Ferrari assume le choix des pneus durs avec Leclerc

Une stratégie peu optimale a privé Charles Leclerc de ses chances de victoire, et même de podium, au Grand Prix de Hongrie. Chez Ferrari, on assume.

Ferrari assume le choix des pneus durs avec Leclerc
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Au 37e tour du Grand Prix de Hongrie, Charles Leclerc était dans une position idéale. Troisième sur la grille de départ, le pilote Ferrari avait solidement prolongé son premier relais pour faire l'overcut à son coéquipier Carlos Sainz avant de prendre l'avantage sur le leader George Russell en piste. Ainsi, à ce stade de la course, Leclerc comptait cinq secondes d'avance sur l'Anglais, six sur l'Espagnol et sept sur le futur vainqueur Max Verstappen.

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Or, après deux relais en mediums, Ferrari a alors décidé d'équipier la monoplace #16 de pneus durs, mais son rythme ne s'est pas amélioré par rapport aux mediums usés : Leclerc tournait régulièrement en 1'23 avant mais aussi après son arrêt, et ses chronos n'ont pas tardé à atteindre 1'24, ce qui a incité Ferrari à réaliser un troisième arrêt au stand pour chausser des tendres. Le temps perdu dans la pitlane était trop conséquent pour remonter sur le podium, et Leclerc s'est même classé seulement sixième, derrière Sainz – qui, lui, a prolongé son second relais pour passer les tendres directement – et Sergio Pérez.

"On est déçus parce qu'on s'attendait à un meilleur résultat aujourd'hui, on espérait même une victoire", confie Mattia Binotto, directeur d'équipe, à Canal+. "Aujourd'hui, la voiture n'a pas fonctionné comme on l'espérait. Si on regarde les temps qu'on avait sur les simulations de course qu'on faisait vendredi, on avait un avantage un peu sur tout le monde."

"Aujourd'hui, les conditions étaient bien plus froides et la voiture n'a pas fonctionné, quels que soient les pneus qu'on a utilisés – les rouges, les jaunes ou les blancs. C'est vrai que les blancs n'ont vraiment pas fonctionné sur Charles, mais ce n'est pas ce à quoi on s'attendait. Je crois qu'il faut analyser la raison dans la voiture elle-même, dans sa performance aujourd'hui, pourquoi elle n'était pas aussi rapide qu'on voulait."

Mattia Binotto, team principal, Ferrari

Mattia Binotto, directeur de la Scuderia Ferrari

Les difficultés des pneus durs dans les conditions fraîches de Budapest n'étaient pas une grande surprise, car elles étaient déjà visibles sur les Alpine, qui avaient adopté une stratégie à un arrêt, ayant chaussé les gommes à bandes blanches aux 21e et 23e tours. Leur rythme s'était stabilisé en 1'25, quand leur rival direct, Lando Norris, tournait en 1'24. Cependant, Ferrari a préféré se fier à ses propres données et prévisions.

"Les Alpine avaient des difficultés avec les durs ; nous, ce à quoi on s'attendait avec les durs, ce sont deux tours de warm-up avec un peu de difficulté, pendant une dizaine de tours ils auraient été moins rapides que les mediums, mais après à la fin de la course, ça aurait pu être un avantage", détaille Binotto. "En s'arrêtant là, il gardait la position sur Max. On savait que les premiers tours pouvaient être difficiles, mais sur 30 tours au complet, ça pouvait quand même être le choix juste. Nos simulations nous disaient que les blancs pouvaient fonctionner mieux que ça, même en voyant les autres. Ça n'a pas été le cas. Je pense qu'encore une fois, la raison à ça n'est pas les pneus eux-mêmes, c'est le fait que la voiture aujourd'hui ne fonctionnait pas comme on voulait."

Quant à savoir, dans ce cas, pourquoi Leclerc n'a pas persévéré en pneus durs au lieu de faire un troisième arrêt pour passer les tendres : "À ce moment-là, il avait vraiment de la difficulté. Les pneus blancs avaient vraiment commencé à ne plus marcher, à ne pas avoir de grip. Il était au-delà de la fenêtre de température, alors la meilleure solution était de s'arrêter et de changer de pneus." Leclerc était troisième de la course à ce moment : il venait de se faire doubler par Russell et perdait plus d'une seconde au tour sur Sainz. Il s'est finalement classé sixième.

En conséquence, Leclerc est déjà relégué à 80 points de Max Verstappen au championnat, lui qui comptait 46 longueurs d'avance sur le Néerlandais il y a dix Grands Prix de cela. À demi-mot, Binotto reconnaît ainsi ne plus croire au titre des pilotes : "Il y a encore beaucoup de courses, neuf à faire ; on peut essayer d'avoir plein de victoires, il y a le championnat constructeurs qui est important. Ce qui est important, c'est de s'améliorer, même en vue des prochaines saisons."

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