Analyse
Formule 1 GP de Singapour
Pourquoi ses expériences extrêmes n'ont pas sauvé Ferrari à Singapour
Charles Leclerc espérait que Singapour serait l'occasion de trouver une forme de rédemption pour Ferrari, mais sur ce circuit difficile, la SF-25 a de nouveau déçu avec ses problèmes chroniques et sa plage de réglages trop faible.

Gianluca D'Alessandro
Mis à jour: 8 oct. 2025, 14:12
Copier le lien
Partager sur Viber
Ajouter comme source privilégiée

Photo de : Shameem Fahath / Motorsport Network
Il y a quelques semaines, Charles Leclerc considérait Singapour comme l'une des rares courses restantes de la saison 2025 où il espérait que Ferrari pourrait parvenir à briller dans une saison jusqu'ici décevante. Au vu des dernières courses toutefois, le Monégasque avait déjà revu ses attentes à la baisse avant le week-end. La réalité s'est avérée plus douloureuse encore.
Il était assez logique qu'après les déceptions accumulées lors des manches précédentes, personne au sein de la Scuderia ne souhaitait nourrir d'excessifs espoirs en vue de Singapour. En même temps, on savait que le circuit de Marina Bay pourrait être de nature à mettre en évidence les faiblesses de la SF-25 : les caractéristiques de cette piste impliquaient que Ferrari devait exceller précisément dans les domaines où elle a connu des difficultés tout au long de l'année 2025.
Les virages lents, en particulier ceux qui se prolongent et qui exigent une grande précision du train avant, ont souvent mis la SF-25 à rude épreuve, provoquant le sous-virage chronique que Leclerc et Lewis Hamilton détestent. L'espoir pour Singapour était que la nature homogène des virages réduirait l'ampleur des compromis nécessaires et atténuerait les limites inhérentes à la voiture.
Pas de miracle à Singapour
Lewis Hamilton devant Charles Leclerc à Singapour.
Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
Mais cet espoir s'est rapidement évanoui. La journée de vendredi s'est transformée en une longue journée de test, avec des changements constants de réglages entre et pendant les séances. Leclerc lui-même a admis que Ferrari avait été contrainte d'apporter des modifications radicales à la voiture, notamment en ce qui concerne la hauteur de caisse.
La SF-25 donne le meilleur d'elle-même lorsque la hauteur de caisse est la plus basse possible, mais à Singapour, toutes les équipes sont obligées de relever leurs voitures car la nature du circuit urbain et ses bosses incessantes exigent une marge de sécurité plus importante. Il y avait toutefois une logique à expérimenter ici, non seulement pour explorer ces limites, mais aussi parce que certaines portions de la piste, après avoir été resurfacées, offraient un asphalte plus lisse.
Il est clair que l'augmentation de la hauteur de caisse a joué un rôle dans les difficultés rencontrées par Ferrari, mais celles-ci ne se limitent pas à ce seul facteur. Les nombreuses expériences menées vendredi ont porté sur les configurations aérodynamiques et mécaniques, toutes visant à trouver un équilibre capable de réduire le sous-virage et de rendre la SF-25 plus facile à piloter.
Compromis et expériences de dernière minute
Lewis Hamilton (Ferrari)
Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images
La décision d'utiliser un aileron arrière produisant légèrement moins d'appui aérodynamique plutôt que la version produisant un appui maximal s'inscrivait également dans cette logique. En termes de vitesse pure, la différence entre les deux configurations n'était pas particulièrement significative, car les lignes droites à Singapour sont relativement courtes et n'ont pas d'impact décisif sur le temps au tour. Le problème sous-jacent, cependant, est qu'il faut encore trouver un compromis, un équilibre entre les deux extrémités de la voiture.
Il est essentiel pour la confiance sur un circuit urbain et pour faire pivoter la voiture d'avoir un avant précis, mais en même temps, il est crucial de préserver le train arrière. Sur un circuit comportant autant de zones de traction, la dégradation thermique a une incidence beaucoup plus importante que l'usure des pneus à proprement parler. C'est l'une des raisons qui ont conduit Leclerc à tenter d'autres expériences – qu'il a lui-même qualifiées de "stupides" – en fin de Q3.
Comme le sous-virage chronique de la SF-25 compliquait l'entrée dans les virages, Leclerc a tenté une approche différente dans les derniers instants, en chargeant autant que possible l'avant de la voiture, même si cela rendait l'arrière encore plus nerveux : "J'avais beaucoup de sous-virage, mais pour je ne sais quelle raison, la voiture restait instable et imprévisible. Piloter avec du sous-virage n'est pas l'un de mes points forts."
Le choix d'opter pour un réglage plus survireur lors de sa dernière tentative en Q3 était principalement dû à ses préférences personnelles en matière de pilotage, Leclerc trouvant plus facile de gérer ce type d'équilibre que l'inverse. Le problème, comme il l'a expliqué, est que cette décision a eu un impact significatif : la SF-25 reste une voiture qui offre très peu de marge de manœuvre en matière de réglages.
Pneus trop froids, freins trop chauds
Charles Leclerc (Ferrari)
Photo de: Shameem Fahath / Motorsport Network
Il y a ensuite le problème des pneus. La SF-25 a souvent du mal à tirer le meilleur parti des composés plus tendres par rapport à ses rivales et, comme on a pu le constater lors de nombreux week-ends de course cette saison, parmi les top teams, les pilotes Ferrari sont ceux qui progressent le moins entre la deuxième et la troisième parties des qualifications, alors qu'il est crucial d'y gagner le dernier dixième de seconde. Le même schéma s'est répété à Singapour, au point que les temps au tour entre la Q1 et la Q3 étaient similaires.
Dès le premier virage, la SF-25 a montré qu'elle avait du mal à faire monter ses pneus en température. Ce problème a également affecté le second secteur, où les pilotes ont eu du mal à faire pivoter la voiture et à trouver de la traction en sortie. Le temps perdu dans la voie des stands n'a pas aidé non plus, car il est alors difficile de récupérer la température des pneus avant, mais il s'agit là d'une faiblesse chronique.
Les problèmes de freins, une constante cette saison, sont devenus encore plus évidents à Singapour, dès les séances d'essais. Les deux pilotes Ferrari ont dû gérer les freins à différents moments de la course. À partir du huitième tour, Leclerc a notamment souffert d'un déséquilibre de température entre les freins arrière droit et gauche, une anomalie qui, au fil des tours, s'est étendue au train avant. Les freins avant de Hamilton ont quant à eux complètement lâché dans les derniers tours.
C'est un problème auquel Ferrari est confronté depuis un certain temps, mais à Singapour, il s'est manifesté de manière plus extrême, en raison de la succession de zones de freinage intense et du peu de lignes droites disponibles pour refroidir les freins. Le fait que cela ait affecté les deux voitures confirme qu'il y a un problème dans la configuration des freins et dans les choix de design faits pour que la voiture fonctionne correctement, mais à Marina Bay, ces faiblesses sont devenues encore plus flagrantes.
Lire aussi :
Formule 1Il y a 25 ans : Michael Schumacher mettait fin à la disette de Ferrari
Formule 1Leclerc : "Ça va être compliqué pour la fin de la saison"
Formule 1Alonso furieux contre Hamilton, pénalisé par les commissaires
Votre avis nous intéresse !
Qu'aimeriez-vous voir sur Motorsport.com ?
Répondez à notre enquête en 5 minutes.
- L'équipe Motorsport.com
Lire et poster des commentaires
Lire aussi :
Partager ou sauvegarder cet article
Copier le lien
Partager sur Viber
Article précédent Leclerc : "Ça va être compliqué pour la fin de la saison"
Article suivant Sainz tacle la réalisation TV de la F1 après le GP de Singapour
Meilleurs commentaires
Il n'y a pas de commentaire pour le moment. Souhaitez-vous en écrire un ?
Voir plus & commenter

Plus de
Gianluca D'Alessandro

Mercedes explique pourquoi ses évolutions ont compliqué le pilotage de sa F1
Formule 1
Formule 1
GP de Singapour
11 j
Mercedes explique pourquoi ses évolutions ont compliqué le pilotage de sa F1

Pourquoi la victoire d'Antonelli n'est pas qu'une histoire de chance
Formule 1
Formule 1
GP d'Espagne
1 m
Pourquoi la victoire d'Antonelli n'est pas qu'une histoire de chance

Derrière la pole de Gasly, un aileron arrière ressuscité par Alpine
Formule 1
Formule 1
GP d'Italie
1 m
Derrière la pole de Gasly, un aileron arrière ressuscité par Alpine

Plus de
Lewis Hamilton

Hamilton se voit encore en F1 à 44 ans : "Je suis différent"
Formule 1
Formule 1
GP de Mexico
13 h
Hamilton se voit encore en F1 à 44 ans : "Je suis différent"

Pourquoi Ferrari n'a pas répondu aux attentes en qualifications à Austin
Formule 1
Formule 1
GP des États-Unis
5 j
Pourquoi Ferrari n'a pas répondu aux attentes en qualifications à Austin

Pourquoi Ferrari teste des évolutions qui rapportent "moins d'un dixième"
Formule 1
Formule 1
GP des États-Unis
7 j
Pourquoi Ferrari teste des évolutions qui rapportent "moins d'un dixième"

Plus de
Ferrari

EL2 - Un vendredi parfait pour Leclerc, McLaren en difficulté
Formule 1
Formule 1
GP des États-Unis
7 j
EL2 - Un vendredi parfait pour Leclerc, McLaren en difficulté

EL1 - Leclerc devance Verstappen à Austin
Formule 1
Formule 1
GP des États-Unis
7 j
EL1 - Leclerc devance Verstappen à Austin

Hamilton : Antonelli "mérite d'être champion du monde"
Formule 1
Formule 1
GP des États-Unis
7 j
Hamilton : Antonelli "mérite d'être champion du monde"
Dernières actus

Jorge Martin déclare forfait pour le GP de Malaisie, ses espoirs de titre MotoGP compromis
MotoGP
MGP MotoGP
GP de Malaisie
2 min
Jorge Martin déclare forfait pour le GP de Malaisie, ses espoirs de titre MotoGP compromis

Jorge Martin admet que le titre MotoGP 2026 est "déjà perdu" après son forfait au GP de Malaisie
MotoGP
MGP MotoGP
GP de Malaisie
8 min
Jorge Martin admet que le titre MotoGP 2026 est "déjà perdu" après son forfait au GP de Malaisie

Max Verstappen et Liam Lawson pénalisés sur la grille du GP du Mexique après leur accrochage en essais libres
Formule 1
F1 Formule 1
GP de Mexico
16 min
Max Verstappen et Liam Lawson pénalisés sur la grille du GP du Mexique après leur accrochage en essais libres

Álex Márquez décroche la pole devant Marc Márquez, Jorge Martin forfait
MotoGP
MGP MotoGP
GP de Malaisie
28 min
Álex Márquez décroche la pole devant Marc Márquez, Jorge Martin forfait
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Vous avez deux options :
- Abonnez-vous.
- Désactivez votre bloqueur de publicité.
Abonnez-vous ! Vous êtes déjà abonné ? Identifiez-vous ici
Votre bloqueur de publicité est désactivé ?
Rechargez la page.
Gérer les alertes
S'inscrire