Les pilotes expliquent pourquoi ils ont couru le sprint malgré "le trou"
Les images impressionnantes du trou qui s'est formé dans le bitume du circuit de Goiânia et des travaux réalisés en urgence ont fait le tour du monde. Les pilotes relativisent l'affaire, grâce au fait que l'asphalte n'était abîmé qu'en dehors de la trajectoire.
Photo de : German Garcia
Quelques minutes seulement s'étaient écoulées depuis la fin des qualifications MotoGP du GP du Brésil, samedi à 11h30 heure locale, lorsqu'une rumeur a commencé à se répandre comme une traînée de poudre à Goiânia : il y avait un énorme trou en plein milieu de la ligne droite du circuit.
Très vite, des spéculations ont commencé à courir quant à la possibilité que soient suspendues les qualifications des autres catégories, prévues 1h15 après celles de la catégorie reine, ainsi que la course sprint MotoGP devant s'élancer à 15h heure locale. Finalement, le sprint a pris 1h20 de retard et les petites catégories ont bel et bien subi un report.
Après cet épisode rocambolesque, largement relayé sur les réseaux sociaux où de nombreuses images improbables des travaux réalisés au pied levé ont circulé, l'épreuve MotoGP s'est tenue comme si de rien n'était, permettant à Marc Márquez d'aller chercher son premier succès de l'année. Le sujet était néanmoins sur toutes les lèvres lorsque les pilotes ont rencontré les médias en fin de journée.
"Je trouve qu'ils l'ont très bien sauvé [la situation] parce qu'il était hors trajectoire. C'est uniquement pour cette raison qu'on a pu courir ; si ça avait été au milieu de la trajectoire [ça aurait été différent]", a estimé le vainqueur du sprint. Un constat auquel a fait écho Joan Mir : "Si ça s'était produit sur la trajectoire, on aurait pu oublier la course."
"Je ne suis pas passé dessus, c'était assez loin", a expliqué quant à lui Fabio Quartararo. "Le plus important, c'est que ça ne se produise pas sur la trajectoire, surtout pour le Moto3 parce qu'ils vont partout. Pour nous, l'endroit où l'on passe est plus clair. J'espère que la piste va tenir partout."
Les réparations sur le bitume de Goiânia
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Une situation "exceptionnelle"
Marc Márquez s'est par ailleurs montré très compréhensif quant à l'incident. "Ce sont des choses qui arrivent sur les nouveaux circuits. Ils ont construit ce circuit en un an, dix mois, et ils ont fait du très bon travail", a-t-il tenu à souligner.
"C'est vrai qu'à un moment donné, je me suis un peu énervé par rapport aux décisions prises", a ajouté Márquez, "parce que pour un pilote, ça n'est pas facile de se préparer, de se détendre, de se repréparer, de se motiver, de se détendre, et de faire tout ça trois fois. On a nos rituels, nos façons de nous échauffer, et c'est l'un des aspects qu'il faudra améliorer à l'avenir. Mais il est vrai que la situation était exceptionnelle et que le championnat a sauvé cela de la meilleure des façons."
Cet agacement, Joan Mir l'a ressenti lui aussi, d'autant qu'il est affaibli par un gros rhume et dit se sentir "sans énergie". "Nous, les pilotes, on doit se préparer, et on n'aime pas quand on nous fait tourner en bourrique comme ça. 'Prépare-toi ! Non, attends, pas maintenant… Maintenant oui, prépare-toi tout de suite. Ah et puis non…'", a commenté le pilote Honda.
Les réparations sur le bitume de Goiânia
Photo de : German Garcia
Jorge Martín, qui fêtait samedi son premier top 3 au bout de pratiquement un an et demi d'attente, était si heureux à l'issue du sprint qu'il n'a pas fait grand cas de cet incident. "Ils l'ont réparé. Je ne l'ai même pas vu. Je crois qu'il était hors trajectoire. On peut rouler avec un trou s'il n'est pas sur la trajectoire. Nous, les pilotes MotoGP, on peut gérer ça", a-t-il déclaré.
"Tout peut arriver. Il y a des vibrations dans la ligne droite et beaucoup de bosses. Le problème du trou était plutôt d'ordre mental, le fait de se préparer et d'être prêt le moment venu. Heureusement, c'est une chose pour laquelle je m'entraîne", a ajouté Martín. "Ça n'est pas facile de rester concentré pendant plus d'une heure et demie. J'ai simplement suivi ma routine, la même qu'avant", a-t-il ajouté.
Pecco Bagnaia a quant à lui dit tout haut ce que beaucoup pensent au fond d'eux, alors que cet épisode a fait suite à une semaine déjà mouvementée à Goiânia, entre inondation de la piste et menus travaux de dernière minute.
"On est venus au Brésil un peu trop tôt et les choses n'étaient pas bien organisées à 100%", a ainsi fait remarquer le pilote Ducati, sans oublier néanmoins de souligner le travail des organisateurs : "Tous les efforts qu'ils déploient nous permettent de courir, et la piste est très belle."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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