La FIA admet envisager le retour des V10 et n'exclut pas d'écarter les moteurs 2026
Alors que les rumeurs bruissent toujours plus dans le paddock de la F1, la FIA a reconnu pour la première fois sérieusement considérer l'option d'un retour à des moteurs V10, parmi d'autres possibilités d'avenir pour la discipline reine.
Les V10 de retour en F1 ?
Début 2025, la FIA a évoqué la possibilité d'un retour des moteurs V10 en Formule 1. Depuis, les discussions sur la question s'accumulent et le projet prend peu à peu forme.
On les pensait presque définitivement remisés au placard, mais finalement les V10 pourraient faire un retour inattendu en Formule 1. La FIA envisage en tout cas sérieusement toute une série d'options pour l'avenir des moteurs en F1 et un hypothétique retour des V10 accompagnés d'un carburant 100% renouvelable est donc sur la table.
C'est le responsable monoplace de la fédération, Nikolas Tombazis, qui l'a indiqué, tout en précisant qu'à cette heure, les discussions n'étaient pas très avancées sur le sujet. Toutefois, il est clair qu'aucune piste n'est écartée, et notamment l'hypothèse d'écourter - voire plus - le cycle réglementaire qui doit démarrer l'année prochaine.
Lors d'une rencontre avec les médias à Shanghai, à laquelle participait Motorsport.com, Tombazis a mis en avant deux interrogations qui se posent actuellement à l'instance dirigeante : 1. la direction que le championnat doit prendre sur le long terme au sujet de la réglementation moteur, et 2. les implications que la réponse à cette première question pourrait avoir sur le cycle réglementaire 2026-2030.
"Je pense que la bonne façon de procéder est la suivante : voulons-nous, d'ici trois ou quatre tard, passer à un autre type d'unité de puissance ? C'est la question numéro un. C'est une question de long terme pour le sport", a déclaré Tombazis. "Si la réponse à cette question est positive, alors il y a la question numéro deux : ce que nous faisons dans l'intervalle. C'est sans aucun doute une question secondaire par rapport à la question principale."
Des moteurs F1 actuels "beaucoup trop chers"
L'unité de puissance de la Mercedes W06.
Photo de: Mercedes GP Petronas Formula One Team
La réglementation moteur 2026-2030 a déjà été actée ; c'est grâce à elle qu'Audi a décidé de s'impliquer en F1 et que Honda a fait machine arrière pour y demeurer officiellement. Mais récemment, le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a estimé qu'il ne fallait pas fermer la porte au V10, des commentaires qui ont ravivé les spéculations sur l'avenir du sport. Ce d'autant plus que, dans le même temps, des doutes ont été émis sur la future réglementation, même si Tombazis assure que la fédération ne panique pas à ce sujet.
"Il est certain que les progrès réalisés en matière de carburants durables ont conduit à penser que les moteurs pourraient peut-être être plus simples", a-t-il expliqué. "L'économie mondiale conduit à penser que nous devrions peut-être essayer de réduire un peu plus les coûts, et les unités de puissance actuelles sont beaucoup trop chères. C'est un fait. C'est pourquoi le président a parlé d'un moteur V10 en 2028, etc. Et c'est quelque chose que nous sommes en train d'évaluer avec les fabricants de moteurs."
Pas de remise en question de la réglementation 2026 pour le moment, même si les discussions sont lancées avec les constructeurs et les parties prenantes : "Il n'y a pas de proposition sur la table à cet égard. Il y a une discussion. Dans tous les cas, que nous conservions la réglementation actuelle ou que nous adoptions la nouvelle réglementation déjà approuvée, je pense que la Formule 1 serait dans une bonne position."
Respecter les investissements d'Audi et Honda, mais...
Une déclaration potentiellement lourde de sens car le travail sur la réglementation moteur 2026 a déjà vu les motoristes engloutir énormément de moyens dans la conception, le développement et la fabrication de blocs qui doivent être prêts à rouler dans moins d'un an. Sans compter les problématiques logistiques d'un revirement de situation où la réglementation actuelle serait prolongée. D'aucun, à l'image du directeur d'Alpine, Oliver Oakes, écurie qui sera motorisée par Mercedes l'an prochain, ont estimé qu'"il était déjà trop tard" pour procéder à des changements majeurs.
"Bien sûr, il est déjà trop tard dans une grande mesure", a admis Tombazis. "Ce que je veux dire, c'est que le président de la FIA a posé la question numéro 1. La question numéro 2 est ensuite posée par de nombreuses personnes, en fonction de leur position dans la discussion. Nous nous efforcerons d'être justes sans manquer de respect à l'un ou l'autre des participants. Et il est clair que, dans la mesure où les gens investissent de l'argent et ainsi de suite, c'est un facteur très important dans la décision finale."
Justement interrogé sur les cas de Audi et Honda, Tombazis explique respecter leur position tout en soulignant la nécessité d'un compromis équilibré entre la protection des investissements actuels et l'avenir de la discipline : "Nous sommes très fiers d'avoir permis à Audi de faire son entrée dans la discipline, et nous respectons pleinement cette décision. Et nous ne voulons pas qu'ils reviennent dessus. Nous sommes également très fiers d'avoir incité Honda à reconsidérer sa décision, parce qu'ils étaient sur le point de quitter le sport et qu'ils ont ensuite décidé d'y rester."
"Tout ce que nous faisons est un équilibre complexe entre ces facteurs", a-t-il ajouté. "Vous posez les bonnes questions. Elles sont tout à fait logiques et valables. Le fait est qu'il n'y a pas un seul aspect qui réponde à toutes les questions exactement de la même manière - entre être juste, protéger la discipline, réduire les coûts, protéger les motoristes, protéger leur investissement. Ce que nous essayons de faire, c'est de trouver ce juste milieu."
La nécessité d'un "large consensus"
Photo de: Charles Coates / Motorsport Images
Quoi qu'il en soit, la FIA ne peut dans ce domaine pas imposer sa vision des choses et doit trouver un consensus sur le sujet. "Tout changement, en fonction du type de réglementation, etc., doit faire l'objet d'un large consensus. Il existe un processus de gouvernance. Nous ne changerons pas les choses unilatéralement et n'imposerons pas une position."
Le processus se ferait alors en deux temps : d'abord il faudrait une approbation des motoristes via la structure de gouvernance moteur et ensuite une approbation séparée par les écuries si cela devait avoir un impact sur les règles liées au châssis. "Si jamais il y avait des changements sur les châssis, ceux-ci devraient également être approuvés par le processus de gouvernance qui est une combinaison d'accords avec les équipes, comme les Accords Concorde, et le Code Sportif International."
Tombazis a toutefois "refusé d'entrer dans les détails" quand il lui a été demandé si l'unanimité n'était pas nécessaire pour de substantiels changements de réglementation.
Pour le moment, les discussions sont en cours et l'avenir reste ouvert.
Avec Ronald Vording
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