Pourquoi les commissaires n'ont pas été tendres avec Leclerc
Charles Leclerc a écopé d'une lourde pénalité après le Grand Prix de Miami, pour une série de court-circuitages consécutifs à son tête-à-queue du dernier tour.
Photo de: Sona Maleterova / Getty Images
Les 20 secondes de pénalité reçues par Charles Leclerc après le Grand Prix de Miami 2026 - qui sont en réalité une conversion d'un drive-through non exécuté infligé par les commissaires - constituent une sanction particulièrement lourde dans la F1 contemporaine.
Pour rappel, le Monégasque a été pénalisé pour de multiples passages hors piste. Ces passages faisaient suite à un tête-à-queue que le pilote Ferrari avait subi dans le virage 3, au terme duquel, s'il avait réussi à se remettre dans le sens de la marche, il avait percuté le mur sur la gauche.
Les dégâts étaient donc limités par rapport à ce qu'ils auraient pu être mais pas suffisamment pour que la SF-26 soit totalement opérationnelle. Des dommages sur les roues et les suspensions à gauche ont rendu la monoplace de Leclerc difficile à manœuvrer dans les virages à droite.
Cependant, en dépit de l'incident et des dégâts, Leclerc s'est au bout du compte retrouvé en position de lutter pour conserver sa quatrième place. En effet, il a fallu attendre le dernier freinage pour que George Russell le dépasse puis le dernier virage pour que Max Verstappen prenne l'avantage.
Il faut dire que, comme les commissaires ont pu l'apprécier eux-mêmes, Leclerc a copieusement coupé plusieurs virages (les virages 4, 8, 11 et 15) pour ce faire, comme l'a montré une compilation publiée par la Formule 1 sur les réseaux sociaux.
Pour rappel, voici comment les commissaires ont justifié leur décision : "La voiture 16 a fait un tête-à-queue dans le dernier tour au virage 3 et a percuté le mur mais a continué en piste. Le pilote nous a informés que la voiture semblait en bon état, même si elle ne négociait pas les virages sur la droite correctement."
"En raison de ce problème, il a été contraint de couper les chicanes jusqu'au drapeau à damier. Nous avons déterminé que le fait qu'il ait dû couper les chicanes (et donc quitter la piste) signifie qu'il a obtenu un avantage dont il a profité en quittant la piste de cette façon."
"Le fait qu'il avait un problème mécanique, quelle qu'en soit la sorte, n'est pas une raison justifiable. Nous imposons donc un drive-through à la voiture 16, en raison du nombre de fois où la voiture a quitté la piste et obtenu un avantage."
Si le premier passage hors piste (virage 4) peut sans doute se justifier par l'incident qui a eu lieu juste avant et ne semble pas vraiment permettre à Leclerc de gagner du temps, les trois autres sont en revanche plus suspects, en particulier les deux derniers (virages 11 et 15) sur lesquels le Monégasque gagne indéniablement du temps, même si dans les faits sa voiture est tellement abîmée qu'il subit une hémorragie face à ses rivaux.
C'est ce temps gagné qui lui a permis d'être encore en lutte avec Russell et Verstappen en toute fin de tour et, même s'il n'a pas pu en profiter en maintenant sa place, il s'est effectivement rendu coupable d'avoir tiré un avantage de ses multiples sorties de piste.
Le débat pourra toujours s'orienter sur la sévérité de la pénalité, ici plus ou moins corrélée au nombre d'infractions, ou sur le fait que Leclerc pouvait avoir une "raison justifiable" de quitter la piste comme il l'a fait, ce qui a toutefois été écarté par les commissaires.
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