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Red Bull "paie le prix" de sa lutte pour le titre 2025

Red Bull estime que le maintien du développement de sa voiture 2025 pour tenter d'arracher le titre mondial a porté préjudice au travail sur sa F1 2026.

Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images

Pour Laurent Mekies, Red Bull Racing subit en 2026 le contrecoup des efforts produits fin 2025 pour tenter d'aller chercher le titre avec Max Verstappen.

L'an passé, alors même que la campagne semblait bien mal embarquée pour le quadruple champion du monde, qui a accusé jusqu'à 104 points de retard sur la tête du championnat au retour de la trêve, une amélioration nette de la RB21 et de ses résultats ainsi qu'une série d'évènements heureux avaient fini par totalement relancer Verstappen dans la course au titre.

Toutefois, chez Red Bull, cet inversement de la tendance, qui a permis à l'écurie de rattraper voire dépasser McLaren en termes de performance, s'est visiblement fait au prix du sacrifice de ressources qui auraient pu être allouées à la campagne 2026, qui n'a pas démarré de la meilleure des façons.

Alors que la concurrence avait souvent fait le choix, parfois assez tôt, de figer le développement de sa F1 2025, Red Bull apportait de son côté son dernier package de nouveautés au Grand Prix de Mexico, fin octobre. 

La RB22 - qui dispose en sus d'une nouvelle unité de puissance maison conçue et fabriquée avec l'aide de Ford - répondant à la toute nouvelle réglementation n'a pour le moment pas apporté satisfaction, tant sur le plan des performances que du comportement.

À l'heure qu'il est, après trois Grands Prix, Red Bull pointe en sixième place du classement constructeurs, juste derrière Haas et Alpine, et est surtout déjà distancée par les écuries du top 3 (Mercedes, Ferrari et McLaren).

Laurent Mekies assume le choix de pousser le développement 2025 au maximum.

Laurent Mekies assume le choix de pousser le développement 2025 au maximum.

Photo de: Mark Thompson / Getty Images

Interrogé sur la décision de poursuivre aussi loin le développement de la RB21 dans le cadre du podcast Beyond The Grid de la Formule 1, Laurent Mekies a déclaré "C'était [une décision] facile parce que personne ne voulait abandonner."

"Nous pensions, et nous pensons toujours, que c'était la bonne décision, car nous avions le sentiment que passer à 2026 aurait été une échappatoire un peu trop facile et [que ça aurait été] une illusion de croire que l'année suivante serait meilleure, même si nous ne comprenions pas pleinement quelles étaient les limites de 2025."

Le temps et l'énergie que nous avons investis pour le sprint final de l'année dernière ont-ils eu un impact sur le point de départ de 2026 ? Bien sûr que oui.

"Nous ne pensions pas qu'il s'agissait de la bonne approche. Maintenant, bien sûr, le temps et l'énergie que nous avons investis pour le sprint final de l'année dernière ont-ils eu un impact sur le point de départ de 2026 ? Bien sûr que oui. Nous en payons donc un peu le prix aujourd'hui."

"Est-ce que nous nous en servons comme excuse ? Non. Nous ne sommes pas satisfaits de notre point de départ, mais nous pensons que nous surmonterons ces difficultés. Comme nous l'avons fait l'année dernière, nous allons bien cerner les limites. Et cette équipe a toujours très bien su redresser la barre, et nous avons une nouvelle chance de le faire cette année."

Bon pour le moral

À défaut d'avoir permis d'aller chercher le titre mondial, puisque Verstappen a échoué pour deux points face à Lando Norris, la fin de saison 2025 aura au moins, selon Mekies, permis de regonfler à bloc une écurie qui avait peu à peu perdu foi en sa capacité à jouer le championnat, avec six succès sur les neuf derniers Grands Prix.

"Ça m'a vraiment fait plaisir pour les filles et les gars de l'équipe, car ils avaient connu un début de saison très difficile l'année dernière", a souligné Mekies. "La voiture n'était pas à la hauteur de leurs attentes. La pression était forte."

"Et puis, en plein milieu de la saison, vous vous retrouvez avec un nouveau patron. Avec la nouvelle réglementation prévue pour 2026 et le nouveau projet de moteur, il y avait toutes les raisons du monde de dire : 'Bon, vous savez quoi, tournons la page. 2025 n'a pas marché. Concentrons-nous sur 2026.' Il aurait fallu être fou pour agir autrement, pour vouloir faire les choses différemment."

Max Verstappen avait connu un GP de Hongrie particulièrement difficile.

Max Verstappen avait connu un GP de Hongrie particulièrement difficile.

Photo de: Clive Rose / Formula 1 via Getty Images

"Et la vérité, c'est que personne ne voulait le faire à Milton Keynes. Personne ne voulait tourner la page. Ils voulaient tous aller au fond des choses concernant cette voiture 2025, comprendre ce qui n'avait pas fonctionné au niveau attendu, et redresser la barre. Et oui, ils savaient qu'il y aurait un prix à payer plus tard, mais c'est dire à quel point l'esprit combatif est ancré dans l'équipe."

"Donc, lorsqu'ils ont tous redoublé d'efforts pour essayer de comprendre ce qui nous limitait, pour essayer d'apporter des améliorations et des solutions afin de remédier aux problèmes que nous avions, en prenant un risque énorme ce faisant – la deuxième partie de l'année n'a pas été sans heurts."

"Nous avons remporté de nombreuses victoires, mais nous avons également connu des courses extrêmement douloureuses – je suis sûr que vous vous souvenez de Zandvoort ou de Budapest, ou peut-être du samedi au Brésil."

"Tous ces succès sont donc le fruit de l'incroyable esprit d'équipe qui régnait au sein de cette écurie, qui a refusé de baisser les bras. Tous ces succès sont le résultat des risques considérables que l'équipe a dû prendre en très peu de temps pour redresser la situation."

Avec Benjamin Vinel

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