Zarco et le revers de Silverstone : "Pas la capacité de réagir"

Déterminé à "essayer de prendre le positif", Johann Zarco quitte Silverstone en faisant contre mauvaise fortune bon cœur et se satisfaisant du fait d'être repassé troisième au championnat, même si l'écart avec le leader Fabio Quartararo s'est inexorablement creusé.

Zarco et le revers de Silverstone : "Pas la capacité de réagir"

Après avoir dû essuyer la relative déception d'une place hors du top 10 à l'arrivée du Grand Prix de Grande-Bretagne – position dans laquelle il n'a pas été habitué à se trouver cette année, puisqu'il s'agit avec ses résultats vierges du Portugal et de l'Autriche de sa moins bonne classification 2021 – Johann Zarco est déjà tourné vers la manche d'Aragón, qui se tiendra du 10 au 12 septembre.

Un tracé sur lequel la Ducati n'est pas forcément attendue comme la meilleure arme et où le Français prévient que Honda et Suzuki se montreront sans doute à l'aise, mais où il sera néanmoins possible de rebondir après avoir connu un week-end anglais compliqué dès la journée de vendredi. Loin d'être fataliste sur ce qu'il aurait pu prendre comme un gros télescopage de ses ambitions de titre mondial plus tôt dans la saison, Zarco se raisonne et se console avec le fait qu'il revient tout de même de Silverstone dans une meilleure position dans la hiérarchie du championnat qu'en y arrivant, après avoir repris le dessus mathématiquement sur Francesco Bagnaia.

Débriefing final de la course de Silverstone avant de se tourner vers la suite...

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On a vu six motos différentes dans le top 6 et toutes les motos sont très proches ; de quoi as-tu besoin de la part de Ducati pour faire un autre pas en avant par rapport à tes opposants ?

Je ne peux pas le dire parce que ça voudrait dire qu'on aurait pu résoudre le problème plus vite ce week-end, mais il est vrai que j'ai été très impressionné par les progrès de l'Aprilia et Aleix a fait un bon week-end depuis les Essais Libres 1 jusqu'à dimanche après-midi. Et j'ai été surpris par le fait que la KTM soit si forte ce week-end en course du début à la fin : au final, ils sont P6, P7 et P10 et c'est positif pour eux.

Maintenant, pour les pilotes, il faut aussi beaucoup, beaucoup pousser du début à la fin beaucoup et l'objectif est de rendre les choses plus faciles à gérer pour se battre plus fort, car en ce qui me concerne, ce week-end, je me battais un petit peu avec la moto au début et ça m'a donné moins d'options pour me battre avec les autres.

Est-ce un week-end à oublier ou plutôt un enseignement sur lequel capitaliser pour avancer ?

C'est un week-end sur lequel on prend des leçons. Je pense que ce qu'il y a de bon à prendre, c'est sur que ce l'on n'a pas réparé, on a beaucoup plus de réponse après la course… Là, j'ai pu voir beaucoup plus de choses et ça peut aider à réagir plus vite sur les courses suivantes. Le début de l'année s'était très bien passé et quand on tient quelque chose de bon, ce n'est pas facile de continuer là-dessus mais finalement tout se passe bien ; un peu comme est en train de faire Fabio en ce moment. Et quand il se passe quelque chose d'un petit peu moins bien, c'est ensuite la capacité de pouvoir réagir [qui importe] et ce week-end, je n'ai pas pu le faire avec l'équipe, avec la moto. Pas que le pilote ou que la moto : c'est un ensemble de choses et donc non, ce n'est pas un week-end à oublier ! Et puis l'air de rien, il faut toujours essayer de prendre le positif et le fait de terminer la course fait que j'ai gagné une place au championnat, et ça, ce n'est pas négligeable.

Qu'est-ce qui était le plus compliqué pour toi ce week-end ? Pourquoi étais-tu plus à l'aise avec le pneu dur arrière sur ce circuit ?

Le pneu dur à l'arrière me donnait beaucoup plus de stabilité et de constance sur la gestion de la glisse. Avec les pneus un peu plus tendres, cette gestion de la glisse se dégradait beaucoup trop vite, et [en course], on était quand même trop justes en températures pour mettre le hard, et on a vu les informations en EL2 : quand il ne fait pas assez chaud, le pneu n'avait pas la température voulue et ne travaillait pas du tout. C'était donc trop dangereux d'aller tenter ça ; c'était la chute quasi-assurée. Il valait mieux partir avec le medium, comme la majorité des autres pilotes. Il y en a même qui ont tenté le soft, mais moi, le soft, ce n'était même pas pensable. Quand j'ai vu que tout le monde n'était pas chaud pour le hard et que moi, j'avais de bonnes sensations, ça me rendait très positif parce que c'est plutôt l'inverse que j'aime d'habitude : dans le passé, j'étais plutôt sur du plus tendre que les autres. Donc je me suis dit : "si là, je suis plus à l'aise avec un pneu plus dur, ça peut vraiment être une chance à partir de la mi-course". Mais malheureusement, je n'ai pas eu cette chance-là. Et j'ai vu que Valentino [Rossi] a eu le même souci parce que c'était l'un des seuls à vouloir aussi utiliser le dur et là je l'ai entendu dans ses interviews dire qu'on ne pouvait pas le mettre et que ça a aussi joué sur cette performance inespérée.

Prochain rendez-vous en Aragón, où c'était tout de même assez compliqué l'an dernier pour les Ducati. Tu avais terminé cinquième sur la deuxième course. Qu'espères-tu cette année là-bas ?

Eh bien, les sensations de l'an dernier avaient été intéressantes, donc j'espère pouvoir être bien, même si sur le papier, les Ducati ont plus de mal là-bas. Comme les styles sont quand même différents entre les pilotes Ducati, si ça peut tourner en ma faveur, j'en serai le premier content. Je pense que les Honda seront très fortes là-bas et que le beau podium de Rins va le motiver pour rejouer le podium ou la victoire ; il avait été très fort là-bas l'an dernier. Si la vitesse peut tout de suite être là en début de week-end à Aragón, je ferai en sorte de la maintenir pour être bon jusqu'à la course…

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