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Quartararo dans l'impasse et partisan d'un "gros changement" sur la Yamaha

Face aux machines puissantes et à l'aéro ultra-développée qui dominent le MotoGP actuellement, Fabio Quartararo perçoit un retard devenu colossal chez Yamaha et le besoin de gros changements pour tenter de le combler.

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Plus le temps passe et plus Fabio Quartararo exprime librement sa frustration face aux performances qu'il parvient à réaliser au guidon de la Yamaha. Samedi, la course sprint d'Austin l'a une nouvelle fois confronté à ces mêmes difficultés, celles liées à son incapacité à se battre contre les autres machines et à se montrer rapide lorsqu'il est derrière un autre pilote ou en confrontation directe. Cette fois, alors qu'il occupait la sixième place et qu'il s'efforçait de ne pas perdre le contact, il est même parti à la faute et en a été quitte pour une arrivée hors des points.

Mais plus que l'erreur qui l'a mené à la chute, ce qui pèse dans le bilan du Champion du monde 2021, c'est le caractère de sa M1 et donc les limites colossales qu'il perçoit dans la progression pourtant nécessaire.

"Seul, on peut être rapide, mais avec les autres, on a énormément de mal", a résumé le Français. "C'est vraiment frustrant parce que quand je suis seul, je sens que c'est plus facile et que je suis plus rapide, alors que normalement, c'est plus facile quand on roule avec les autres. En qualifs, c'est plus facile quand on est derrière quelqu'un, mais nous, on roule d'une manière totalement différente, ce qui ne nous aide pas."

Quartararo a beau rester le leader incontesté du clan Yamaha, ses performances se sont affadies au fil des mois et des saisons, tandis que les Ducati et Aprilia ont pris le pouvoir. Les chiffres du Français traduisent clairement l'affaiblissement de Yamaha. Cela vaut en qualifications, car alors qu'il a signé 15 pole positions lors de ses trois premières saisons, il n'en a plus eu qu'une seule depuis près de deux ans. Quant aux courses, il est monté sur le podium dix fois en 18 occasions l'année de son titre, puis y est parvenu huit fois en 20 courses l'année dernière mais avec un net ralentissement dans la dernière partie du championnat : depuis septembre dernier, il n'a obtenu qu'un trophée, celui d'une troisième place en Malaisie. Et ce n'est pas ce début de saison qui va pouvoir rassurer puisqu'il n'est pas encore apparu plus haut que le septième rang, que ce soit en qualifications ou en course.

Alors, un changement est-il devenu nécessaire sur la M1 ? Oui, et il doit être profond, assure le Niçois, qui dit ne pas avoir vu grand-chose bouger depuis qu'il court pour Yamaha. "Bien sûr qu'elle doit changer. Je ne sais pas comment, mais même si je me sens mieux aujourd'hui quand je me bats, je n'ai pas ressenti une grande amélioration sur la moto en quatre ans. Je commence maintenant à avoir pas mal d'expérience sur la moto, mais je ne vois pas d'énormes améliorations."

"Des années de retard" en aéro

Interrogé sur le test qui se profile, prévu dans deux semaines au lendemain du Grand Prix d'Espagne, Fabio Quartararo a mis les choses au clair : "Ce que l'on doit changer est bien plus important qu'un échappement ou une petite chose sur la moto. Pour moi, il doit s'agir d'un gros changement. Ça peut être difficile de faire un gros changement, mais si on peut garantir une amélioration, je pense qu'il faut le faire. Pour l'instant… Aujourd'hui, même notre vitesse de pointe n'était pas [aussi bonne] que lors des premières courses. Il nous faut comprendre pourquoi et si on peut trouver une solution."

Lorsque le Français évoque son souhait d'un gros changement, la question de l'architecture du moteur revient immédiatement sur la table. Car Yamaha est désormais la seule marque en MotoGP à utiliser un quatre cylindres en ligne, alors que les quatre autres marques peuvent compter sur des V4. Outre la puissance qu'ils offrent, c'est tout le comportement des motos qui en est impacté et cela fait écho aux explications de Fabio Quartararo sur son incapacité à se battre face à des machines qui ne réagissent pas comme la sienne.

"C'est une chose que je ne peux pas dire", a-t-il tempéré lorsqu'il a été interrogé sur son éventuel souhait de disposer d'un V4, "parce que je n'ai jamais piloté de V4. J'ai toujours piloté la Yamaha et je ne veux pas demander quelque chose que je n'ai jamais essayé. Mais au final, c'est ce que les autres utilisent. Je pense que [passer à un V4] n'est pas prévu l'année prochaine. Je ne sais pas encore, mais [dans ce cas] nous allons repartir de loin."

Faudrait-il alors se pencher sur l'aérodynamique pour que la Yamaha ressemble aux Ducati et Aprilia, dotées de tant d'appendices et dont les carénages se parent de solutions radicales ? "Oui, mais le problème, c'est que pour utiliser cette quantité d'aéro, il faut un moteur [qui le supporte]", a fait remarquer le pilote. "Il est un peu mieux [cette année], mais on ne peut pas utiliser ça... Ces motos ne ressemblent même pas à des motos, on dirait des fusées ! Elles ont des ailerons en haut, en bas, au milieu, à l'arrière… Si vous voulez utiliser cela, il vous faut beaucoup de puissance et il faut l'utiliser d'une manière qui apporte de l'appui à l'accélération, mais qui aide aussi à tourner." Et Fabio Quartararo de conclure : "Je pense qu'on a des années de retard dans ce domaine."

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