Les pilotes "arrivent à la limite" de la Ducati 2023

Fabio Di Giannantonio sent que la Ducati 2023 est de moins en moins capable de rivaliser avec le modèle 2024. Si Álex Márquez espère des évolutions, Marc Márquez prévient qu'il pourra au mieux se hisser au niveau de Pecco Bagnaia et Jorge Martín au Sachsenring.

Marc Marquez, Gresini Racing

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Le refrain est le même chaque année. Chez Ducati, une partie des pilotes disposent du modèle le plus récent et les autres de la machine précédente, en théorie moins performante mais ces derniers sont souvent performants dans les premières courses, comme l'ont montré les succès d'Enea Bastianini en 2022 et Marco Bezzecchi en 2023, et les bons résultats de Marc Márquez depuis le début de la saison.

En attendant que le nouveau modèle, pour lequel il faut trouver les bons réglages et les meilleures fenêtres d'exploitation, livre tout son potentiel, l'ancienne moto profite de sa base de réglages établie sur toute une variété de circuits, avant de payer de ne pas bénéficier des avancées techniques les plus récentes. Petit à petit, la Ducati GP23 régresse dans la hiérarchie, que certains pilotes commencent à ressentir.

"C'est sûr qu'en ce moment, la moto arrive à la limite", a confirmé Fabio Di Giannantonio, l'un des quatre qui disposent de cette moto, chez VR46 et Gresini. "On doit vraiment attaquer à la limite, on est sur le fil du rasoir. Il faut un peu jouer. On peut être plus rapide, comme la moto 2024, mais on est vraiment, vraiment, vraiment à la limite. Si on fait une petite erreur, on est plus lent. C'est la réalité."

"La moto est incroyable, c'est une très bonne moto, mais pour se battre face à la 2024, on arrive à la limite. Je pense aussi que c'est pour ça qu'on voit parfois des motos 2023 souffrir un peu. Cette année, on ne voit jamais une moto plus rapide que la 2024, on est toujours derrière."

En plus du développement de la moto, les éléments à la disposition de Di Giannantonio montrent les progrès effectués par Ducati sur son modèle le plus récent. L'Italien aimerait "un peu plus de turning" sur la GP23, qui, dans une moindre mesure que pour son coéquipier Marco Bezzecchi, ne lui convient pas parfaitement : "Quand on voit les données, on voit que la moto 2024 est légèrement meilleure en entrée et dans la première phase du virage. La moto se positionne mieux pour la sortie et ils prennent un virage plus serré, disons. Pour eux, c'est un peu plus facile d'être aussi rapides."

Fabio Di Giannantonio, VR46 Racing Team

Fabio Di Giannantonio

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

"On peut le faire en course parce que l'écart est un peu plus faible, mais pour le faire, il faut être vraiment, vraiment, vraiment à la limite, il faut être sur le fil du rasoir, donc. Il faut vraiment solliciter l'avant, il faut vraiment piloter à la perfection. Si tu fais une petite erreur, tu es par terre, donc pour nous c'est un peu plus dur. Si tu veux rouler en étant un peu plus prudent, ça commence à se compliquer pour nous."

"Disons que la moto a un caractère différent par rapport à celle de 2022", a-t-il résumé. "Elle n'est que légèrement différente mais son caractère est différent. La moto tourne un peu moins bien et avec le nouveau composé c'est encore pire. Il faut gérer ce grip arrière. Je suis un pilote qui aime emmener beaucoup de vitesse dans les virages donc pour moi, même si c'est un souci, ça n'est pas un gros problème."

"Mais il est clair que l'année dernière, l'ensemble aidait plus le pilote avec l'ancienne moto pour qu'on soit rapides. Je pense que cette moto a un gros potentiel mais avec ce mélange de choses, c'est un petit peu plus compliqué."

Des nouveautés espérées ?

Fabio Di Giannantonio a été au niveau de Marc Márquez à Assen, chose rare depuis le début de l'année, l'Espagnol étant souvent nettement le pilote le plus rapide avec la Ducati version 2023. Pour Álex Márquez, il faut chercher à atteindre le niveau de son aîné avant de véritablement évoquer un manque de performance de la machine à leur disposition.

"Si je dois parler des limites de la [moto] 2023, on en est loin parce que Marc nous a mis dix secondes au Mugello !" s'est amusé celui qui vient de prolonger chez Gresini. "Je ne suis pas arrivé à la limite de la 2023. Pour mon pilotage, comme je le dis depuis le début de l'année, j'ai un peu plus de mal avec cette moto et la 2022 [qu'il utilisait en 2023, ndlr] convenait un peu plus à mon pilotage, mais on n'est pas à la limite. Comme je l'ai dit, en ce moment Marc est aux limites de cette moto, surtout en rythme de course, où j'ai plus de mal."

Alex Marquez, Gresini Racing

Álex Márquez

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

En revanche, la moto 2023 peut être améliorée puisque VR46 et Gresini ne disposent pas du modèle le plus évolué dont on pu bénéficier Pecco Bagnaia et Jorge Martín la saison passée. "L'an dernier, c'était différent pour moi parce que j'ai eu la moto qui avait fini à Valence en 2022", a expliqué Álex Márquez. "Cette année, on a la moto avec laquelle ils ont commencé en 2023, donc c'est différent. J'espère qu'avant la fin, on pourra recevoir de petites choses et qu'on pourra avoir la moto avec laquelle ils ont fini 2023." 

"Ils ont ajouté des choses l'an dernier, dans l'aérodynamique, etc", a-t-il ajouté. "J'espère qu'on pourra le faire mais si quelqu'un a ça sur la 2023, tout le monde doit l'avoir. Les quatre pilotes seront traités à égalité par Ducati et c'est une bonne chose."

Le GP d'Allemagne pourrait être un bon baromètre des performances dont est encore capable cette Ducati 2023 puisqu'il s'agit de l'une des pistes fétiches de Marc Márquez, où il a décroché 11 victoires, dont huit avec Honda en MotoGP. Pour l'octuple Champion du monde, un nouveau succès cette année n'est absolument pas acquis : à ses yeux, rivaliser avec Bagnaia et Martín sera le mieux qu'il pourra espérer.

"Si on est rapides au Sachsenring, on sera au même niveau que Bagnaia et Martín. On ne sera pas plus rapides qu'eux. Si on est rapides, on sera à leur niveau. Si on a un peu de mal, pour une raison ou une autre, ils seront plus rapides. Ils sont plus rapides. Depuis Montmeló, ils sont un peu plus rapides que tout le monde, ils n'ont pas le même rythme. Comme à Montmeló, [à Assen], le troisième a fini six secondes derrière eux. J'ai vu le rythme et ils roulaient super vite."

Avec Léna Buffa

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