Comment Haas a réussi sa double entrée dans les points à Bahreïn
Ayao Komatsu, directeur de Haas, a expliqué avec émotion comment Esteban Ocon et Oliver Bearman ont réussi leur double entrée dans le top 10 au Grand Prix de Bahreïn.
Alors que le Grand Prix du Japon, une semaine auparavant, s'était joué au moment des qualifications, l'épreuve de Bahreïn nous a offert bien plus de spectacle, notamment au niveau des stratégies, la dégradation étant bien plus forte à Sakhir. Par conséquent, les équipes du milieu de grille ont eu une belle opportunité de ramener des points ce week-end-là.
Toutefois, les choses n'avaient pas bien commencé pour certaines. Haas avait mal entamé son rendez-vous bahreïni avec l'accident d'Esteban Ocon en Q2, qui a empêché le Français de se qualifier plus haut que la 14e place, et les difficultés d'Oliver Bearman qui l'ont fait échouer en dernière position sur la grille de départ.
Pourtant, c'est cinquième du classement des constructeurs que l'équipe américaine pose ses bagages à Djeddah, pour la prochaine manche de la saison. Haas a réalisé son deuxième meilleur week-end de 2025 après la Chine, en inscrivant cinq points à Bahreïn. Mais comment Bearman et Ocon sont-ils passés de dernier et 14e à 10e et huitième ?
Eh bien Haas a opté pour une stratégie agressive qui a payé. Après un bon départ qui lui a fait gagner deux positions, Ocon s'est arrêté très tôt dans la course - dès le huitième tour - pour chausser des pneus mediums ; ce qui lui a permis de faire l'undercut sur un bon nombre de pilotes comme Jack Doohan, Yuki Tsunoda et même Max Verstappen, et de remonter dans le top 10 dans le premier quart de l'épreuve. Le Français est même parvenu à maintenir le quadruple champion du monde derrière lui alors que ce dernier avait du mal avec ses gommes dures.
Néanmoins, le prix de cet arrêt précoce devait se payer à un moment ou un autre. Ocon est donc repassé au stand au 27e tour pour chausser un train de pneus durs, qu'il allait devoir faire tenir jusqu'à la fin de l'épreuve. C'est d'ailleurs à ce moment-là que la voiture de sécurité est entrée en piste, donnant une opportunité à ses rivaux de chausser des gommes neuves et de se placer juste derrière-lui. Mais le pilote a tenu jusqu'au bout, terminant dans le top 10 pour la deuxième fois de l'année.
"Avec Esteban, le problème était que nous étions sur le pneu dur", a déclaré le patron de l'équipe, Ayao Komatsu, à Motorsport.com. "Cela allait être difficile, mais nous ne pouvions pas rentrer au stand sous voiture de sécurité, c'était impossible. Nous avons donc dû nous débrouiller. Un pneu medium ou un pneu tendre aurait été mieux à ce moment-là, c'est sûr. Mais nous avions déjà pris la décision, alors ça ne servait à rien. Nous devions simplement faire de notre mieux."
Oliver Bearman, Haas F1 Team
Photo de: Mark Thompson - Getty Images
De l'autre côté du garage, Bearman a su profiter de son avantage pneumatique au départ pour sortir du premier virage en 15e position. Lors de l'intervention du Safety Car, le Britannique a opté pour un dernier relais agressif en pneus tendres, au cours duquel il s'est frayé un chemin entre Carlos Sainz et Jack Doohan pour finalement arracher le point de la dixième place.
Komatsu était particulièrement satisfait de la performance de Bearman, rookie le plus consistant après Kimi Antonelli, ayant inscrit des points pour la troisième fois consécutive après une entame de saison compliquée à Melbourne. "C'est le Ollie que nous connaissons", a déclaré le patron japonais. "C'est le Ollie que j'attendais. C'est un type formidable. Ce n'est pas seulement le talent, c'est aussi la conscience professionnelle et tout le reste. C'est un gars extraordinaire à côtoyer."
Les résultats positifs du Grand Prix de Bahreïn ont laissé place à un Komatsu ému, heureux de voir la façon dont son écurie a su redresser la barre après un début d'année difficile. "C'est le fruit d'un travail d'équipe", a-t-il ajouté. "En -dehors de la voiture de sécurité, que l'on ne peut pas contrôler, nous avons chaussé les bons pneus au bon moment et nous avons pris le meilleur sur les autres. Tout a été formidable. Et pour Ollie, partir de la 20e place pour marquer des points, c'est incroyable. Je suis sans voix. J'ai toujours cru que nous pouvions y arriver."
Le défi de l'Arabie saoudite
Cette semaine, la F1 rejoint l'Arabie saoudite pour la dernière manche de cette première triplette de la saison. Les monoplaces devront donc trouver leur chemin dans les rues étroites du circuit de Djeddah, un défi que Komatsu n'a pas peur de relever :
"Djeddah offre le défi unique d'un circuit urbain à grande vitesse avec peu de marge d'erreur de pilotage", a-t-il expliqué. "Nous utiliserons généralement des réglages pour une traînée faible comparé à ceux utilisés lors des circuits que nous avons visités jusqu'à présent cette année, et la façon dont nous stabiliserons la voiture et ferons fonctionner les pneus dans une configuration de traînée aussi faible sera donc déterminante."
"C'est aussi le premier circuit que nous visitons cette année où Ollie a une expérience en Formule 1. Il est difficile de prédire exactement comment la VF-25 se comportera à Djeddah, mais nous en avons tiré le maximum lors des dernières courses. Nous souhaitons poursuivre sur cette lancée et terminer le premier triplé de la saison - qui est très exigeant pour tout le monde, tant sur le circuit que dans nos usines - sur une bonne note."
Avec Filip Cleeren
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