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Prudence chez Tech3 face à l'enthousiasme des nouveaux pilotes

Maverick Viñales et Enea Bastianini ont multiplié les compliments à l'égard de la KTM avec laquelle ils vont courir cette saison, mais qu'ils ont pour le moment pilotée durant une seule journée. Leur team manager chez Tech3 attend le prochain test pour mieux cerner leur degré de satisfaction.

Enea Bastianini, Maverick Viñales, Red Bull KTM Tech3

Photo de : KTM

Nouveaux venus chez KTM, Maverick Viñales et Enea Bastianini n'ont pour le moment réalisé qu'une seule journée de test au guidon de la RC16, en novembre dernier à Barcelone. Une journée dont l'Espagnol en particulier était ressorti ravi, ne tarissant pas d'éloges sur sa nouvelle moto.

Lui qui a pu se heurter à certains comportements opposés à son style de pilotage sur ses machines précédentes, particulièrement l'Aprilia qu'il lui a fallu du temps pour bien cerner, il se félicite cette fois de nombreux éléments qui correspondent à ses goûts, lui laissant penser que la performance sera rapidement au rendez-vous.

"C'est toujours très difficile de comparer des motos tant qu'on n'est pas au top, mais ce que j'adore vraiment, c'est le feedback que j'obtiens de la moto, c'est celui que j'attendais", décrit le pilote espagnol. "Je ressens déjà le potentiel au freinage, ce qui est très important pour pouvoir attaquer. Et puis, elle a un moteur puissant et je crois que ça renforce beaucoup la manière dont je peux me battre en piste, or si on est bon dans les batailles en piste il est alors plus facile de se placer dans une bonne position, de réaliser une bonne performance."

"Je sais que je peux imprimer un très bon rythme, je sais que je peux être rapide sur un tour. L'année dernière aussi, j'avais beaucoup de vitesse sur un tour mais c'était dur de se battre. Avec cette moto, je m'attends à être beaucoup plus fort, surtout pour me battre en début de course, et ensuite il faudra que je frappe fort à chaque tour."

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Questionné sur les difficultés qu'il a pu identifier sur la KTM, Viñales offre une réponse succincte en comparaison de la longue liste de qualités qu'il perçoit : "Pour moi, pour le moment, ça a été d'enclencher les devices ! C'était très différent de ce que je connaissais […] mais le reste est vraiment bien. Il va bien sûr falloir que je travaille un peu sur l'électronique, car je suis un pilote qui en utilise le moins possible pour essayer de contrôler les pneus, c'est donc un petit peu différent par rapport à ce qu'ils faisaient sur la KTM, mais mis à part ça, tout a l'air très naturel. Ce que j'aime beaucoup, c'est la position sur la moto et c'est très important."

Bastianini "surpris" par certains aspects

Sa position de pilotage séduit aussi Enea Bastianini, associé à Viñales chez Tech3 et lui aussi au stade de la découverte de la KTM. L'Italien arrive avec comme bagage quatre années passées au guidon de la Ducati, qu'il a menée à la victoire tant au sein de teams satellites que dans l'équipe d'usine, et s'il se montre moins dithyrambique que son acolyte après une seule journée de test, il n'en est pas moins positif.

"La moto a du potentiel. Ça n'est pas facile de faire une comparaison avec la Ducati, les motos sont différentes et leurs points forts aussi", explique Bastianini. "Les réglages ont été bons dès le début et ma position sur la moto est aussi très similaire, mais pour le reste je ne sais pas dans quel domaine il va nous falloir travailler le plus car je n'ai fait que 50 tours. J'ai besoin de plus de temps pour mieux la comprendre."

Enea Bastianini

Enea Bastianini

Photo de: KTM Images

Bastianini juge en tout cas "la base très bonne" et témoigne d'une transition qui s'est faite en douceur. "Après quatre ans [sur la même moto], ça n'est pas facile de changer mais j'ai été à l'aise sur la moto dès le début. Je peux voir qu'elle fonctionne bien au freinage et j'en suis satisfait", détaille-t-il. "Quand je l'ai essayée, j'ai compris le potentiel que possède cette moto. C'est très impressionnant de voir à quel point on peut prendre la corde et aussi la rapidité de la boîte de vitesses. Ça m'a impressionné !"

"La moto a beaucoup de grip sur l'angle, et ça m'a surpris. Il faut qu'on voie ce qu'il en est en termes de traction, car la Ducati était bonne dans ce domaine. Mais je ne veux pas faire trop de comparaisons, cette moto est différente et il faut que cela reste une KTM. Ce qu'il faut, pour moi, c'est faire en sorte que les points forts de la moto soient encore plus forts. Et je dois aussi adapter un peu mon pilotage, car ça n'est pas facile de changer au bout de quatre ans, mais je suis ici pour essayer de le faire."

Quand un pilote change de moto, en gros il est toujours content de la performance.

Voilà des commentaires qui ont certainement fait plaisir dans le stand Tech3. Néanmoins, dans l'équipe française, on opte pour la prudence à ce stade. "Ce n'est que mon point de vue personnel, mais je fais toujours très attention à ce premier test", souligne le team manager Nicolas Goyon. "Je considère que quand un pilote change de moto, en gros il est toujours content. Quoi qu'il arrive, il est toujours content de la performance."

"Évidemment, il vaut mieux connaître un bon départ qu'un mauvais, et dans notre cas, je peux dire que les deux pilotes avaient un large sourire sur le visage. Que ce soit Enea ou Maverick, avec une moto au caractère différent [de ce qu'ils connaissaient], ils étaient très contents de leur performance."

"Mais je reste toujours calme et je me dis qu'il vaut mieux attendre Sepang, où nous aurons trois journées de test complètes. Je pense vraiment qu'à la fin [du test] de Sepang, ils auront une meilleure idée de la performance de la moto. Il ne faut pas trop se concentrer sur le test de Barcelone", conclut le team manager français, qui sera donc particulièrement attentif au retour de ses pilotes lors du prochain test, entre mercredi et vendredi en Malaisie.

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