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Désormais publics, les standards de pilotage divisent toujours les pilotes

Après la publication par la FIA des lignes directrices des commissaires sur les standards de pilotage, les pilotes interrogés sur le sujet à la veille du GP d'Autriche ont livré une vision partagée sur le sujet.

Fernando Alonso, Aston Martin Racing, Pierre Gasly, Alpine

Photo de : Zak Mauger / Motorsport Images via Getty Images

Voulant faire oeuvre de transparence et de pédagogie sur la façon dont les commissaires prennent leurs décisions lors des Grands Prix, la FIA a publié ce jeudi deux documents essentiels dans le travail des officiels confrontés à des incidents.

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D'un côté, l'on trouve la longue liste des lignes directrices au sujet des pénalités à infliger aux pilotes, faisant correspondre à chaque infraction une sanction à la fois sportive mais également en points de pénalité sur la Super Licence. De l'autre côté, l'on retrouve un document qui a déjà beaucoup fait parler de lui depuis sa mise en place, à savoir les fameux "standards de pilotage". Même s'ils ont souvent été évoqués, et que certaines informations à leur sujet ont pu être révélées par des médias, dont Motorsport.com, depuis 2022, ils n'avaient jamais été placés dans le domaine public, comme le sent d'autres documents tels que les règlements en eux-mêmes.

Même si ces standards n'ont pas force de loi et ne remplacent pas la réglementation ou n'empêchent pas un raisonnement différent de la part des commissaires, leur valeur est tout de même suffisamment grande pour être la référence actuelle vers laquelle les pilotes et les écuries, ainsi que - désormais - le public, peuvent se tourner pour tenter de comprendre ce que les instances attendent des concurrents dans les phases de lutte en piste.

Mais qu'en pensent justement les principaux intéressés, maintenant que ces directives sont offertes à la vue de tous ? Nous avons rassemblé certains avis sur le sujet.

Oscar Piastri

Oscar Piastri, McLaren

Photo de: Steven Tee / LAT Images via Getty Images

"La première chose importante à souligner est qu'il s'agit de lignes directrices. Ce ne sont pas des règles immuables. Il est impossible de formuler tous les scénarios possibles en course, c'est donc une tâche très difficile, et ces lignes directrices offrent aux commissaires une base pour déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas."

"Il existe évidemment des degrés, des facteurs qui ne peuvent pas vraiment être fixés par écrit. Comme je l'ai dit, chaque situation est différente, mais cela nous donne au moins, en tant que pilotes, une certaine clarté sur ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. Il y a probablement eu quelques modifications depuis leur publication. Je ne me souviens plus quand elles ont été publiées, mais au cours des 18 derniers mois environ."

"Il est important que les gens ne les considèrent pas comme des règles strictes, 'Voici ce qu'il faudrait faire, voici ce qu'il ne faudrait pas faire'. Car même si vous rédigiez dix pages de règles, les pilotes trouveraient toujours une zone grise quelque part, simplement en fonction de la situation dans laquelle on se trouverait. Il est donc important d'en avoir conscience et de ne pas tirer de conclusions hâtives en se basant sur une phrase qui dit ceci ou cela. C'est toujours aux commissaires de trancher."

Isack Hadjar

"Oh oui, [les directives sont] claires. [...] Toutes les luttes que j'ai disputées cette année ont été propres et je les ai appréciées. Je n'avais pas l'impression de lire un livre quand je me battais. Suivre les directives a été vraiment naturel. Pour l'instant, tout se passe bien."

Fernando Alonso

Fernando Alonso, Aston Martin Racing

Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images

"Je ne pense pas [que la façon dont la course est régulée actuellement change grand-chose]. Cela n'a pas beaucoup changé. En tout cas, moi, je pilote toujours plus ou moins de la même manière. Les règles varient parfois d'une saison à l'autre. Il y a toujours quelques modifications et ajustements, mais nous connaissons plus ou moins les règles. Au début de la saison, nous essayons de les exploiter lorsque l'occasion se présente. Non, je ne pense pas que cela ait beaucoup changé au cours des deux dernières décennies."

"Je pense qu'on finit par piloter naturellement et par suivre son instinct lorsqu'on effectue un dépassement ou lorsqu'on défend sa position. Et puis, oui, s'il y a un contact ou s'il se passe quelque chose, il faut alors avoir un règlement qui permette à quelqu'un de l'extérieur de juger la situation et de prendre une décision. Mais je ne sais pas comment font les autres pilotes."

"Lorsque je suis dans la voiture et que je défends, je défends de la même manière que je l'ai fait tout au long de ma carrière. Et lorsque j'attaque, c'est la même chose. Je ne réfléchis pas au fait que telle page [des directives] dit ceci dans le virage 4 et que je vais donc faire cela. J'essaie de dépasser sans contact, car ma voiture pourrait être endommagée et je ne marquerais aucun point. Et lorsque je défends, j'essaie de défendre avec acharnement."

Alexander Albon

Alex Albon, Williams

Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images

"Je n'apprécie pas la façon dont nous courons actuellement. Le virage n°1 à Barcelone en est un bon exemple. Si une autre voiture vous pousse et relâche les freins sans vous laisser d'espace, il est vrai que c'est son virage. Mais à ce moment-là, vous vous êtes engagé si tard dans le virage que la seule chose que vous pouvez faire est de sortir de piste et de couper le virage."

"J'ai eu le même problème au Canada. Si je tourne sur la voiture qui relâche les freins à l'intérieur et qu'elle me touche alors que je suis au bord de la piste, c'est elle qui reçoit la pénalité. [...] Donc, si je tourne, même si je sais que ce n'est pas possible et que je sais qu'il va me heurter, c'est à mon avantage. Vous créez donc un sport de contact dans cette optique. Parce que moi, j'ai l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait en laissant passer l'autre voiture et en évitant l'accident, mais ensuite... j'ai été pénalisé à Barcelone pour avoir agi ainsi. Et puis au Canada, j'ai évidemment perdu ma position."

"Je pense que nous allons continuer à en discuter. Nos briefings avec les pilotes abordent généralement beaucoup ces situations. Nous comprenons les difficultés que cela implique. Ce n'est pas que nous pensons tout savoir, nous essayons simplement de travailler avec la FIA pour clarifier les choses et comprendre ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire."

"Ça semble un peu flou dans certains domaines. Ça a toujours été le cas, mais... Oui, même en commentant les deux dernières courses, je pense que je dois moi-même changer d'approche et tenir davantage compte des règles. En tant que pilotes, nous exploitons ces règles, ce qui rend les choses plus difficiles lorsque, par exemple, comme dans ces deux courses, je me trouvais à l'extérieur. Oui."

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Pierre Gasly

"Oui, pour moi, il est clair à quel point on peut se battre et où se trouvent les limites. Évidemment, en tant que pilote, on va toujours jusqu'à la limite et on essaie d'exploiter toutes les zones grises possibles. Cependant, je pense que petit à petit, nous réduisons ces zones grises et je pense que, oui, au moins pour moi, ce qu'on peut faire et ne pas faire est très clair."

Liam Lawson

Liam Lawson, Racing Bulls

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images

"Les directives de pilotage, [...] en tant que pilotes, nous trouverons toujours un moyen d'en exploiter les possibilités, vous savez, d'essayer d'en tirer le maximum des règles telles qu'elles sont écrites. Nous savons comment elles sont rédigées, donc nous savons ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. [...] Nous essayons de trouver des moyens de les utiliser à notre avantage, je dirais. Et la façon dont elles sont rédigées permet de le faire un peu."

"Comme vous le dites, [il peut s'agir de] relâcher les freins et de s'assurer - car c'est un point de la voiture que vous devez atteindre - qu'il y ait un chevauchement [des positions des deux voitures]. Il existe des moyens de le faire. Cela peut créer des problèmes. Mais je pense qu'il est également très difficile d'avoir un ensemble de règles claires qui ne le permettent pas. Je suppose que c'est notre travail de le faire, donc... Oui, ça fait parte du jeu."

"Elles s'améliorent. Elles s'améliorent vraiment. Et je pense qu'elles se sont améliorées par le passé, c'est une évolution constante. Et elles devront simplement être légèrement ajustées à nouveau à l'avenir. Je ne sais pas encore comment, mais d'une manière qui permette de créer quelque chose - une meilleure façon de faire ou qui nous permette de ne pas exploiter ces limites."

"C'est une question délicate car, d'une certaine manière, il y a un ressenti naturel quand on pilote une Formule 1, ou n'importe quelle voiture d'ailleurs, et que la façon de piloter est très instinctive. Tout est une question de sensations... Et c'est la même chose en course. Tout est très instinctif. Et si je repense à mes débuts en karting, il n'y avait jamais de règles établies concernant les dépassements ou autres. Mais les courses étaient formidables. On savait instinctivement quand un virage était à nous, quand il ne l'était pas. Ce ne sont pas seulement les règles qui posent problème, ce sont aussi les limites de la piste."

"Je repense aux courses de karting. On savait instinctivement comment piloter, quand le virage était à nous, quand il n'était pas à nous... Si vous essayiez de rester à tel endroit et que ce n'était pas tout à fait votre virage, vous perdiez le contrôle et vous vous retrouviez dans l'herbe. Mais maintenant, il y a souvent un dégagement pour sortir de la piste et revenir. Et comme je l'ai dit, grâce à la façon dont c'est écrit, il y a des moyens de contourner les choses. Je pense qu'en tant que pilotes de course, nous savons un peu comment piloter. Et peut-être que si les règles étaient simplifiées, ce serait mieux."

Oliver Bearman

Oliver Bearman et Esteban Ocon.

Oliver Bearman et Esteban Ocon.

Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images

"Parfois, dans ces situations où on est roue contre roue, il faut réfléchir : 'D'accord, que dit l'article 3 des directives ? OK, je dois le laisser passer.' Parfois, ça semble un peu contre-intuitif. Parfois, sur certains circuits, si vous essayez de passer à l'extérieur et qu'il y a du gravier à la sortie, vous n'essayez pas de passer à l'extérieur. Parfois, nous en revenons au karting et à ce genre de choses, et ça fonctionne."

"Parfois, avoir toutes ces prescriptions pour tout peut être un peu, pas malsain, mais un peu difficile à retenir dans le feu de l'action, car souvent, lorsque vous roulez côte à côte, vous avez une fraction de seconde pour prendre une décision et vous n'avez pas le temps de vous souvenir du document de cinq pages qui vous a été envoyé en janvier."

"C'est difficile, mais je pense que la FIA fait une bonne chose pour le sport en essayant d'instaurer une certaine cohérence. Il faut donc juste un peu de collaboration, une collaboration continue."

Franco Colapinto

"En tant que pilote, on finit toujours par tenter le coup, et c'est aux commissaires de prendre la décision finale, et leur avis est sans appel. Ils bénéficient également des conseils avisés d'anciens pilotes, ce qui est formidable, car ils voient les manœuvres du même point de vue que nous, et ils ont ce ressenti. Ils font du bon travail. Je pense que, de manière générale, il y aura toujours des choses dont nous nous plaindrons. Il y aura toujours une partie qui ne sera pas satisfaite, et il est impossible de satisfaire tout le monde."

"Mais je pense que, dans l'ensemble, ils font du bon travail et cette année, il y a eu moins de plaintes à ce sujet. Ils ont été beaucoup plus flexibles et ont examiné chaque manœuvre d'une manière qui ne n'a pas vraiment donné lieu à des plaintes. J'en suis satisfait."

Lance Stroll

"Je suis un peu d'accord avec [l'idée que les standards de pilotage créent une sensation de pilotage non naturel en complexifiant les règles]. Je pense qu'à une époque, c'était assez simple : il suffisait de laisser la largeur d'une voiture et un peu d'espace. Et à partir de là, nous déterminions si l'espace était suffisant ou non, etc. Je ne sais pas. Aujourd'hui, c'est devenu une science. C'est vraiment complexe."

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