Ferrari voulait lancer Valentino Rossi en Grand Prix avec Sauber

Ancien président de Ferrari, Luca di Montezemolo révèle avoir eu pour projet de placer Valentino Rossi chez Sauber pour le faire débuter en Formule 1 il y a plus d'une dizaine d'années.

Ferrari voulait lancer Valentino Rossi en Grand Prix avec Sauber

Beaucoup de choses ont déjà été dites et écrites sur le flirt sans lendemain de Valentino Rossi avec la Formule 1. Une chose est sûre aujourd'hui, la légende du MotoGP n'est pas passée très loin d'une reconversion, lui qui a impressionné à chaque fois qu'il a eu l'occasion de tester une monoplace. Dans les années 2000, l'Italien avait plusieurs fois eu l'opportunité de participer à des séances d'essais avec Ferrari, avec parfois un programme de roulage intense et des chronos suscitant de plus en plus de curiosité.

C'est à Fiorano, en avril 2004, que Rossi a testé une Ferrari pour la première fois, portant même l'un des casques de rechange de Michael Schumacher au lieu du sien. L'Allemand était présent lors de cette séance et n'avait pas manqué de complimenter son élève du jour. "Bien sûr, il lui a fallu un moment pour s'habituer, mais il était très impressionnant en fin de journée", disait-il. "Je sais qu'il a fait du karting, mais en fin de compte, quand on a la course dans le sang, on sait quoi faire."

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Rossi a renouvelé l'expérience en 2005, avec Marc Gene comme professeur, puis à Valence en 2006. C'est sans doute à ce moment-là qu'il a tutoyé la F1 au plus près, bouclant plus de 1000 kilomètres de roulage ! Ferrari devait préparer l'après-Schumacher tandis que Rossi était en fin de contrat avec Yamaha, ce qui aurait pu ouvrir certaines perspectives… Le Docteur a finalement renoncé à cette voie, prolongeant l'aventure en MotoGP et remportant même deux titres mondiaux supplémentaires.

Entre fantasme et réalité, difficile de savoir ce que cachaient tous ces rendez-vous en piste entre Rossi et Ferrari. Néanmoins, Luca di Montezemolo l'assure aujourd'hui, la Scuderia avait bien une idée derrière la tête… "Tout le monde disait que c'était une opération publicitaire, mais Ferrari n'en avait pas besoin", explique l'ancien président de Ferrari dans un entretien avec Motorsport.com.

"Je vais vous dire la vérité… [Stefano] Domenicali aussi s'en était beaucoup occupé parce qu'il était d'Imola et aimait beaucoup les courses moto. Nous nous entendions très bien avec Valentino, parce que nous avions le Mugello, qui est peut-être le circuit numéro un au monde en moto. Au début, nous l'avons presque fait comme une faveur, dire oui pour exaucer le désir d'un très grand champion. Mais à un moment donné, je me suis dit qu'il était rapide. Il n'avait pas encore la constance, [il lui manquait de la force dans] le cou, donc il faisait un tour très rapide [mais ne les enchaînait pas], mais il avait un très grand potentiel et il était très passionné."

Valentino Rossi, Ferrari F2004

Devant les performances en piste de Rossi, l'état-major Ferrari a alors commencé à envisager des perspectives plus sérieuses, au point de travailler sur un plan qui aurait permis à l'Italien de débuter en Grand Prix. Une proposition qu'il a finalement déclinée.

"Il y a eu un moment où nous avons dit : 'Eh, si nous faisions un an chez Sauber ?'", révèle Luca di Montezemolo. "Mais, étant donné que c'était un garçon intelligent, qui savait qu'il était le numéro un, il a préféré rester numéro un en moto plutôt que risquer d'être numéro quatre ou cinq en auto, d'autant qu'il aurait dû arrêter pour se préparer pour la saison, s'entraîner et enchaîner les tours. Il a donc fait deux autres tests, il me semble, mais plus en tant qu'ami et originaire de l'Émilie-Romagne."

Lorsque Rossi a de nouveau participé à des essais privés avec Ferrari, en 2010, Stefano Domenicali avait déjà fait comprendre que le destin aurait pu être bien différent. "Vale aurait été un excellent pilote de Formule 1, mais il a choisi un chemin différent", commentait celui qui était alors à la tête de l'écurie de Maranello.

Ce fut la dernière apparition de Valentino Rossi au volant d'une Ferrari en Formule 1. Quant à son histoire personnelle avec la discipline, elle s'est poursuivie une décennie plus tard lors d'un échange avec Lewis Hamilton, lui donnant l'opportunité de prendre le volant d'une Mercedes en décembre 2019. La reconversion sur quatre roues attendra, mais elle demeure une réelle envie.

Propos recueillis par Franco Nugnes 

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