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Analyse

Ferrari et Vasseur, le calme avant la tempête ?

Les résultats de Ferrari ne sont pas à la hauteur des attentes : McLaren est loin devant et les développements promis se font attendre. À Maranello, on recherche des ingénieurs chevronnés pour redynamiser l'écurie, mais le silence de la direction laisse peser des doutes sur la reconduction de Frédéric Vasseur, dont le contrat expire en fin d'année.

Frederic Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari

Photo de : Jeff Robinson/Icon Sportswire via Getty Images

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Ferrari fait son marché : la Scuderia recherche des techniciens, mais pas seulement, capables de donner de la cohésion à l'équipe, même si la tendance qui se dégage est que les ingénieurs contactés ne veulent pas venir à Maranello. Un mauvais signe qui rend terriblement difficile le renforcement d'une structure qui montre encore trop de failles.

La préoccupation ne concerne pas tant la modification de la SF-25 (les évolutions ont à ce stade déjà été décidées et apparaitront avant la pause estivale, avec un nouveau plancher et la fameuse suspension arrière) que la naissance de la 678, c'est-à-dire la monoplace qui devrait propulser le Cheval cabré dans la nouvelle ère réglementaire en 2026.

Charles Leclerc (Ferrari)

Charles Leclerc (Ferrari)

Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images via Getty Images

Chaque pièce sera entièrement nouvelle : châssis, unité de puissance, pneus, aérodynamique... Il n'y aura pratiquement rien de comparable à ce que nous connaissons aujourd'hui, car la F1 va changer de visage en relevant un défi technologique qui place la barre très haut, en optant pour un moteur 50% électrique et 50% thermique. Un choix novateur qui mettra en difficulté certains constructeurs : les rumeurs dans le paddock placent à nouveau Mercedes en pole position devant le reste de la concurrence et, si tel était le cas, Ferrari se retrouverait déjà à la traîne, comme en 2014 lors de l'avènement de l'ère hybride.

John Elkann et Benedetto Vigna ont cru au projet de Frédéric Vasseur, à savoir remporter à nouveau le championnat lors de la dernière année des monoplaces à effet de sol, avant d'entamer le nouveau cycle réglementaire. Or, la saison 2025 s'avère pour le moment être un désastre : la SF-25 est mal conçue, mais surtout, elle ne suit pas le rythme des améliorations apportées par la concurrence.

Cette monoplace, entièrement redessinée par rapport à la SF-24, devait offrir aux aérodynamiciens des options de développement qui ne se concrétisent pas. Les objectifs recherchés ont donc lamentablement échoué. McLaren a une nette avance : on parle de près de quatre dixièmes de seconde par tour, un écart énorme qui ne pourra pas être comblé d'ici la fin de l'année.

Loïc Serra, directeur technique de Ferrari.

Loïc Serra, directeur technique de Ferrari.

Photo de: Ferrari

La question à se poser est donc ailleurs : ce groupe est-il à la hauteur pour relever les défis de 2026 ? Loïc Serra est un excellent ingénieur : il est arrivé de Mercedes (où il manque beaucoup) pour occuper le poste de directeur technique, une fonction qu'il n'avait jamais exercée auparavant et que Vasseur lui a confiée. Or, c'est une chose de superviser un projet, c'en est une autre de diriger un département technique, et le Français n'a pas le charisme nécessaire pour mobiliser l'équipe.

Après Imola, la direction avait demandé une accélération de l'arrivée des nouveautés : le coup de collier n'a pas eu lieu. L'espoir reposait alors sur le changement des règles sur le contrôle de la flexibilité des ailerons et l'hypothèse qu'il joue en faveur de Maranello : avec des profils plus rigides, d'aucuns espéraient pouvoir se rapprocher des monoplaces papaye. Une illusion longtemps caressée par la direction de l'écurie que Barcelone a définitivement balayée. Ferrari semble donc bel et bien en retrait.

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Ferrari à l'aube d'un changement de leadership ?

Le problème est-il uniquement d'ordre technique ou faut-il rechercher les causes plus en profondeur ? Il est surprenant de constater que le contrat de Vasseur expire à la fin 2025, clôturant ainsi un cycle de trois ans, et qu'il n'y ait pas encore eu de discussions concernant sa reconduction pour un poste aussi stratégique pour l'avenir, ce qui apporterait une certaine stabilité à l'équipe.

Il se peut que les négociations se déroulent dans le plus grand secret, mais plusieurs observateurs ont le sentiment que Vasseur est entré dans une période de "grand froid" avec la direction, une situation similaire à celle qui avait accompagné le départ de Mattia Binotto. Le directeur de l'équipe s'obstine à rechercher un potentiel qui n'aurait pas encore été vu sur la SF-25, tandis que Lewis Hamilton, par exemple, conseille tout bonnement d'abandonner 2025 pour consacrer toute l'énergie à l'année prochaine.

Frédéric Vasseur en discussion avec Charles Leclerc.

Frédéric Vasseur en discussion avec Charles Leclerc.

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images via Getty Images

L'équipe serait-elle divisée ? Difficile à dire de l'extérieur, mais si Elkann envisage de changer de direction, on a le sentiment qu'il est déjà trop tard. Les rumeurs concernant un intérêt pour Christian Horner (une vieille obsession du président) ont été démenties par l'intéressé lui-même, qui doit défendre son fief de Milton Keynes. Alors, dans l'éventualité d'un changement, qui pourrait prendre les rênes en pleine révolution technique ?

Le nom qui revient le plus souvent est celui d'Antonello Coletta. Le manager romain est au Mans afin de diriger la Scuderia lors des 24 Heures : le poste de directeur de l'équipe en F1 lui avait déjà été proposé avant Vasseur, mais Coletta l'avait refusé car il avait un objectif clair à atteindre en WEC. Il a remporté deux éditions du Mans et mène actuellement le classement du championnat du monde d'endurance. Il est possible qu'une fois le titre mondial remporté, on lui demande de mettre les pieds en F1.

Coletta connaît la dynamique de l'entreprise, il connaît les gens : il saurait où intervenir pour donner une nouvelle impulsion à la Scuderia. Nous savons que le responsable du programme endurance souhaite rester à son poste, mais il convient de rappeler qu'au début de l'ère Marchionne, il avait déjà été appelé comme consultant en F1 et avait habilement redessiné la gestion sportive, dénichant des ressources internes inexploitées avant que Maurizio Arrivabene ne soit nommé.

Antonello Coletta en discussion avec Frédéric Vasseur.

Antonello Coletta en discussion avec Frédéric Vasseur.

Photo de: Emanuele Clivati | AG Photo

Au-delà des contrats existants, les deux pilotes sont également dans l'expectative : Charles Leclerc plaît à Toto Wolff et le retard pris par Mercedes dans le renouvellement du contrat de George Russell, après avoir perdu tout espoir de recruter Max Verstappen, conduit inévitablement le Monégasque à ambitionner de monter enfin dans une F1 compétitive.

Si Leclerc voulait changer d'équipe, il devrait faire valoir les clauses de sortie qui figurent désormais dans tous les contrats, tandis que la saison décevante de Lewis Hamilton pourrait conduire à une retraite anticipée du septuple champion du monde. Ferrari pourrait alors se retrouver sans pilotes, alors qu'elle dispose de l'un des meilleurs duos actuels.

Il sera intéressant de voir si une révolution va éclater à Maranello via l'identification d'ingénieurs capables de donner un nouveau souffle à l'équipe technique sous l'égide de Vasseur ou si, au contraire, le changement viendra d'en haut, en confiant les décisions à ceux qui prendront les rênes de la direction sportive. Nous sommes à un tournant important et, dans les deux cas, le temps presse...

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