Lorenzo ne se sent pas sous-exploité intentionnellement par Yamaha

Resté loin des pistes depuis huit mois, Jorge Lorenzo se montre compréhensif face aux circonstances exceptionnelles d'une année bouleversée par la pandémie de COVID-19 et ne souhaite pas jeter la pierre à Yamaha.

Lorenzo ne se sent pas sous-exploité intentionnellement par Yamaha
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Jorge Lorenzo balaye l'idée que Yamaha aurait en quelque sorte gâché les opportunités offertes par sa première année de contrat en tant que pilote d'essais. Bien que très peu exploité par le constructeur avec lequel il a remporté ses trois titres MotoGP, ce dont même les pilotes officiels se sont étonnés, l'Espagnol rappelle que les circonstances très particulières de cette année de crise sanitaire mondiale ont fortement impacté le travail des équipes de tests, et particulièrement pour les constructeurs japonais. Les deux jours de roulage auxquels il a participé jusqu'à présent n'en sont donc selon lui que le reflet.

"Je veux croire, et je crois vraiment, qu'ils font de leur mieux pour faire le plus de tests possibles. Simplement, les circonstances liées au COVID-19 ont fait que ça n'a pas pu se faire", assure le pilote espagnol, qui aurait dû réaliser un test privé au Japon fin mars avant que le confinement n'en décide autrement.

Par la suite, en plus des tests privés dont le plan n'avait pas encore été dévoilé, il était prévu qu'il participe aux essais post-course programmés au cours de la saison et finalement annulés (Jerez, Barcelone et Misano), ainsi qu'au test qui devait se tenir sur le KymiRing avant le retour du Grand Prix de Finlande en juillet. Et son programme, on le sait, devait aussi le voir participer au Grand Prix de Catalogne en tant que wild-card, avant que ces tickets d'entrée soient supprimés pour cette saison dans une volonté d'économies.

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"Bien sûr, je crois que sans le COVID, nous aurions fait les 15 ou 16 jours que nous avions prévu de faire. Mais non, je ne crois pas qu'ils gaspillent mon travail en tant que pilote d'essais, et surtout pas intentionnellement, car je pense qu'économiquement c'est peut-être le constructeur qui dépense le plus pour cela. Ce n'est donc pas logique de penser ainsi. Je crois vraiment que les circonstances liées au COVID n'ont pas aidé l'équipe à réaliser plus de tests."

À son arrivée à Portimão pour deux jours de tests visant à préparer le Grand Prix du Portugal du mois prochain, Jorge Lorenzo était donc d'autant plus enthousiaste, lui qui a dû attendre huit mois depuis ses derniers tests. "Près d'un an a passé sans que je roule… Je n'ai jamais passé autant de temps sans rouler à moto ! Ce sera clairement assez difficile de se réadapter à ces motos. Mais nous avons deux jours sur une piste qui est nouvelle [pour le MotoGP]", anticipait-il.

Seule déception : contrairement à ce qu'il espérait, Lorenzo ne va pas pouvoir prendre le guidon de la Yamaha de 2020 et devra s'en tenir à une moto similaire à celle qu'il avait pilotée à Sepang au mois de février, soit un modèle de 2019. À l'époque, déjà, il s'était dit déçu de ne pas avoir pu en faire plus ni évaluer la machine la plus récente.

"Si je comprends bien, nous allons utiliser la même moto qu'à Sepang, nous n'avons pas pu faire venir la nouvelle moto ici", a-t-il expliqué mardi soir lors d'une conférence de presse, évoquant sa surprise de dernière minute. "J'ai parlé avec Maio [Meregalli] il y a quelques jours, quelques semaines, et il m'a dit qu'ils auraient probablement la moto de 2020 ici. Il y a deux heures, je suis entré dans le stand et ils n'ont que la moto de 2019. Ils m'ont dit qu'ils n'ont pas eu le temps de préparer la moto de 2020, ils n'étaient donc pas prêts à l'amener ici. C'est dommage de ne pas avoir la même moto que les officiels, mais je suppose qu'ils ont fait le maximum pour essayer de faire venir les nouvelles motos ici et qu'ils n'ont pas pu. Il va donc falloir faire avec ce que nous avons."

Deux jours pour préparer le Grand Prix du Portugal

Malgré cette déconvenue, Jorge Lorenzo compte bien apporter sa contribution au programme de Yamaha grâce à ces deux jours de tests. "C'est très important, parce que non seulement c'est une nouvelle piste, mais c'est aussi une piste très spéciale avec beaucoup de montées et de descentes", explique-t-il. "Il sera donc important de ne pas faire d'erreurs stupides au début, d'essayer d'engranger des kilomètres et de fournir le maximum d'informations à Yamaha à destination des pilotes officiels lorsqu'ils viendront ici pour la course officielle."

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"Nous allons utiliser ce test pour que les pilotes officiels aient la meilleure boîte de vitesses [en vue du Grand Prix], et aussi pour tester la plupart des pneus, voire tous, afin de comprendre quels seront ceux pour le time attack et ceux pour la distance de la course dans ces conditions et sur ce bitume. C'est l'objectif principal. Pour la troisième partie, il s'agira aussi probablement de jouer un peu avec les réglages. Mais comme j'aurai la moto de 2019, le set-up est un peu différent et c'est donc moins important que la boîte de vitesses et les pneus."

S'il ne peut cacher sa joie à l'idée de revenir aux affaires grâce à ce test, Jorge Lorenzo apparait désormais détaché de la compétition malgré les tentations qui étaient les siennes au début de l'année de ne pas nécessairement se projeter sur une retraite définitive des Grands Prix. Le triple Champion du monde MotoGP l'assure, il est heureux dans son nouveau rythme de vie.

"La vérité est que ma vie est meilleure que ce que je montre sur les réseaux sociaux ! [rires] Je suis très heureux de la vie que je mène, elle est plus ou moins comme je l'avais imaginé, avec beaucoup de temps libre et surtout la possibilité de décider ce que je veux faire à chaque instant." Et quand est-il de son avenir ? "Je n'ai pas de projets particuliers pour l'avenir, à part celui d'être un testeur. Je n'y ai pas pensé pour l'instant."

Avec Lewis Duncan et Germán Garcia Casanova

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