Mal préparé, trop stressé : la difficile wild-card de Pol Espargaró

Arrivé au Mugello à court de rythme et sur un circuit très difficile à appréhender, Pol Espargaró souhaite que l'approche de ses wild-cards avec KTM soit revue. Le stress et la fatigue physique ont pris le pas sur le plaisir lors de son week-end en Italie.

Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing

Photo de: KTM

Après Dani Pedrosa à Jerez, c'était au tour de Pol Espargaró de rouler pour KTM en wild-card au GP d'Italie. Le Catalan, devenu pilote d'essais de la marque, était réaliste sur ses chances avant même l'entame du week-end, face à un plateau qui a conservé un rythme qu'il a naturellement perdu, sept mois après sa retraite de titulaire. Les craintes d'Espargaró se sont confirmées puisqu'il n'a pas marqué le moindre point, avec la 14e place en course sprint et la 17e le lendemain.

En 2023, Pedrosa avait pourtant pris une spectaculaire quatrième place à Misano, mais le contexte était différent. Il avait pu faire des essais au préalable sur cette piste et arrivait bien préparé, ce qui n'était véritablement pas le cas d'Espargaró, monté sur la KTM alors qu'il n'avait plus roulé depuis le test collectif de Jerez, un mois plus tôt, et surtout sur un tracé très différent puisque le Mugello est l'un des plus rapides du championnat, ce qui pose des difficultés supplémentaires.

Tout au long du week-end, il a pu mesurer son manque de rythme. "C'était difficile, je peux vous le dire", a déclaré Espargaró. "L'an prochain, s'ils me demandent de faire une course sur ce genre de circuit, le Mugello en particulier, je demanderai à faire au moins un test, même si on ne peut pas rouler au Mugello, pour reprendre un peu le rythme, parce que ces gars sont très, très rapides, et ce circuit est très, très difficile."

"J'espère faire au moins une wild-card supplémentaire cette année, mais sur un circuit où on pourra se préparer un peu plus, pour être performants, montrer un bon potentiel et profiter d'une bonne course. [Au Mugello], on a juste récolté des informations."

Fabio Quartararo, pilote très entraîné, a souffert du bras pendant cette course et Pol Espargaró a rapidement été confronté à des limites en raison de ce manque de préparation : "C'était très difficile. C'était très physique. [En course sprint], c'était physique en raison de la tension, mais [en course principale], j'ai eu un peu d'arm-pump. Ce n'est pas à cause du pilotage, j'ai discuté avec Brad [Binder] et il m'a dit que c'était l'un des pires [circuits] du calendrier pour l'arm-pump ou la fatigue physique. [Mais] j'y suis arrivé."

"L'an dernier, je ne pouvais pas faire une bonne distance de course à un bon rythme, j'allais vraiment mal [à cause de sa blessure du début de saison, ndlr]. Maintenant, j'ai pu tenir un bon rythme et j'ai pu finir la course à un bon rythme. Je suis satisfait. Je suis fatigué, mais satisfait."

Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing

Pol Espargaró

Photo de: KTM Images

Lourdement blessé il y a un an, Pol Espargaró avait retrouvé le MotoGP en restant très limité physiquement. Il doit encore gagner en masse musculaire, même si les problèmes ont disparu : "Ils ne sont plus là. Je dois continuer à progresser. Je dois développer certains muscles pour rouler sur la moto mais récemment, je n'ai pas beaucoup roulé. Au cours du prochain mois, je vais commencer à rouler à nouveau pour préparer une nouvelle wild-card, et ça ira."

Le stress est si élevé qu'on apprécie plus quand c'est terminé qu'en le faisant ! Au milieu, on est tellement concentré qu'on n'a pas le temps de profiter.

Ce bref retour à la compétition n'a donc pas été simple pour Pol Espargaró, surtout présent pour accumuler les kilomètres sur une moto différente de celles des titulaires. Au cours du week-end, il a reconnu que la tension nerveuse prenait largement le pas sur le plaisir du pilotage, la distance prise avec la compétition lui ayant fait prendre conscience du danger.

"C'est stressant. Sur la grille [du sprint], j'étais assez stressé, et je l'étais vraiment au premier virage. Quand on est à l'extérieur et qu'on repasse à l'intérieur, on voit vraiment les moments effrayants, les dégâts et les dangers des situations. Je deviens vieux aussi, donc je les vois encore plus ! C'est dangereux au premier virage avec toutes les turbulences, la vitesse élevée alors que l'on a beaucoup de gens devant. Il suffit d'une petite vibration pour se relever et détruire trois mecs, donc..."

"J'ai pris du plaisir à mi-course [lors du sprint] en doublant les Honda – parce qu'on voit qu'ils souffrent sur la moto – et quand je les ai doublés, j'ai pu faire mes trajectoires, rouler à mon rythme", a-t-il ajouté. "Avec la fatigue du corps, j'ai fini par prendre une forme de plaisir. Mais le stress est si élevé qu'on apprécie plus quand c'est terminé qu'en le faisant ! Au milieu, on est tellement concentré qu'on n'a pas le temps de profiter. On souffre plus qu'on prend du plaisir, parce qu'on est fatigué."

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