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Analyse

Ces 2% qui ont pu changer l'équilibre des pouvoirs chez Red Bull

L'acquisition par une société suisse de 2% du capital de Red Bull quelques semaines avant l'éviction de Christian Horner pose question : y a-t-il un lien entre les deux évènements ou est-ce une simple coïncidence ?

Daranee Yoovidhya, Geri Horner, Christian Horner, Team Principal, Red Bull Racing, Chalerm Yoovidhya avec Sergio Perez, Red Bull Racing, deuxième, dans le parc fermé

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

Autosport Business

Toutes les informations liées à l'économie et aux affaires dans les sports mécaniques.

Depuis l'annonce de la fin de règne de Christian Horner chez Red Bull Racing, des documents financiers ont fait surface. Une grande partie des médias les ont analysés comme la preuve irréfutable d'un changement dans l'équilibre des pouvoirs au sein de l'entreprise ces dernières semaines. La réalité est certainement moins simple.

Dans le détail, le registre du commerce autrichien a enregistré deux entrées les 28 et 31 mai. La première était une demande d'approbation d'une transaction et la seconde la confirmation de ladite transaction. Celle-ci consistait en un transfert par Chalerm Yoovidhya d'une part de 2% de Red Bull GmbH vers Fides Trustees SA, une société fiduciaire suisse enregistrée à Genève.

Chalerm Yoovidhya n'est autre que le fils de Chaleo Yoovidhya, le cofondateur, avec Dietrich Mateschitz, de Red Bull, et également la personne à l'origine de Krating Daeng, la boisson énergisante thaïlandaise sur laquelle le Red Bull est basé. Initialement, Chaleo Yoovidhya et Mateschitz détenaient chacun 49% de la société, les 2% restants appartenant à Chalerm. Au décès de son père en 2012, Chalerm s'est donc retrouvé avec 51% des parts.

Cependant, dans les faits, en dépit de la majorité pour le clan Yoovidhya, c'est bien Mateschitz qui avait la main pour agir comme bon lui semblait en tant que seul et unique directeur général. 

Tout a évidemment changé au moment de la mort de Mateschitz en octobre 2022. Si ses 49% ont été transmis à son fils Mark, ça n'a pas été le cas de sa gestion individuelle du groupe. Au lieu de ça, trois directeurs ont été nommés : Alexander Kirchmayr, Oliver Mintzlaff et Franz Watzlawick. Et surtout, cela voulait dire que désormais, Yoovidhya, en tant qu'actionnaire majoritaire, avait le dernier mot.

À qui profitent les 2% ?

Chalerm Yoovidhya avait publiquement soutenu Christian Horner au plus fort de la crise lors du GP de Bahreïn 2024.

Chalerm Yoovidhya avait publiquement soutenu Christian Horner au plus fort de la crise lors du GP de Bahreïn 2024.

Photo de: Jon Noble

La décision de transférer 2% de ses parts à une société fiduciaire tierce a parfois été vue ces derniers jours comme la raison principale derrière l'éviction de Horner, en application de la théorie selon laquelle en plus de renoncer à sa majorité, Yoovidhya aurait aussi abandonné le contrôle de l'entreprise. Toutefois, selon les informations récoltées par Motorsport-Total.com, publication sœur de Motorsport.com en Allemagne, il n'est pas possible de tirer une telle conclusion à ce stade.

Red Bull GmbH a déclaré, en réponse à une demande de renseignements, qu'elle "ne commentait pas publiquement les décisions internes de l'entreprise ou de famille" et a ajouté, concernant la transaction entre Yoovidhya et Fides : "De telles structures fiduciaires sont courantes dans les grandes entreprises prospères afin d'assurer une continuité pérenne."

Selon le registre du commerce, Fides a comme activité la création et la gestion de sociétés, de trusts et de structures similaires. La société se décrit comme "un bureau indépendant, multifiamilial et géré par son propriétaire, qui fournit des services fiduciaires, immobiliers et de conseil familial à des particuliers fortunés du monde entier".

Le président du conseil d'administration de Fides est un homme du nom de Martin Christopher Bowen. On ignore si Bowen avait des liens avec les familles Yoovidhya ou Mateschitz avant cette transaction. Ce qui semble clair, c'est que Fides est une entité familiale suisse classique qui gère le patrimoine de familles ultrariches.

On ignore à ce jour qui contrôle en dernier ressort les 2% désormais gérés par Fides. Red Bull GmbH n'a fait aucun commentaire. Cependant, la référence de la société à la "continuité" suggère que Fides pourrait agir pour le compte de Yoovidhya et que l'équilibre interne du pouvoir n'a peut-être pas changé du tout.

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Le salaire de la peur

Un coup d'œil au registre des sociétés du Royaume-Uni ajoute une couche supplémentaire d'intrigue. L'empire britannique de Red Bull, basé à Milton Keynes, se compose de six sociétés : l'écurie de F1 Red Bull Racing, Red Bull Technology pour le développement technique et la nouvelle société Red Bull Powertrains. Il existe également Red Bull Powertrains 2026 (dont la distinction par rapport à l'entité principale Powertrains reste floue), Red Bull Advanced Technologies et Red Bull Advanced Services. Il est à noter que Horner est répertorié comme directeur des six entités, puisqu'apparaissant en premier sur chaque document lié aux conseils d'administration.

La législation britannique impose la divulgation publique de la rémunération du dirigeant le mieux rémunéré de chaque entreprise. Bien que cela ne soit pas officiellement confirmé, le consensus dans le secteur est que Horner occupe cette position dans tous les cas.

En 2023, le dirigeant le mieux rémunéré a perçu 7 millions de livres sterling chez Red Bull Racing, 9,6 millions chez Red Bull Technology et 4 millions chez Red Bull Advanced Technologies. Pour les trois autres entreprises, les documents indiquent seulement que "la rémunération des dirigeants a été versée par d'autres sociétés du groupe et n'est pas significative pour cette compagnie".

En d'autres termes, en supposant que Horner était le dirigeant le mieux payé de chacune des six entités, il aurait perçu un salaire annuel équivalent à 20,6 millions de livres sterling (environ 23,8 millions d'euros au taux de change actuel) en 2023. Cela signifie que la résiliation de son contrat, qui serait valable jusqu'en 2030, pourrait coûter très cher à Red Bull.

Selon les mots du communiqué officiel de Red Bull GmbH du 9 juillet, Horner a été "libéré [...] de ses fonctions opérationnelles", tandis qu'il a indiqué dans son discours d'adieux devant le personnel de Milton Keynes : "Je resterai employé par l'entreprise, mais sur le plan opérationnel, le relais sera passé."

Des sources ont indiqué à Motorsport-Total.com qu'Horner ne devrait pas rester au sein de la compagnie à long terme. Toutefois, pour le moment, il va continuer de percevoir son salaire complet, jusqu'à ce qu'un accord pour mettre fin à tous les contrats ne soit trouvé ; probablement en incluant une indemnité d'un montant élevé.

L'équilibre des pouvoirs a-t-il changé chez Red Bull ?

L'équilibre des pouvoirs a-t-il changé chez Red Bull ?

Photo de: Drew Gibson / Motorsport Images

En fin de compte, le départ de Horner pourrait avoir moins à voir avec ces 2% transférés par Yoovidhya qu'avec l'érosion progressive du soutien dont il bénéficiait de la part du clan thaïlandais, qui l'avait largement soutenu il y a 18 mois, à une époque où les résultats étaient excellents.

Reste que s'avancer sur qui contrôle réellement ces 2% est aujourd'hui de la spéculation pure. Il est probable que la famille Yoovidhya demeure la force dominante. Toutefois, ce n'était un secret pour personne que l'aile autrichienne de l'entreprise souhaitait évincer Horner dès 2024, quand les allégations sur un potentiel comportement inapproprié ont fait surface. Mintzlaff et ses alliés ont fini par avoir gain de cause, avec un certain délai.

Enfin, il peut aussi être envisageable que Yoovidhya ait fini par se dire que l'arrangement pré-2022 était très bien, avec une gestion de l'entreprise depuis l'Autriche pendant que 51% des profits allaient vers sa famille ; une configuration qui, rétrospectivement, était sans doute plus confortable au vu des 18 derniers mois.

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