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Komatsu répond à Steiner sur "l'erreur" commise par Haas F1

Le directeur de Haas F1, Ayao Komatsu, a répondu aux commentaires de son prédécesseur, Günther Steiner, selon lequel l'équipe aurait minimisé les attentes à l'intersaison alors qu'elle savait disposer d'une bonne voiture.

Ayao Komatsu, Team Principal, Haas F1 Team

La semaine passée, l'ancien directeur de Haas F1, Günther Steiner, avait déclaré qu'avant son départ, les données récoltées en soufflerie suggéraient que la VF-24 serait une monoplace assez compétitive. Il estimait dans ce contexte que la structure, dirigée depuis son départ par Ayao Komatsu, avait eu tort d'adopter une approche ultra prudente dans sa communication.

Le début de saison a finalement été bien meilleur qu'attendu initialement, après des essais hivernaux très studieux, l'équipe atteignant la Q3 lors de la manche d'ouverture et inscrivant des points lors des deux épreuves suivantes, pointant avant Suzuka à la septième place chez les constructeurs.

Interrogé sur les déclarations de son ancien patron, Komatsu assure que son écurie ne pouvait pas prévoir le potentiel constaté en piste, notamment en ignorant l'ampleur des avancées de la concurrence : "Je connaissais [les gains] qui étaient les nôtres. Mais il me fallait supposer que tous les autres trouvent au moins la même chose, voire plus, car je sais à quel point nous avons commencé tard. Je suis bien placé pour savoir que nous nous sommes arrêtés pendant deux mois pour permettre les évolutions apportées à Austin."

Il ne s'agit pas de raconter des conneries, de créer un écran de fumée ou quoi que ce soit d'autre.

"Nous sommes la plus petite équipe, n'est-ce pas ? Ce n'est pas comme si nous avions une méthodologie plus avancée [que les équipes concurrentes]. Je suis sûr que tous les autres sont aussi intelligents que n'importe qui d'autre, en moyenne. C'est donc ma base de référence. Il ne s'agit pas de raconter des conneries, de créer un écran de fumée ou quoi que ce soit d'autre. C'était mon attente de la réalité."

"Et connaissant ce chiffre, je suis désolé, mais ce n'est pas un gros chiffre. Je n'aurais donc jamais pu penser que ce serait suffisant pour la septième place. C'était impossible. Comment imaginer qu'Alpine en soit là ? Vous l'auriez prédit ? Non. Vous ne pouvez donc pas compter sur le fait que quelqu'un va mal faire les choses, vous devez supposer qu'ils font du bon travail."

Le Japonais reconnaît aussi avoir adopté un discours pessimiste moins pour l'extérieur que pour protéger les membres de l'équipe d'une trop grande déception si les résultats n'étaient pas au rendez-vous : "En interne aussi, je ne veux pas que mes collaborateurs voient la voiture en dixième place à Bahreïn, qu'ils soient déprimés et qu'ils se découragent. Je voulais juste leur dire : 'Vous savez ce que vous faites, vous n'avez pas eu assez de temps pour rendre la voiture suffisamment performante, ce n'est pas de votre faute si nous sommes P10 à Bahreïn'."

Nico Hülkenberg au volant de la Haas VF-24 à Melbourne.

Nico Hülkenberg au volant de la Haas VF-24 à Melbourne.

Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

"C'est le message interne que je voulais faire passer. Je devais préparer mes troupes à ce que, si nous étions derniers à Bahreïn, elles ne soient pas déprimées pour autant. Elles avaient alors la possibilité de se dire : 'Bon, c'est là que tout commence, c'est à partir de là qu'on va s'améliorer'. C'est donc un message plus interne, si vous voulez, mais ce n'est pas un écran de fumée. Sérieusement, c'est ce à quoi je m'attendais."

Komatsu a concédé que les essais de Bahreïn avaient montré que la VF-24 avait du potentiel, malgré l'accent mis sur la gestion des pneus plutôt que sur les performances : "Lors des essais de pré-saison, après le premier et le deuxième jour, en regardant notre rythme sur les longs relais, je me suis dit que nous pourrions peut-être nous battre contre deux ou trois autres équipes. Je ne savais pas exactement jusqu'où, mais quelque part autour de P8, P7."

"Mais oui, je ne l'ai découvert qu'une fois que nous avons commencé à rouler. Également, en termes, disons, d'appui que nous générons avec la voiture, c'est très différent de ce qu'indique la soufflerie. C'est un problème en soi. Mais c'est aussi une bonne surprise. Aurais-je pu le prédire en regardant les chiffres de la soufflerie ? Pas du tout."

Quand il lui est demandé si la voiture produit donc plus d'appui qu'attendu, il répond : "Je n'ai pas vraiment envie d'entrer dans les détails. Mais ce n'est pas comme ça. Ce n'est pas linéaire. Au vu de certaines caractéristiques que nous voyons sur la piste - elle peut ne pas être excellente, disons, en termes de chiffres simples, de chiffres absolus, de chiffres clés, devrais-je dire - [...] elle est beaucoup plus 'utilisable', de sorte que le pilote peut en extraire [la performance]."

"Si vous avez une monoplace pointue, le pilote peut atteindre la limite une fois de temps en temps. Mais si vous avez, disons, une voiture docile... D'accord, les performances absolues sont moindres, mais neuf fois sur dix, il peut les atteindre. Si vous envisagez une course de 305 km, quelle F1 voulez-vous ? Bien sûr, vous voulez une F1 docile. Et si celle de cette année n'a pas été conçue ainsi à dessein, certaines parties de nous ont permis d'obtenir cette voiture docile. C'est pourquoi les pilotes peuvent prendre confiance en elle. Encore une fois, si quelqu'un peut dire cela à partir de la soufflerie, c'est incroyable."

Avec Adam Cooper

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