Les pires débuts de saison de Ferrari depuis 2010
Après deux Grands Prix, Ferrari est actuellement cinquième du championnat constructeurs 2025 et vit l'un de ses pires débuts de saison depuis plus de 15 ans. Retour sur les pires entames de campagne de la Scuderia depuis l'instauration de l'actuel barème de points, en 2010.
Photo de : Andy Hone / Motorsport Images
Cinquième au championnat avec 17 points. C'est la situation comptable de Ferrari après deux Grands Prix dans cette saison 2025 de Formule 1. C'est un début très compliqué pour l'équipe italienne, qui partait pourtant comme l'une des favorites de l'année aux côtés de McLaren. Évidemment, la Scuderia possède encore 22 courses pour redresser la barre, et les orange papaye nous ont très bien montré qu'il était possible de terminer en force, qu'importe où vous avez commencé.
Néanmoins, cette entame de campagne, la pire depuis 2009, reste assez spectaculaire et inattendue pour ne pas la mentionner. Voici la liste des trois pires débuts de saison de Ferrari après deux Grand Prix. Pour des raisons logiques de comparaison, nous avons choisi de nous concentrer sur les saisons depuis l'introduction du nouveau barème de points, en 2010. À une exception près...
2025 : 5e, 17 points après deux courses
Lewis Hamilton (Ferrari).
Photo de: Andy Hone / Motorsport Images
Eh oui, 2025 est le pire début de saison de Ferrari depuis l'introduction du barème actuel. Une statistique qui peut paraître encore plus cruelle au vu du potentiel de la SF-25, l'une des meilleures voitures du plateau actuellement. En effet, les cieux n'ont pas brandi leurs drapeaux italiens en ce début d'année, ou alors seulement pendant un court instant.
Rapides depuis le début du week-end australien, Charles Leclerc et Lewis Hamilton échouent très loin en qualifications. Ferrari a mal géré sa séance et les deux pilotes sont septième et huitième sur la grille. Le dimanche, le Grand Prix se déroule par une météo capricieuse qui oscille entre averse et ciel bleu. En fin d'épreuve, alors que tout le peloton a chaussé les pneus slicks, la pluie s'étant calmée, celle-ci revient de plus belle. En difficulté, certains pilotes font le choix de rentrer au stand pour passer des intermédiaires. Alors qu'il ne reste que quelques tours, Ferrari fait le pari de rester en piste et se retrouve aux deux premières positions, tentant de survivre jusqu'à la fin de la course.
Mauvaise pioche, la pluie s'intensifie et les intermédiaires deviennent indispensables. Hamilton et Leclerc sont forcés de s'arrêter à nouveau et ressortent dans le fond du top 10, terminant la course huitième et dixième. Pour la deuxième manche, en Chine, Ferrari fait table rase. Cette attitude fonctionne puisque Hamilton signe sa première "pole" sprint et son premier succès en rouge lors de la course courte le samedi. Les espoirs sont remontés à bloc chez les Italiens, sachant que Lando Norris est en difficulté sur sa McLaren, une occasion de rattraper un peu le retard pris par la Scuderia au championnat.
Les Ferrari lors du GP de Chine.
Photo de: Andy Hone / Motorsport Images
Après avoir modifié quelques réglages en amont du Grand Prix, les Ferrari sont en difficulté. Le rythme n'a rien à voir avec celui de la veille et les pilotes se font rapidement distancer. Hamilton et Leclerc parviennent finalement à terminer cinquième et sixième, non sans une pointe de déception au vu de l'écart avec les McLaren qui ont signé le doublé. Mais les choses se gâtent rapidement. Quelque temps après la fin de course, la FIA déclare enquêter sur les deux Ferrari puisque l'une serait trop légère et l'autre aurait le plancher trop usé. Le sort de Ferrari était déjà scellé, mais la sentence tombe : les deux voitures sont disqualifiées du Grand Prix de Chine.
Cette situation assez inhabituelle fait dégringoler l'écurie à la cinquième place du championnat constructeurs, elle qui compte un total de 17 points. Avec ce résultat, Ferrari fait pire que 2020 et signe son plus mauvais début de saison depuis 2009. Pour la première fois, toujours depuis 2009, aucun pilote Ferrari ne fait partie du top 8 au championnat. Esteban Ocon est d'ailleurs le pilote motorisé par Ferrari le mieux classé avec sa septième place.
2020 : 5e, 19 points après deux courses
Charles Leclerc et Sebastian Vettel s'accrochent dans le premier tour du Grand Prix de Styrie 2020.
Photo de: Charles Coates / Motorsport Images
Avant même le début de la saison 2020, Ferrari est sous le feu des projecteurs. La polémique autour de la légalité de son moteur en 2019 et l'éviction annoncée du quadruple champion du monde Sebastian Vettel animent les premiers mois de l'année. D'entrée de jeu, la nouvelle monoplace de l'équipe, la SF-1000, ne semble pas au point, une observation appuyée par les commentaires peu optimistes du directeur de l'équipe, Mattia Binotto.
Affectée par la pandémie du COVID-19, la saison de Formule 1 ne commence qu'en juillet avec le Grand Prix d'Autriche. Les pilotes Ferrari ne parviennent à se qualifier qu'aux septième et onzième places sur la grille de départ. Sur le tracé de Spielberg, Charles Leclerc profite de nombreux incidents de course pour signer une très belle deuxième place. Huitième pendant la première moitié de l'épreuve, Vettel termine dixième après être parti en tête-à-queue lors d'un dépassement un peu trop ambitieux.
Le bilan n'est finalement pas si désastreux, Ferrari empoche 19 points après cette première manche. La F1 enchaîne avec le Grand Prix de Styrie. En réalité, les écuries ne bougent pas puisque cette course est un Grand Prix d'Autriche bis disputé sur le même circuit, à une semaine d'intervalle. Cette fois, le Red Bull Ring est sous la pluie, et alors que les SF-1000 ont déçu sur le sec, elles déçoivent également sur piste mouillée. Vettel passe difficilement en Q3 et se qualifie dixième alors que Leclerc échoue aux portes du top 10. Le Monégasque recule finalement en 14e position après avoir écopé d'une pénalité.
Sebastian Vettel au volant de la Ferrari SF1000.
Photo de: Charles Coates / Motorsport Images
Au départ de la course, Leclerc tente un dépassement osé sur plusieurs monoplaces, mais freine trop tard et vient harponner son coéquipier. Vettel abandonne sur le champ et le Monégasque quelques tours plus tard, les dégâts sur sa Ferrari étant trop importants. C'est donc un double abandon pour la Scuderia, qui n'engrange aucun point sur cette deuxième épreuve. Avec ses 19 unités et sa cinquième place au classement, le Cheval cabré signe alors son plus mauvais début de saison depuis 2009.
Malheureusement pour Ferrari, les choses ne s'arrangent pas les mois suivants, au contraire, elles empirent. Les réglementations inédites mises en place pour minimiser la crise financière causée par le COVID-19 ont achevé les espoirs de la Scuderia. Le gel des unités de puissance a empêché l'écurie de remédier au manque de puissance de son moteur, laissant Ferrari terminer à une lointaine sixième place au championnat constructeurs, son pire classement depuis 1980.
2014 : 3e, 30 points après deux courses
Fernando Alonso et Kimi Räikkönen au volant de la F14-T au Grand Prix du Canada 2014.
Photo de: Andy Hone / Motorsport Images
Le troisième pire début de la Scuderia depuis 2010 est celui de la saison 2014, qui se révélera être l'une des pire saisons tout court de l'équipe italienne. Kimi Räikkönen fait son retour chez Ferrari après avoir passé deux ans chez Lotus, et il est accompagné de Fernando Alonso, qui vit sa dernière année en rouge, reprenant le chemin de McLaren en 2015.
Les deux premiers Grand Prix n'étaient en réalité pas si désastreux. Les deux pilotes sont parvenus à inscrire quelques points avec trois entrées dans le top 10, accusant simplement le manque de performance de la nouvelle monoplace, dépassée par ses concurrentes. Lors de la manche d'ouverture de la saison en Australie, Alonso parvient à prendre la cinquième place en qualifications, et Räikkönen s'élance d'une lointaine onzième position déjà en proie à des problèmes moteur.
La course se déroule sans réel accroc. Avec sa victoire, Nico Rosberg entame ce qui sera l'une des plus grandes dominations de l'histoire de la F1. Les pilotes Ferrari terminent tous les deux dans les points : Alonso est quatrième et Räikkönen septième, incapable de retenir la Force India de Nico Hülkenberg et la Williams de Valtteri Bottas. Pour la deuxième manche de l'année, en Malaisie, les deux F14-T s'élancent depuis la deuxième et la troisième ligne, accompagnées des Red Bull et logiquement devancées par les Mercedes.
Fernando Alonso (Ferrari F14T).
Photo de: Charles Coates / Motorsport Images
Dans les premiers tours, Räikkönen est percuté par Kevin Magnussen et dégringole dans le peloton, victime d'une crevaison. Le Finlandais ne parvient pas à remonter dans la hiérarchie et passe l'entièreté de sa course en fond de grille, il termine finalement 12e. De son côté, Alonso a réussi à garder le rythme des leaders devant lui et inscrit une quatrième place grâce à un dépassement sur Hülkenberg dans les derniers tours. À ce moment-là, Ferrari est troisième du classement constructeurs avec 30 points. Elle termine finalement la saison à la quatrième place, avec un retard de 485 points sur les larges leaders du championnat, Mercedes.
Au final, 2014 s'est révélée être l'une des pires saisons de Ferrari depuis au moins vingt ans, avec comme responsable principal le manque de puissance et de performance de la F14-T. Pour la première fois depuis 1993, la Scuderia n'a remporté aucune victoire dans une saison, et elle n'a inscrit qu'un seul podium. Kimi Räikkönen, dominé de toute part par son coéquipier, a échoué en dehors du top 10 au championnat des pilotes.
2009 : Non classée, 0 point après deux courses
Kimi Raikkonen dans la Ferrari F60 au Grand Prix de Monaco.
Photo de: Andrew Ferraro / Motorsport Images
Le début de saison 2009 a sûrement marqué bon nombre de fans de Ferrari. Bien que le championnat utilisait à ce moment-là l'ancien barème (à savoir 10 points pour le premier, 8 pour le deuxième, 6 pour le troisième, et ainsi de suite jusqu'au huitième), nous jugions nécessaire de mentionner l'une des pires entames de campagne du XXIe siècle pour la Scuderia.
Les deux pilotes engagés avec l'équipe italienne sont Felipe Massa et Kimi Räikkönen, et il s'agit de la dernière saison du Finlandais avec les rouges avant que celui-ci ne quitte la F1, pour finalement revenir en 2012. Dès la première course de l'année, les lacunes de la F-60 se font ressentir. Les deux pilotes se qualifient aux sixième et septième places sur la grille du Grand Prix d'Australie.
Après un bon départ, Massa profite du mauvais envol de Rubens Barrichello pour remonter dans le top 3. Räikkönen parvient également à se faire une place derrière Robert Kubica, en cinquième position. Alors que les Ferrari semblent à l'aise sur le devant de la grille, Räikkönen perd l'arrière de sa monoplace et part droit vers le mur, évitant néanmoins le choc. Le Finlandais passe au stand et ressort très loin du peloton. À 12 tours de la fin, c'est la catastrophe pour Ferrari : Massa est au ralenti sur la piste, le Brésilien abandonne à cause d'un problème hydraulique. Räikkönen termine la course avec trois tours de retard, en 15e position.
Luca Badoer (Ferrari F60).
Photo de: Andrew Ferraro / Motorsport Images
C'est donc un zéro pointé pour Ferrari lors de ce Grand Prix d'ouverture de la saison 2009. Malheureusement pour la Scuderia, les choses ne s'arrangent pas lors du rendez-vous suivant, en Malaisie. Cette course est d'ailleurs marquée par des conditions compliquées, qui mettent un terme à l'épreuve après une trentaine de tours. Très loin sur la grille de départ, septième pour Räikkönen et seizième pour Massa, Ferrari tente un coup de poker avec le Finlandais, une averse étant annoncée dans quelques tours : le pilote rentre chausser des pneus pluie très tôt dans la course.
Un pari qui tombe finalement à l'eau, puisque Räikkönen détruit ses pneus sur le sec et reste coincé dans le fond de peloton. Les conditions étant trop difficiles, le drapeau rouge est brandi et la course suspendue quelque temps plus tard. Massa termine neuvième à la porte des points et Räikkönen 14e, c'est un nouveau zéro pointé pour la Scuderia. Après deux épreuves, Ferrari n'est même pas classée au championnat et vit ses pires débuts depuis les années 90.
L'équipe italienne termine cette campagne 2009 à la quatrième place du championnat constructeurs avec 70 points. À titre de comparaison, les champions du monde de la saison, Brawn GP, en comptent 172. Ferrari aura vécu une année compliquée, handicapée par l'accident de Felipe Massa en Hongrie, le Brésilien étant remplacé successivement par Luca Badoer et Giancarlo Fisichella.
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