Interview

Pilotes, team manager, développement : le point avec Suzuki

Progrès techniques, contrats des pilotes, recrutement d'un team manager et projet d'équipe satellite : Shinichi Sahara, responsable du programme MotoGP de Suzuki, répond à toutes les questions d'actualité qui concernent son équipe à un mois du début du championnat.

Les motos de Joan Mir, Team Suzuki MotoGP, Alex Rins, Team Suzuki MotoGP

O.P., Sepang - Les retrouvailles du paddock MotoGP, à Sepang, s'accompagnent de nombreux sujets de discussion brûlants au sortir de la pause hivernale. Suzuki se trouve au cœur de plusieurs d'entre eux, à commencer par les perspectives d'avenir de ses pilotes et notamment du Champion du monde 2020, Joan Mir. Alors que celui-ci ne dément pas des contacts avec la concurrence, ce sont les performances de la GSX-RR, jugées trop stagnantes la saison dernière, qui concentrent l'attention, potentiellement déterminantes pour décider le pilote espagnol à prolonger son engagement.

Mais un autre sujet croise le thème purement technique lorsque l'on évoque les négociations à mener avec les pilotes, en l'occurrence l'absence de team manager, qui se prolonge depuis le départ de Davide Brivio à la fin de la saison 2020. Dans l'attente d'une solution sur ce point, Shinichi Sahara reste à la fois chef du projet MotoGP de Suzuki et directeur de l'équipe. Il a accepté de répondre aux questions de Motorsport.com afin de dresser un bilan de la situation à un mois du début du championnat.

Quels sont les aspects de la moto sur lesquels Suzuki s'est concentré cet hiver ?

Nous essayons toujours de faire en sorte que les performances de la moto soient globalement les meilleures. Il est clair que nous cherchons à obtenir plus de puissance de la part du moteur, mais cela affecte l'équilibre de la moto, donc nous devons également modifier le châssis pour obtenir cet équilibre.

Dans quelle mesure le moteur proposé ici, et qui a été testé l'année dernière, est-il plus puissant que le précédent ?

Ce moteur a plus de hauts régimes, plus de chevaux, et nous avons fait en sorte qu'il continue à pousser sur l'ensemble de la courbe de puissance. Les ingénieurs ont fait du très bon travail.

Les pilotes s'accordent à dire que le travail fourni l'an dernier n'a pas été suffisant pour que Suzuki se batte pour le titre. Comment allez-vous remédier à cela ?

Les pilotes ne sont jamais satisfaits des performances de leurs motos, et pas que chez Suzuki. Mais c'est le cas aussi des ingénieurs, pour qui ça n'est jamais suffisant. Lorsqu'ils atteignent un objectif, ils s'en fixent un nouveau. Pour répondre à votre question, lors des essais de novembre, à Jerez, nous avons perçu des signaux très positifs. Et malgré cela, nous avons apporté ici quelques pièces supplémentaires pour continuer à nous améliorer.

Les contrats des deux pilotes arrivent à échéance à la fin de l'année. Quels sont les plans de Suzuki sur ce point ?

Suzuki veut garder à la fois Joan et Álex, et nous le leur avons dit à tous les deux. Mais, à ce stade de l'année, le plus important pour nous est de leur fournir la moto la plus compétitive possible. Nous espérons ainsi pouvoir à nouveau prétendre au titre. Pour le moment, je ne me concentre pas sur les négociations avec eux, mais sur les performances de la moto.

Serez-vous vous-même en charge de mener les négociations avec eux le moment venu ?

Je ne peux pas le dire avec certitude. Je pourrai peut-être vous répondre bientôt.

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP, Alex Rins, Team Suzuki MotoGP

Joan Mir et Álex Rins

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À la fin de l'année dernière, vous avez reconnu que le cumul des fonctions de responsable technique et de team manager était trop lourd pour vous tout seul. Vous aviez également déclaré que vous alliez recruter un nouveau team manager avant la fin de l'année. Le fait que les tests de février aient débuté sans que cette opération ait été finalisée signifie-t-il que vous avez changé d'avis ?

Non, je n'ai pas changé d'avis. Simplement, cela prend plus de temps que ce que j'avais imaginé ou que ce que j'aurais souhaité. Nous sommes toujours en négociation avec plusieurs candidats, mais nous n'avons pas encore conclu d'accord. Et je ne peux pas en dire beaucoup plus pour ne pas compromettre les personnes concernées. Mais oui, l'idée est toujours de faire venir un team manager.

Álex Rins souligne l'importance de recruter quelqu'un pour ce rôle et rappelle les bonnes relations qu'il a toujours entretenues avec Davide Brivio. Celui-ci est actuellement chez Alpine en Formule 1, au poste de directeur de course, mais l'écurie subit une importante restructuration depuis un mois et demi. La possibilité d'un retour de Brivio existe-t-elle ?

J'ai entendu parler des changements chez Alpine, mais je ne connais pas les détails. Je ne dirai rien sur les possibles noms. En fait, n'importe qui pourrait être notre nouveau team manager ! [rires]

Nous avons deux pilotes dont les données sont très précieuses. Si nous devions perdre l'un d'eux, les choses deviendraient très compliquées.

Shinichi Sahara

Ces dernières années, on a beaucoup parlé de l'éventualité pour Suzuki d'avoir une équipe satellite, ce qui ne s'est jamais concrétisé. Ce projet est-il totalement écarté ?

Je l'ai moi-même appuyé, et nous avons eu quelques opportunités. Mais tantôt la situation au Japon, tantôt la politique de l'entreprise, au final différentes raisons nous ont empêchés de parvenir à un accord avec qui que ce soit. J'ai toujours l'espoir de pouvoir le faire. Cela dépendra des options possibles.

Il y aura huit pilotes Ducati sur la grille cette année : ne croyez-vous pas qu'il serait utile d'avoir au moins quatre pilotes Suzuki ?

Je suis assez satisfait de notre structure actuelle, car nous avons deux pilotes dont les données sont très précieuses. Si nous devions perdre l'un d'eux, les choses deviendraient très compliquées. Mais à l'heure actuelle, nous sommes en mesure de très bien comparer et croiser leurs données à tous les deux. Avoir une équipe satellite peut être très utile, mais cela dépend aussi de la philosophie de cette équipe. Si l'objectif est de former de jeunes pilotes, leurs données peuvent ne pas être très utiles en termes de développement, car leur expérience est limitée. Avoir une équipe satellite n'est pas si important pour l'évolution de la moto.

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