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Morbidelli : "Une des saisons les plus dures de ma vie"

Sa grave chute du mois de janvier a totalement conditionné la première saison de Franco Morbidelli au guidon de la Ducati. Plus que ses résultats, l'Italien veut donc retenir les progrès accomplis au fil des mois, alors qu'il a dû faire face à un véritable défi.

Franco Morbidelli, Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

S'il y a un pilote de la grille MotoGP qui est particulièrement heureux de voir arriver la fin de l'année 2024, c'est Franco Morbidelli. Lourdement accidenté au mois de janvier, l'Italien a traversé la saison avec, en plus de la quête de performance que connaît chaque coureur, les conséquences, parfois pesantes, du choc reçu à la tête dans cette chute à Portimão, survenue juste avant la reprise des essais.

Bien qu'il soit toujours resté très discret sur ce qu'il a traversé, Morbidelli a fini par révéler avoir perdu la mémoire pendant deux semaines après sa chute et on comprend aisément que s'il a manqué l'intégralité de l'avant-saison, c'est que sa situation ne lui permettait pas de reprendre le guidon. Il a également admis, avec le recul, qu'il n'était "absolument pas en condition" lorsqu'il s'est finalement relancé, plongeant directement dans le grand bain avec le premier Grand Prix de la saison.

Dans ce contexte, il veut voir du positif dans ce qu'il a réalisé au cours de la saison, en dépit de son manque de concrétisations aux côtés de son coéquipier, le champion du monde Jorge Martín.

"Ça a été une saison très dure, une des plus dures de ma vie. Pas en termes de résultats mais en termes de défis, et surtout par rapport au défi initial à affronter, et des incertitudes que j'ai eues", analysait-il lors de la dernière manche. "Et une saison qui a progressé et se termine de manière positive parce qu'on est tout le temps compétitifs, toujours quatrième, cinquième ou sixième, voire troisième à Misano. On est tout le temps parmi les six premiers. Une saison comme celle-ci est clairement positive."

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"Le moment le plus difficile a été le Qatar, la première course. Arriver au Qatar pour les EL1 sans avoir jamais roulé, sans être monté sur la moto depuis trois mois et en sortant d'une blessure lourde, faire un week-end de course là où les autres avaient déjà fait deux jours de tests, ça a été le moment le plus difficile et où, plus que de l'inconfort, j'ai eu peur."

"Dans le même temps, je dois dire que dans ces moments-là, l'équipe m'a énormément aidé, en particulier Gino [Borsoi], pour que je reste calme et confiant. Je dois dire que Ducati aussi m'a vraiment beaucoup aidé. Au final, il en est ressorti un bon week-end et j'ai terminé aux portes des points."

Franco Morbidelli était au plus bas lors du premier Grand Prix de la saison, puis il a peu à peu remonté la pente.

Franco Morbidelli était au plus bas lors du premier Grand Prix de la saison, puis il a peu à peu remonté la pente.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

S'adaptant progressivement à son équipe, qu'il rejoignait en provenance de Yamaha, ainsi qu'à un nouveau constructeur et une moto qu'il ne connaissait pas avant la première course, Morbidelli s'est hissé à la cinquième place du GP d'Allemagne, juste avant la pause estivale, puis il a décroché la médaille de bronze au sprint du GP de Saint-Marin au cœur d'un enchaînement de cinq week-ends qui a vu sa moyenne nettement s'améliorer.

Il admet voir comme "un point noir" le fait de ne pas avoir obtenu plus de récompenses, mais est néanmoins conscient que son parcours a plus compté que les résultats bruts, étant donné ce qui lui est arrivé. "Certes, je n'ai pas réussi à gagner cette année. J'ai obtenu un seul podium, en course sprint, donc il est certain qu'il y a des choses à améliorer et qu'il reste des choses à bien gérer. Aussi, j'ai toujours semblé avoir la vitesse mais il m'a toujours manqué quelque chose en course. J'ai donc probablement besoin de mieux travailler avec le team pour arranger les réglages et d'autres choses pour la course."

"Dans l'ensemble, cela a été une super année pour toute l'équipe et ça a été une super année pour moi aussi. Je suis revenu à la lutte pour les premières places, j'en suis très proche et j'ai hâte de franchir ce dernier pas qui va me permettre d'y arriver, de décrocher des victoires et des podiums de façon régulièrement, comme je l'aimerais. Mais dans l'ensemble, cela a été une super année pour l'équipe et pour moi aussi. On a opéré un beau comeback par rapport au début de l'année et aux deux dernières années, donc ça a été une saison positive."

À l'heure du bilan, c'est ce qu'il retient : "Toutes les améliorations faites à chaque séance, à chaque week-end. Chaque fois, on voyait qu'il y avait quelque chose de plus par rapport au week-end précédent et ça a été très beau à vivre, à voir. On n'a pas réussi à progresser jusqu'à atteindre le sommet de la catégorie, il manque encore le dernier pas, mais on a opéré une amélioration énorme."

Franco Morbidelli a fini la saison neuvième.

Franco Morbidelli a fini la saison neuvième.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Malgré tout, Morbidelli estime ne pas avoir pu rattraper l'intégralité de son retard : "On a rattrapé beaucoup de temps, mais pas complètement. Je n'ai pas atteint le niveau de Pecco [Bagnaia] et de Jorge, à part à Misano 1 où j'étais à leur niveau. J'étais soit proche d'eux ou un peu plus loin, donc proche de la troisième place ou, au pire, de la sixième place, mais je n'ai jamais été la référence cette année, mis à part à Misano 1 et dans quelques séances. Ce que j'ai l'intention de faire pour l'année prochaine, c’est d'élever cela et d'essayer d'être la référence."

Morbidelli n'a pas échappé à la critique des haters face à sa neuvième place au classement final de la saison, lui qui n'a jamais pu faire jeu égal avec les trois autres pilotes disposant de la GP24. Il a toutefois son propre avis sur ce que cette blessure lui a coûté : "J'ai perdu des points. Je pense que j'aurais pu me battre pour la cinquième place au championnat. Pas la P4 ou la P3, ni P2 ou P1, mais P5 oui."

Lorsqu'il lui est demandé s'il en ressent encore les effets, Morbidelli répond du bout des lèvres : "Une blessure à la tête, c'est quelque chose de délicat. Je ne me suis rien cassé, je n'ai aucune lésion permanente au cerveau, je n'ai rien donc je vais bien de ce point de vue-là." Une chose est certaine en tout cas : il ne se rendra pas à Portimão au mois de janvier lorsque les pilotes Ducati et ceux de la VR46 Riders Academy iront mettre des gaz en motos de route pour se remettre dans le bain... "Non, je vais aller en Indonésie !", sourit-il.

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