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Chauffe des pneus interdite : la grosse inquiétude des pilotes Ferrari

Les pilotes Ferrari se disent très préoccupés par l'interdiction de la chauffe des pneus aux 24 Heures du Mans, pointant du doigt les risques pour la sécurité.

#51 Ferrari AF Corse Ferrari 499P: Alessandro Pier Guidi, James Calado, Antonio Giovinazzi

La prochaine édition des 24 Heures du Mans sera particulière à plus d'un titre, avec un plateau Hypercar plus relevé que jamais, mais aussi en raison d'une nouvelle règle. Cette fois-ci, la chauffe des pneus dans les stands ne sera plus permise, comme c'est déjà le cas sur toutes les autres manches du WEC. Un temps évoquée, la possibilité de faire une exception dans la Sarthe, comme en 2023, n'a finalement pas été retenue. Il faudra donc s'adapter.

L'an passé, le législateur avait finalement autorisé cette préchauffe qui permettait de monter les gommes en température jusqu'au dernier moment avant qu'elles ne soient montées sur les autos. Une dérogation qui avait fait suite à des accidents survenus quelques semaines auparavant à Spa-Francorchamps avec les pneus froids. Elle n'a donc pas été maintenue pour l'épreuve qui aura lieu les 15 et 16 juin prochain, au grand désarroi de certains pilotes, dont ceux du clan Ferrari, qui jugent cette décision dangereuse.

"À mon avis, c'est un mauvais choix, dangereux et pas du tout utile, donc ce n'est pas positif", confie à Motorsport.com Alessandro Pier Guidi, tenant du titre sur la Ferrari n°51 aux côtés d'Antonio Giovinazzi et James Calado. "Je ne pense pas que ce soit un avantage, en dépit du fait que nous avons montré que nous sommes parmi ceux qui mettent le mieux les pneus en température, donc ça pourrait aussi jouer en notre faveur. On risque des accidents très graves et je ne crois pas que ça ajoute quoi que ce soit à la compétition."

Cette part de risque, c'est également ce qui inquiète Miguel Molina, engagé sur l'autre 499P, frappée du n°50, avec Antonio Fuoco et Nicklas Nielsen. "C'est quelque chose qui nous préoccupe !", confirme-t-il à son tour auprès de Motorsport.com. "Nous avons vu par le passé que ce n'était pas facile, et nous devrons être très prudents car il y a un risque de perdre la course d'un coup. Selon moi, on devrait revenir sur cette décision, parce que la sécurité n'est pas assurée à 100%."

Si l'interdiction de la chauffe des enveloppes inquiète à ce point avant la classique mancelle, alors qu'elle est en vigueur sur toutes les autres épreuves, c'est essentiellement par crainte des conditions nocturnes, avec des températures qui peuvent parfois être fraîches, notamment au petit matin.

"Ce sera l'une des plus grosses difficultés car l'an dernier, on partait avec des pneus chauds, alors qu'en 2024 nous n'avons pas encore été confrontés à des courses avec des températures basses qui auraient pu nous permettre d'expérimenter ces conditions", prévient Antonio Giovinazzi, lui aussi interrogé par Motorsport.com. "Affronter la nuit avec des pneus froids sera assez difficile, c'est une inconnue et une préoccupation que nous partageons tous, pilotes et équipes."

Propos recueillis par Beatrice Frangione et Francesco Corghi

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