Pourquoi Red Bull a besoin d'être challengée par Max Verstappen
Laurent Mekies, directeur de Red Bull estime que les moments de confrontation, où les décisions de l'équipe et les retours de Max Verstappen s'entrechoquent, sont indispensables à la progression de l'écurie.
Photo de : Mark Thompson / Getty Images
Red Bull a décroché son premier podium de la saison à Montréal, alors que la journée du samedi ne laissait pas vraiment entrevoir un tel résultat. Max Verstappen n'avait signé que le sixième temps des qualifications et s'était montré critique après coup, notamment auprès des médias néerlandais dans le paddock.
Le lendemain, le tableau s'est avéré plus positif que prévu, même si le quadruple champion du monde a tenu à rappeler que ce résultat au Canada ne reflétait pas totalement la hiérarchie réelle des performances.
"Pour être honnête, je me sentais mieux à Miami avec la voiture", a expliqué Verstappen. "Donc je suis un peu surpris d'être sur le podium ici. Mais il faut aussi prendre en compte l'abandon de George [Russell] et les erreurs stratégiques des McLaren."
Néanmoins, le directeur de l'équipe, Laurent Mekies, considère ce résultat sur le circuit Gilles-Villeneuve comme une confirmation des progrès réalisés par Red Bull depuis Miami : "La vision globale, c'est qu'on a au minimum confirmé le pas en avant de Miami. Je pense même qu'on a fait un peu plus, dans le sens où on a réussi à reprendre un peu de performance aux équipes de tête."
Mekies avait déjà indiqué que les progrès ne seraient pas linéaires au cours de la saison, et cela vaut également pour les week-ends de course. "On ne fait pas des week-ends simples ici", a-t-il plaisanté.
Après les qualifications samedi, Max Verstappen estimait que Red Bull n'avait pas suffisamment pris en compte ses retours concernant la direction de réglages privilégiée. Il a finalement suivi le choix de l'équipe, en partie pour démontrer qu'il ne fonctionnerait pas. "Je l'ai déjà signalé tellement de fois, mais parfois il faut les laisser se rendre compte par eux-mêmes que ça ne fonctionne pas", avait déclaré le pilote.
Red Bull continuera à prendre des risques avec les réglages
Interrogé par Motorsport.com sur ces déclarations, Laurent Mekies a expliqué que l'expérimentation des directions de réglages faisait partie intégrante de l'ADN de Red Bull, et que l'équipe n'avait aucune intention d'y renoncer.
"Nous prenons des risques chaque fois que nous ne sentons pas que nous sommes au bon équilibre ou au bon écart avec la concurrence. Et quand on prend ce type de risques, on explore des directions de réglages."
Mekies a insisté sur le fait que cette approche est particulièrement importante au début d'un nouveau cycle réglementaire, les équipes étant encore en phase d'apprentissage de leurs nouvelles monoplaces.
"Ce n'est que le début de la saison, et le début de cette génération de voitures. Nous allons essayer des choses avec nos pilotes pour débloquer du potentiel, même si cela peut nous coûter quelque chose."
"Et ensuite, on apprend. On apprend pour les conditions de qualification et pour les conditions de course. Il y a eu beaucoup d'enseignements ce week-end. À quel point étions-nous proches du potentiel ultime de la voiture ? Personne ne le sait vraiment."
Max Verstappen a obtenu gain de cause auprès de Red Bull au sujet des réglages de la RB22 à Montréal.
Photo de: Mark Sutton / Formula 1 via Getty Images
Cela dit, il existe différentes façons de prendre des risques. Par le passé, Red Bull avait tendance à suivre davantage la direction préférée de Verstappen. Ce week-end a-t-il marqué un changement sur ce point ? "Absolument pas", a répondu fermement Mekies.
"Même si cela a pu en donner l'impression, la réalité est que nos pilotes sont totalement intégrés dans les choix que nous faisons. Cela ne veut pas dire qu'on ne joue pas un peu à se demander 'qu'est-ce que tu en penses'. Mais au final, on se met d'accord sur ce qu'on teste. Et ensuite, parfois, il y a un peu de jeu du type 'je te l'avais dit'."
C'était clairement le cas à Montréal après les qualifications, mais selon Mekies, ce type de dynamique est précisément nécessaire pour progresser : "Nous apprenons ensemble. Et ce qui est clair, c'est que les deux parties sont conscientes qu'il faut cette dynamique, ce sentiment de 'je te l'avais dit' parfois, pour avancer."
Mekies a conclu en rappelant que prendre des risques implique inévitablement des conséquences : "Quand on prend des risques, on s'expose à des difficultés. Et c'est justement en obtenant ce type de ressenti des pilotes, en les entendant nous dire qu'ils ne sont peut-être qu'à quatre ou cinq dixièmes des meilleures voitures, mais que la voiture peut sembler bien meilleure que ça, que cela nous pousse à continuer à prendre des risques et à explorer."
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