprécient pas simplement le fait d'être là. J'apprécie quand j'ai la possibilité de me battre pour quelque chose d'important. C'est ce qui me cause beaucoup de chutes.
"Cette journée a été un peu une conséquence du fait que je suis à la limite de la moto", a donc ajouté Joan Mir. "On va travailler avec l'équipe pour essayer de sortir de cette situation et d'avancer. Ce week-end, j'étais en position d'être en mode attaque et non en défense, alors j'ai poussé et, quand on pousse à 150%, ce sont des choses qui peuvent arriver. Alors zéro regret, on tire juste les enseignements et on apprend des erreurs."
Il a beau savoir qu'il existe une fragilité avec la Honda en abordant les virages de la sorte, Joan Mir n'a aucune intention de changer d'approche. "Vu ma conception de la course, je pense que c'est ce qui me cause beaucoup de chutes ici. Parce que pour moi, la course, c'est aussi une question de chance : j'aime prendre le départ d'une course en sachant que j'ai une chance."
"Si je n'avais pas ça au fond de moi… C'est pour cette raison que j'ai vécu mes années les plus difficiles ici, en 2023 et 2024, et je ne veux plus revivre ça. Je fais partie de ceux qui n'apprécient pas simplement le fait d'être là ; j'apprécie quand j'ai la possibilité de me battre pour quelque chose d'important. C'est ce qui me cause beaucoup de chutes, mais ici, au COTA, il fallait que je le fasse. Je n'ai aucun regret à mon sujet et je pense que l'équipe me soutient de cette façon."
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