Quartararo démuni à Jerez : "On fait les mêmes temps qu'il y a 6 ans"
Toujours englué en fond de peloton au terme de la première journée du GP d'Espagne, malgré la pause du championnat, Fabio Quartararo peine désormais à trouver les mots face à une situation qui ne cesse de se dégrader.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Si les supporters de Yamaha espéraient un sursaut du constructeur japonais après la pause forcée provoquée par le report du Grand Prix du Qatar, la déception a sans doute été au rendez-vous ce vendredi soir.
Au terme de cette première journée sur le circuit de Jerez, dans le cadre du Grand Prix d'Espagne, la situation reste sensiblement la même au sein de la marque aux diapasons. Tandis que Ducati a imposé sa loi face à Aprilia lors des EL1 puis des Essais, avec cinq GP26 et quatre RS-GP directement qualifiées pour la Q2 de samedi, Yamaha a de nouveau sombré au fond du classement.
Les quatre machines du constructeur japonais occupaient les 18e, 19e, 20e et 21e positions, avec Fabio Quartararo comme meilleur représentant, relégué à 1'04 de la référence signée par Álex Márquez.
Ce sont un peu les temps que je faisais ici il y a six ans.
Si la frustration domine sans doute chez les fans, du côté des pilotes - et en particulier du Français - les mots manquent désormais pour décrire la situation.
"Aucune émotion", a simplement lâché Quartararo. "Je ne m'attendais pas à grand-chose. Je pensais peut-être à des chronos un peu plus proches, parce qu'on sait qu'une seconde à Jerez, c'est énorme. Ce sont un peu les temps que je faisais ici il y a six ans."
Fabio Quartararo (Yamaha Factory Racing)
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"On sait que sans regarder les chronos de l'année dernière, si on regarde mon chrono d'il y a six ans [1'36"643 en EL3 en 2020], j'ai fait le même temps qu'aujourd'hui [1'36"752 en Essais en 2020]. C'est inacceptable, je pense. Mais faire les mêmes chronos qu'il y a six ans..."
"Ça fait bizarre, mentalement, de voir qu'on ne s'est pas amélioré. En plus, on sait que les pneus sont améliorés. Il y a six ans, on n'avait pas les devices qui nous font gagner pas mal de temps [aujourd'hui]."
Depuis l'arrivée de la nouvelle M1 et de son moteur revu, Fabio Quartararo n'a cessé de pointer la perte d'agilité du train avant, autrefois point fort de la Yamaha… et du Niçois lui-même. Mais aujourd'hui, le constat est encore plus préoccupant : le Français affirme ne plus rien ressentir au guidon, au sens propre comme figuré.
"Ce n'est même pas que je n'ai pas de feeling, c'est qu'on dirait que c'est la première fois que je monte sur une moto. Je ne m'amuse pas, je ne sens rien. Je pousse, mais je ne sais pas ce qui va se passer."
"Sur un tour, ça passe. Après, en course, je sais que je n'arrive pas à tenir le rythme. On utilise beaucoup les pneus parce que la moto ne tourne pas et on la fait glisser énormément de l'arrière. Donc, je n'ai pas de bon feeling."
Fabio Quartararo (Yamaha Factory Racing)
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Si l'on peut penser que la vitesse de pointe constitue le principal handicap sur un tracé comme Jerez, Quartararo dresse un bilan plus alarmant : "Bien sûr, il nous manque de la vitesse de pointe. Mais pour moi, sur ce type de circuit, c'est le dernier de nos problèmes."
"Je ne demande pas spécialement qu'on travaille sur la puissance. Bien sûr, j'en veux, mais il nous faut surtout une moto qui tourne, qui freine, qui donne du ressenti à l'avant, qui a du grip. C'est ce que je demande depuis septembre. Mais on ne trouve rien."
Yamaha a testé un nouveau châssis en EL1
Fabio Quartararo a révélé que Yamaha avait pris de l'avance sur son programme des tests de lundi en essayant directement lors des essais libres de vendredi un nouveau châssis, argumentant que l'équipe n'avait "rien à perdre" à le tester lors d'un week-end de GP.
"La semaine dernière, on avait déjà une idée de ce qu'on avait pour les essais", a-t-il expliqué. "Et j'ai dit : pourquoi ne pas essayer le châssis dès le vendredi matin ? Au final, on sait que le feeling est vraiment mauvais. Qu'est-ce qu'on perd à l'essayer dès les EL1 ? Donc on l'a testé aussi ce matin."
Interrogé sur les commentaires et notamment la différence entre les retours des deux pilotes, le Français a répondu : "Ils étaient un peu différents. En tout cas, moi, je n'ai vraiment pas du tout aimé. Jack, c'était plus ou moins. Mais on a décidé de remettre les deux motos comme à Austin."
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