Jos Verstappen : Si j'étais Piastri, "je taperais du poing sur la table"
Le père de Max Verstappen, Jos, tente de verser dans la guerre psychologique pour mettre la zizanie chez McLaren alors qu'approche le dénouement de la saison 2025 de F1.
Photo de: Alfredo Estrella / POOL / AFP Via Getty Images
Alors qu'il a longtemps été leader du classement général, entre les GP d'Arabie saoudite et de Mexico, Oscar Piastri en a pour la première fois depuis longtemps perdu les commandes au profit de son équipier chez McLaren, Lando Norris, après l'épreuve mexicaine.
Désormais, c'est le Britannique qui a la main, pour un petit point. Mais au-delà de cette situation comptable, c'est surtout la dynamique de Piastri qui est négative puisque l'Australien semble depuis quelques courses à la peine au volant de la MCL39.
Une situation qui n'a pas tardé à susciter de nombreuses réactions, voire des théories du complot, d'aucuns prétendant que cette situation résulte d'un favoritisme de l'écurie envers Norris. Toutefois, la méforme de Piastri n'est finalement que le plus spectaculaire des volets de la baisse de forme plus globale de McLaren face à une écurie Red Bull sur une pente ascendante, l'avance des deux pilotes papaye sur Max Verstappen ayant fondu.
Dans un contexte où le Néerlandais compte encore 36 points de retard sur Norris avec encore quatre GP à disputer et 116 points à distribuer, le clan Verstappen a visiblement décidé de faire feu de tout bois. Et c'est son père Jos, ancien pilote de F1, qui s'est chargé de jouer les voltigeurs avant l'épreuve d'Interlagos ce week-end.
Dans le journal néerlandais De Telegraaf, Jos Verstappen tente ainsi – plus ou moins finement – de verser dans la guerre psychologique : "Je trouve assez étrange ce qui se passe chez McLaren. Piastri ne peut pas avoir soudainement oublié comment piloter, pas vrai ? Si j'étais lui, ou son manager, je taperais au moins une fois du poing sur la table en interne. Parce qu'actuellement, tout le monde se demande s'il peut supporter la pression, et ce n'est pas bon pour votre réputation. La réputation de Piastri dans ce cas-là."
De là à jouer sans le dire sur l'idée qu'il y aurait peut-être du vrai dans les théories qui circulent chez certains fans, que ce soit celles accusant McLaren d'un complot ou celles qui voient Piastri s'effondrer mentalement au moment d'aller chercher un premier titre mondial, il n'y a qu'un pas.
La méforme de Piastri
Oscar Piastri, McLaren
Photo by: Joe Portlock / LAT Images via Getty Images
Au-delà de ces théories, il est certain que Piastri est sur une série de week-ends difficiles, qui ont pourtant suivi une victoire qui le plaçait largement en tête du championnat puisqu'elle était intervenue le même jour que l'abandon sur problème moteur de Norris.
S'il avait déjà été derrière son équipier en rythme en Italie mais tout de même sur le podium, c'est surtout à partir de l'Azerbaïdjan, avec un accident en qualifications et un autre au premier tour en course (après avoir déjà volé le départ), que les choses ont sérieusement déraillé. À Singapour, un contact avec un Norris offensif lors du départ avait repoussé l'Australien hors du podium. Aux États-Unis, un accrochage l'éliminait – ainsi que Norris – au départ du sprint, avant qu'il ne connaisse une course peu enthousiasmante. À Mexico, enfin, il a été à la peine sur un circuit où l'adhérence était faible.
Alors est-ce la preuve que McLaren est délibérément en train de saboter les chances de son pilote ? Cette fois, Verstappen se montre moins subtil : "Cela peut sembler évident à première vue", lance-t-il, avant de toutefois reconnaître que comme la plupart de ceux qui soutiennent cette théorie, il n'a pas vraiment de quoi l'étayer : "Mais je n'ai aucune idée de ce qui se passe réellement."
Puis, l'ancien pilote Benetton ou Arrows d'ajouter : "Si j'étais Piastri, malgré tout, je me débattrais pour défendre mes intérêts. Tout le monde pensait qu'il allait devenir champion, mais cette perception a très vite changé."
Depuis 2023, McLaren a clairement établi un statut égal entre ses pilotes, de sorte que l'année dernière par exemple, elle ne s'était résolue que très tardivement à avantager un Norris pourtant largement devant Piastri au classement pilotes dans sa tentative de battre Verstappen pour le titre mondial. Cette année, l'écurie a tenté de maintenir une équité aussi parfaite que possible, quitte notamment à intervenir sur les positions en piste à Monza, où Norris avait perdu sa seconde place sur une erreur au stand de l'écurie après avoir accepté que son équipier rentre le premier.
Dans une interview à paraître dans le prochain numéro d'Autosport, le PDG de McLaren, Zak Brown, déclare : "Même s'il y a un million de suggestions différentes sur la façon dont nous devrions gérer notre équipe, nous allons nous en tenir à nos valeurs."
"Nous allons rester fidèles à nos principes de course, qui sont que nous sommes des compétiteurs et nous allons nous battre âprement, et nous allons aller jusqu'au bout. Et nos deux pilotes vont se serrer la main et, avec un peu de chance, nous finirons premier et deuxième. C'est ce pour quoi on pousse, afin d'être dans une situation où nous les laissons décider [sur la piste] qui est premier et qui est deuxième."
Avec Erwin Jaeggi et Stuart Codling
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