Le boost de dépassement réduit sous la pluie dès Miami
À partir du Grand Prix de Miami ce week-end, la FIA introduit des changements réglementaires pour les situations de faible adhérence, notamment sous la pluie, qui pourrait s'inviter lors de la course de dimanche.
Le règlement F1 2026
Aérodynamique active, moteurs, carburant… Voici tout ce qu'il faut savoir sur le nouveau règlement introduit en Formule 1 pour la saison 2026.
La Formule 1 arrive à Miami avec un règlement ajusté, destiné à corriger les problèmes apparus lors des premières manches de la saison.
La FIA a insisté à plusieurs reprises sur le fait que ces changements constituent une évolution du règlement 2026, et non une révolution, et qu'ils ciblent ce qu'elle considère comme les priorités principales : les qualifications, les écarts de vitesse entre voitures, les départs, et, en quatrième point, le pilotage sous la pluie.
Bien qu'il n'y ait pas encore eu de véritables séances sous la pluie en 2026 - à l'exception d'une journée d'essais à Barcelone, avec seulement Ferrari et Red Bull en piste - les pilotes ont unanimement souligné que maîtriser cette nouvelle génération de voitures sur piste humide pourrait s'avérer extrêmement difficile en raison de certaines de leurs caractéristiques intrinsèques.
Tout d'abord, les nouvelles unités de puissance, avec un couple quasi instantané fourni par un moteur électrique de 350 kW, rendent beaucoup plus délicat le contrôle de l'arrière à la sortie des virages, où la poussée est bien plus importante qu'auparavant. Ces monoplaces ont donc naturellement tendance à survirer davantage.
Charles Leclerc lors d'essais sous la pluie à Barcelone.
Photo de: Formula 1
À cela s'ajoutent deux autres facteurs : des pneus désormais plus étroits pour réduire le poids et la traînée aérodynamique, offrant moins d'adhérence mécanique, ainsi qu'un appui aérodynamique en baisse. Cette combinaison rend l'arrière des voitures plus nerveux, en particulier sous la pluie.
Pour cette raison, la FIA a pris en compte les retours des pilotes et, en concertation avec les écuries, a décidé d'introduire des modifications communes aux unités de puissance en conditions humides, afin de moduler à la fois les courbes d'accélération et la puissance délivrée.
Les pilotes craignaient que le maintien des 350 kW, comme en conditions sèches, puisse engendrer des risques pour la sécurité - un domaine dans lequel la FIA intervient systématiquement via des règles spécifiques.
"Du point de vue de la sécurité, un domaine d'intervention concerne les performances des voitures sous la pluie", explique Nikolas Tombazis, responsable Monoplace de la FIA. "Nous n'avons pas encore connu de véritable situation humide, mais certains pilotes ont déjà exprimé des inquiétudes quant à d'éventuelles courses sous la pluie."
"Le fait de disposer d'autant de puissance pourrait poser problème, tout comme l'utilisation du boost complet sous la pluie."
Les conditions humides n'étaient toutefois pas la seule source de préoccupation pour la FIA car, même sur le sec au Japon, il est apparu clairement que l'utilisation du boost pouvait créer des problèmes de sécurité. Les écarts de vitesse importants entre deux voitures augmentent en effet le risque de contact.
C'est pourquoi, en conditions sèches, la FIA et les équipes ont décidé de réduire l'efficacité du boost : lorsque le moteur électrique délivre moins de 150 kW, le surplus ne peut désormais porter la puissance qu'à ce niveau ; en revanche, si la valeur dépasse déjà 150 kW, elle ne remontera plus à 350 kW comme auparavant.
Les conditions humides seront, elles, traitées différemment, les pilotes ayant exprimé des inquiétudes plus marquées et réclamé des mesures ciblées. Sous la pluie, les voitures continueront de projeter d'importantes quantités d'eau, réduisant la visibilité, tandis que certaines pièces aérodynamiques mobiles resteront partiellement actives : l'aileron avant pourra toujours être ajusté pour réduire la traînée et l'appui - ce qui limite le risque que le fond plat touche la piste et use le patin - tandis que l'aileron arrière restera fermé.
Max Verstappen lors d'essais sous la pluie à Barcelone.
Photo de: Formula 1
Bien que le mode Overtake reste actif en conditions de faible adhérence, dans les limites imposées par les nouvelles courbes de puissance sous la pluie, il ne sera plus possible d'utiliser le boost sur piste humide à partir de Miami.
Dans la dernière version du règlement publiée avant la manche américaine, la FIA a ajouté l'article B7.2.1 g dans la section relative aux limites de déploiement d'énergie : "En conditions de faible adhérence, l'utilisation du mode Boost, tel que défini dans le document FIA-F1-DOC-058, sera inhibée et n'est pas autorisée."
La décision d'interdire le boost - à l'image du DRS, auparavant déjà proscrit sous la pluie - vise à améliorer la sécurité en réduisant les écarts de vitesse entre les voitures, qui pourraient autrement générer des situations potentiellement critiques en conditions humides.
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