Après la victoire de Monza, Red Bull peut-elle reconquérir Bakou ?
Max Verstappen a remporté une victoire surprise mais sans contestation à Monza. Mais en quoi la domination de Red Bull en Italie va-t-elle influencer les prochains Grands Prix F1, à commencer par celui d'Azerbaïdjan ?
Photo de : Mark Sutton / Formula 1 via Getty Images
Max Verstappen avait déclaré en Hongrie qu'il ne s'attendait pas à ce que Red Bull remporte un autre Grand Prix avant la fin de la saison 2025, mais la réalité n'a pas tardé à réprimer le pessimisme un brin exagéré du Néerlandais.
Ce dernier s'est imposé à Monza, et de façon dominatrice qui plus est. Il a même creusé un écart de près de 20 secondes sur le second, même si Lando Norris a déclaré en plaisantant lors de la conférence de presse d'après-course : "C'était 19, non ? Je ne veux pas qu'il y ait de désinformation !"
Plus sérieusement, le rythme supérieur de Red Bull à Monza a surpris beaucoup de monde dans le paddock, y compris McLaren. Cela soulève plusieurs questions : dans quelle mesure était-ce spécifique à Monza, et dans quelle mesure cette performance peut-elle donner de l'espoir à Verstappen pour les courses à venir ?
"Il y a beaucoup de choses que l'on fait uniquement pour Monza. On fabrique des ailerons uniquement pour Monza, on applique des réglages uniquement pour Monza ; l'année dernière, ça a été très difficile et les gars ont fait un travail incroyable en analysant la situation et en proposant des solutions très spécifiques", a répondu Laurent Mekies, directeur de l'écurie Red Bull.
"Donc, pour répondre à votre question, nous pensons que la plupart des éléments sont spécifiques à Monza, mais nous verrons à Bakou dans quelle mesure les enseignements tirés des nouvelles pièces [au niveau du plancher] et de la façon dont nous avons exploité la voiture peuvent être transposés à d'autres circuits."
Mekies a ainsi abordé deux points importants. En ce qui concerne la voiture elle-même, une partie de ses performances exceptionnelles était en effet spécifique au circuit. Non seulement Red Bull disposait d'un package à faible appui aérodynamique nettement amélioré, contrairement à l'année dernière, mais la RB21 est généralement plus performante sur des circuits comme Monza.
Un avis que partage d'ailleurs Verstappen : "Je pense que c'est encore un peu lié du circuit. À Monza, on roule avec peu d'appui aérodynamique. Il semble que notre voiture soit un peu plus compétitive lorsqu'elle a un appui aéro faible à moyen. Ce n'est pas comme si nous étions soudainement revenus au premier plan, et ce n'est pas comme si nous pouvions désormais nous battre [pour la victoire] à chaque week-end."
Cela dit, il convient de noter que Bakou, avec ses longues lignes droites, pourrait assez bien convenir à la Red Bull. Le circuit urbain présente un défi mitigé pour l'équipe : les longues sections de pleine charge devraient jouer en faveur de la RB21, mais Verstappen a répété que les tracés en ville et les bosses restaient deux faiblesses majeures.
Bakou présente donc à la fois des avantages et des inconvénients pour Red Bull, mais dans l'ensemble, le circuit devrait tout de même lui convenir. Ce n'est donc pas un hasard si Helmut Marko, avant même le Grand Prix d'Italie, désignait Bakou comme une opportunité potentielle de victoire. Le véritable test aura ensuite lieu à Singapour, un circuit qui, en théorie, conviendra beaucoup moins à la RB21.
Red Bull peut-elle appliquer la leçon de Monza à Bakou ?
Max Verstappen, Helmut Marko et Laurent Mekies.
Photo de: Mark Thompson / Getty Images
L'autre aspect évoqué par Mekies concernait la manière dont Red Bull a "exploité la voiture" à Monza. Cela renvoie à ce que l'équipe a décrit comme une "nouvelle philosophie" au cours du week-end du Grand Prix d'Italie, une philosophie que Red Bull espère poursuivre à Bakou et au-delà.
"Le point positif, c'est que nous semblons mieux comprendre ce que nous devons faire avec la voiture pour être plus compétitifs. J'espère donc que cela se poursuivra lors des prochaines courses, même si certains circuits seront un peu plus favorables que d'autres", a indiqué Verstappen.
Cette compréhension rejoint ce qu'a expliqué Marko à Monza : il s'agit parfois de moins se fier au simulateur et d'accorder davantage d'importance aux retours des pilotes.
"Notre approche est désormais la suivante : indépendamment de ce que nous indique le simulateur, nous combinons ces données avec l'expérience de Max et celle de nos ingénieurs", expliquait l'Autrichien de 82 ans. "L'ensemble de l'équipe technique est désormais beaucoup plus ouverte et discute des choses collectivement. Elle ne suit plus aveuglément ce que dit le simulateur."
Nous utilisons toujours tous les outils à notre disposition, mais en gardant leurs limites à l'esprit.
Pierre Waché joue toujours un rôle important au sein de l'équipe technique mentionnée par Marko, en qualité de directeur technique. Le Français reconnaît également que l'approche de Red Bull en matière de réglages de la voiture a légèrement changé après la pause estivale.
"Ça nous a donné une direction différente pour régler la voiture. On avait déjà trouvé cette direction à Zandvoort, mais c'était encore un niveau d'appui très différent, un niveau qui n'est pas très favorable pour nous. À Monza, nous l'avons encore optimisé, et je pense que nous verrons si cela fonctionne également sur d'autres circuits."
Lorsqu'il lui a été demandé si cela signifiait qu'il fallait moins se fier aux outils de simulation à l'avenir, Waché a répondu : "Eh bien, nous utilisons toujours tous les outils à notre disposition, mais en gardant leurs limites à l'esprit."
Si Red Bull parvient à trouver la bonne fenêtre d'exploitation de la RB21 sur d'autres circuits, l'équipe a de bonnes chances d'être plus compétitive, même si Waché ne s'attend pas à une réédition de ce qui s'est passé à Monza : "Il est clair qu'ils [McLaren] sont très rapides. Et ils sont toujours présents. Mais par rapport à l'année dernière, il était important pour nous de rebondir. L'an passé, nous avons énormément souffert à Monza."
Les difficultés rencontrées à Bakou en 2024 avaient été bien moins importantes qu'à Monza. À tel point que Sergio Pérez était en lice pour le podium jusqu'à son accrochage avec Carlos Sainz.
Sergio Pérez au volant de la Red Bull RB20 à Bakou en 2024.
Photo de: Simon Galloway / Motorsport Images
Compte tenu des performances de l'année dernière et de l'approche légèrement ajustée, Marko se montre prudemment optimiste avant le week-end prochain : "Pour Bakou [et] les circuits rapides, je suis très optimiste. J'ai de l'espoir pour Singapour, la seule course que nous n'avons pas remportée jusqu'ici [depuis 2022]. En temps normal, [nous avons du mal] sur les circuits lents, mais je crois désormais que tout est possible dans cette période."
Avant tout, Red Bull espère que les leçons tirées de Zandvoort et de Monza aideront à trouver plus souvent la fenêtre de réglages idéale pour la RB21, aussi petite soit-elle. Si l'équipe parvient à trouver le point de fonctionnement idoine de la voiture, peut-être ne sera-t-elle pas aussi en retrait que ce que d'aucuns craignaient, y compris en interne.
Le fait que cela se traduise par davantage de victoires dépendra tout de même du type de circuit et de ce que fera McLaren, mais cela pourrait au moins permettre à Red Bull d'être parfois en lice. Pas nécessairement avec une domination façon Monza, mais sur le bon circuit, un autre succès est loin d'être impossible, malgré les prévisions pessimistes de Verstappen avant la pause estivale.
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