Passer au contenu principal

Recommandé pour vous

Bezzecchi n'a pas résisté à Martín : "Je n'ai pas voulu risquer de tout gâcher"

MotoGP
GP de France
Bezzecchi n'a pas résisté à Martín : "Je n'ai pas voulu risquer de tout gâcher"

Zarco et Miller se retrouveront aux 8 Heures de Suzuka cet été

MotoGP
Zarco et Miller se retrouveront aux 8 Heures de Suzuka cet été

Ai Ogura marque les esprits en décrochant son premier podium en MotoGP

MotoGP
GP de France
Ai Ogura marque les esprits en décrochant son premier podium en MotoGP

Malthe Jakobsen se blâme pour l'abandon de la Peugeot: "J'aurais dû l'éviter"

WEC
6 Heures de Spa-Francorchamps
Malthe Jakobsen se blâme pour l'abandon de la Peugeot: "J'aurais dû l'éviter"

Un rallye presque parfait et une crevaison "difficile à accepter" pour Sébastien Ogier

WRC
Rallye du Portugal
Un rallye presque parfait et une crevaison "difficile à accepter" pour Sébastien Ogier

La FIA d'accord avec la F1 : "On ne peut pas être otages des constructeurs automobiles"

Formule 1
La FIA d'accord avec la F1 : "On ne peut pas être otages des constructeurs automobiles"

Joan Mir a reçu des points de suture après sa chute en course

MotoGP
GP de France
Joan Mir a reçu des points de suture après sa chute en course

La rédemption de Jorge Martín : "Je suis reconnaissant pour tout ce qui m'est arrivé"

MotoGP
GP de France
La rédemption de Jorge Martín : "Je suis reconnaissant pour tout ce qui m'est arrivé"
Analyse

Pourquoi l'alliance Red Bull-Honda ne pouvait pas être sauvée

La relation entre Red Bull Racing et Honda prendra fin après la saison 2025. Koji Watanabe et Christian Horner sont revenus sur les raisons de cette décision.

Un logo Honda sur une Red Bull

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

30 juin 2019. Cette date semble être bien lointaine dans le monde en perpétuel mouvement de la Formule 1. Mercedes dominait alors la discipline et Max Verstappen ne comptait aucun titre mondial à son palmarès. Des équipes comme Red Bull devaient se contenter des miettes, ce qui limitait alors le palmarès du Néerlandais à cinq victoires. La sixième arriva à Spielberg, en Autriche, et il s'agissait de la première victoire de Red Bull avec Honda.

Lors des célébrations sur le podium, Verstappen a ostensiblement pointé le logo Honda sur sa combinaison. Un geste chargé d'émotion pour les employés de la marque japonaise qui se tenaient alors sous le podium. Après l'échec de la relation avec McLaren et les traces laissées par le fameux "moteur de GP2", cette journée dans les montagnes autrichiennes fut une confirmation très attendue par Honda de sa capacité à tenir ses promesses en F1 - et de la reconnaissance qu'elle en recevrait. "J'étais là. C'était un moment très spécial pour moi", a déclaré des années plus tard le président du HRC, Koji Watanabe, à Motorsport.com.

En 2025, le monde semble très différent. Le contraste pourrait difficilement être plus grand. Verstappen compte quatre titres mondiaux et 63 victoires en course à son actif, tandis que Honda s'est (à nouveau) imposé comme un motoriste respecté en Formule 1. La marque japonaise est un ingrédient clé de la deuxième période de succès de Red Bull, après les titres précédents acquis avec Sebastian Vettel et Renault. Un partenariat fructueux, mais qui prendra fin à l'issue de la saison à venir. Red Bull va prendre son destin en main avec Red Bull Powertrains-Ford, tandis que Honda s'associera à Aston Martin à partir de 2026.

Lire aussi :

Le plan initial de Red Bull

"De notre côté, c'est un peu malheureux la manière dont cela a fini, bien sûr", avait déclaré Max Verstappen lors du Grand Prix de Monaco 2023. Pour comprendre ses propos et répondre à la question du pourquoi Honda et Red Bull ne peuvent pas prolonger leur relation, il faut revenir au 2 octobre 2020. C'est le jour où Honda a officiellement annoncé son départ de la Formule 1 après la saison 2021. La compagnie affirmait qu'elle était pleinement engagée dans l'électrification et craignait les conséquences économiques de la crise mondiale du COVID. "Honda doit diriger ses ressources vers la recherche et le développement de la future unité de puissance et des technologies de l'énergie", pouvait-on lire dans un communiqué à l'époque. La F1 et ses dépenses n'entraient plus dans ce cadre.

Ce fut un choc pour beaucoup dans le paddock, y compris pour Red Bull. "Je crois beaucoup au destin. C'est pendant le COVID que Honda a décidé de se retirer, ce qui nous a laissé le choix", a déclaré Christian Horner à un groupe de médias triés sur le volet, dont Motorsport.com. "Nous n'aurions pas eu de moteur Mercedes et Ferrari, nous n'étions pas sûrs du nombre de cylindres que nous obtiendrions ! En ce qui concerne Renault, nous étions déjà passés par là, revenir en arrière ne nous semblait pas approprié. C'est comme si on nous avait forcé la main en nous disant 'OK, prenons une décision'."

Néanmoins, Horner reconnaît qu'une autre option était sur la table : "Initialement, la décision était de profiter de la propriété intellectuelle de Honda et de construire, reconstruire et entretenir le moteur homologué jusqu'à la fin de sa vie." Cependant, cela s'est avéré plus compliqué que prévu pour Red Bull et Honda : "Après avoir exploré cette possibilité, la situation est devenue de plus en plus complexe, car le processus ne se limite pas à la construction de moteurs, il va bien au-delà, avec la chaîne d'approvisionnement, etc."

Une option plus réaliste était un accord payant entre Honda et Red Bull jusqu'à la fin de l'année 2025. Honda devait fournir une assistance technique, mais ça ne s'est finalement pas arrêté là. Tous les moteurs de Red Bull Racing et de Racing Bulls proviennent toujours du Japon et Helmut Marko a révélé que seul le personnel de Honda était autorisé à y toucher en cas de problème. "Nous avions annoncé arrêter nos activités en Formule 1, mais après discussion avec Red Bull, ils ont souhaité que nous les maintenions. C'est pourquoi depuis, nous sommes devenus une sorte de support technique. En fait, nous nous occupons encore de tout ce qui concerne l'unité de puissance", explique Watanabe à Motorsport.com.

"Nous sommes un client de Honda. Nous payons les moteurs par l'intermédiaire d'une entité distincte de Red Bull Powertrains", précise Horner. "C'est une excellente relation et ils continuent à fournir un excellent service pour lequel nous payons afin de disposer de moteurs pour les quatre voitures."

Pourquoi Red Bull et Honda ont discuté de 2026

Si la contribution au projet Red Bull jusqu'en 2025 était une première étape, Honda en a franchi une autre par la suite. Les effets financiers de la crise COVID n'ayant pas été aussi dramatiques que prévu et la réglementation 2026 allant dans la bonne direction selon la marque Honda, cette dernière a donc décidé de revenir officiellement en F1. "Du point de vue de Honda, la nouvelle réglementation de la F1 pour 2026 avec le moteur à combustion à 50% et la partie électrique à 50% est très attrayante à la fois pour Honda et Honda Racing, ma société", explique Watanabe. "L'orientation vers un carburant neutre en carbone est également excellente pour nous, c'est pourquoi nous avons décidé de revenir officiellement en Formule 1."

Après sa décision de revenir, Honda a commencé à discuter de 2026 avec Red Bull, Helmut Marko s'étant notamment rendu au Japon. "Mais lorsque nous nous sommes retirés de la Formule 1, Red Bull a décidé de créer sa propre société de moteurs. C'est pourquoi il n'y avait plus de place pour une collaboration", se souvient Watanabe. Lorsque Honda a changé d'avis, Red Bull avait déjà investi des millions dans son propre projet Powertrains. Pour éviter de gaspiller de l'argent, il était impossible de revenir en arrière, comme le soulignait également Verstappen : "Il y a quelques années, ils ont dit 'nous allons arrêter', alors Red Bull a créé son propre département moteur et puis, à un moment donné, ils ont dit 'non, nous continuons'. Malheureusement, lorsque vous êtes déjà en train de concevoir tout un moteur vous-même, vous ne pouvez plus vraiment travailler ensemble."

Lire aussi :

Un détail intéressant, cependant, est que Honda et Red Bull ont discuté d'une autre option pour 2026. "Lors de nos conversations régulières, nous avons évoqué la possibilité que Red Bull construise elle-même le moteur à combustion interne et que nous nous occupions des pièces électriques", révèle Watanabe. "Mais ce n'est pas si facile. Cela n'aurait pas été simple du tout s'ils n'avaient fait que le moteur à combustion interne et que nous nous étions occupés des parties électriques. En fin de compte, nous avons constaté qu'il était impossible de collaborer dans ces conditions."

L'option envisagée était trop risquée pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il aurait été risqué de combiner un moteur à combustion interne produit au Royaume-Uni avec des pièces électriques provenant du Japon, sans compter la complexité de travailler à deux endroits différents du globe. De plus, aucune des deux parties n'aurait eu le plein contrôle sur le produit final. Par exemple, si le moteur à combustion ne donnait pas satisfaction, cela se serait répercuté indirectement sur Honda, alors que les ingénieurs japonais n'auraient eu aucune influence sur ce moteur.

Plusieurs équipes ont approché Honda

Au final, les deux marques prendront des chemins séparés en 2026. Honda a choisi de travailler avec Aston Martin, bien que Watanabe révèle que plusieurs équipes ont manifesté leur intérêt. "Dans la première partie du processus, il n'y a eu que des conversations entre Honda et Red Bull. Les discussions avec d'autres équipes ont commencé après notre enregistrement officiel auprès de la FIA pour 2026. C'était en novembre 2022. Après notre enregistrement en tant que fournisseur d'unités de puissance pour 2026, d'autres équipes nous ont contactés, car elles étaient intéressées par une collaboration avec Honda. Nous avons discuté avec ces parties et pris une décision." À la question de savoir combien d'équipes ont approché Honda, Watanabe répond : "Je ne peux pas vous donner le nombre exact, mais plusieurs. Avec certaines d'entre elles, nous n'avons eu qu'un seul contact et avec d'autres, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois."

Red Bull - avec Ford - va prendre son destin en main pour la première fois dans son histoire. C'est une tâche immense, mais Horner pense qu'elle offre aussi des opportunités. "Du point de vue de la protection de l'avenir, nous ne voulions pas nous retrouver dans la même situation qu'avec Honda, c'est-à-dire qu'en cas de changement de direction ou de décision des dirigeants comme quoi la F1 ne leur convenait plus, nous n'ayons plus de moteur. Avec cette voie, nous avons beaucoup plus de contrôle sur notre propre destin. L'investissement que nous avons fait, comme vous pouvez le voir, est à long terme. Il ne s'agit pas d'un engagement à court terme. Je pense qu'à part Ferrari, nous sommes la seule équipe à avoir tout intégré pour 2026 avec un même propriétaire sur un seul site. Et pour nous, c'est inestimable."

Horner est convaincu que cette voie peut apporter des avantages à long terme. "Je ne me fais pas d'illusions : il y aura des défis à relever en 2026 pour arriver avec un moteur compétitif face à Mercedes, Ferrari et Honda. Ce sont des constructeurs de grande envergure qui ont des dizaines d'années d'expérience. Nous avons trois ans d'expérience, mais nous avons beaucoup de passion. Nous avons des gens formidables, nous avons des installations, nous avons de très bons partenaires et nous avons l'attitude qui nous a si bien aidés à remporter les 122 victoires obtenues jusqu'à présent. Il serait très gratifiant d'ajouter à ce nombre des victoires avec un moteur conçu, construit et fabriqué ici, à Milton Keynes."

VIDÉO - Le nouveau trailer du film "F1"

Article précédent Williams annonce la signature d'un nouveau sponsor titre
Article suivant Alonso : "Je me sens toujours rapide et motivé"

Meilleurs commentaires

Dernières actus