La FIA ne devait contrôler que Hamilton et Leclerc à Austin
La FIA a révélé qu'elle n'avait au départ l'intention de contrôler que les voitures de Lewis Hamilton et Charles Leclerc à la fin du Grand Prix des États-Unis, avant que des inquiétudes n'incitent l'instance à étendre les vérifications.
Une semaine après la disqualification de Lewis Hamilton et Charles Leclerc pour une infraction très rare dans la F1 contemporaine, à savoir une usure trop importante du patin en matériau composite situé sous la monoplace pour éviter qu'elle ne soit trop proche du sol, la FIA a apporté plus d'éléments de contexte sur les vérifications faites après le GP des États-Unis.
Si l'illégalité des deux monoplaces n'a pas été contestée, notamment par Mercedes et Ferrari, des questions se sont posées sur l'étendue du contrôle effectué par la fédération après une épreuve où le format sprint et l'état de la piste pouvaient favoriser ce type d'infractions. Au total, quatre voitures ont été contrôlées, puisque la Red Bull de Max Verstappen et la McLaren de Lando Norris sont aussi passées au grill, avec succès.
Avant l'épreuve de Mexico, Hamilton a suggéré que d'autres concurrents étaient dans la même situation que lui mais avaient échappé à une disqualification en raison de l'absence de contrôle. Le directeur technique de la FIA, Tim Goss, a apporté des précisions sur le sujet, révélant notamment que, initialement, le contrôle des patins ne devait porter que sur les F1 du septuple Champion du monde et de Leclerc.
Ce choix n'était d'ailleurs pas dû au hasard puisque lié à des données auxquelles la FIA a accès et qui indiquaient durant la course d'Austin que ces deux monoplaces talonnaient beaucoup, laissant penser qu'une usure trop importante du patin pourrait survenir.
Le patin en matériau composite en question, ici démonté de la Haas VF-22.
S'exprimant auprès de Sky, Goss a indiqué que l'élargissement du contrôle à la Red Bull et à la McLaren est intervenu une fois que les commissaires techniques se sont rendus compte que la W14 et la SF-23 étaient toutes deux dans l'illégalité, laissant craindre un problème général.
"Nous avons sélectionné deux voitures pour notre contrôle d'après-course et nous les avons inspectées", a-t-il expliqué. "Le contrôle prend un certain temps et nous avons constaté qu'elles étaient du mauvais côté de la réglementation. Cela nous a inquiétés. Ce que nous voulions faire, c'était essayer de comprendre si le problème était systématique et lié à cette course, [ou] aux conditions de cette course."
"Nous avons donc décidé de sélectionner deux autres équipes et deux autres voitures, qui se trouvaient être Verstappen et Norris, et de les contrôler. Après avoir vérifié ces deux voitures, nous avons constaté que ces deux-là étaient du bon côté de la limite et que tout [allait] bien."
Même si la FIA a été satisfaite par ces données, le taux d'échec de 50% a poussé une partie des observateurs à se demander si un contrôle global n'aurait pas été nécessaire avant toute modification de la hiérarchie. Une idée battue en brèche par Goss, expliquant pourquoi cela est impossible, que ce soit en matière de temps ou de logistique.
"Il ne s'agit pas simplement de mettre une règle quelque part ou une jauge de profondeur dans un trou et de mesurer l'épaisseur d'un patin. Nous devons en fait démonter une partie de la voiture. Le contrôle prend environ une demi-heure."
"Si nous avions deux équipes pour faire cela [contrôler toutes les voitures], ça représenterait cinq heures de travail pour vérifier toutes les voitures, après quoi il faudrait signaler les voitures [illégales] aux commissaires. Peut-être que le résultat serait publié six, sept ou huit heures après la fin de la course. Je ne pense pas que ce soit acceptable pour la discipline."
Avec Jonathan Noble
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