Victor Martins vers la F2, via un "vrai projet" avec Alpine

Sacré en FIA F3, Victor Martins va logiquement se diriger vers la Formule 2 par la suite. Toujours avec le soutien d'Alpine.

Le vainqueur Victor Martins, ART Grand Prix, sur le podium

Le week-end dernier, à Monza, Victor Martins remportait le titre de FIA F3 au bout du suspense, sacré avec cinq points d'avance sur Zane Maloney malgré une pénalité de cinq secondes. Cette dernière lui a été infligée après un drapeau rouge ayant mis un terme définitif à l'ultime manche de la saison.

Ce n'est pas la première fois qu'un championnat se jouait lors de la dernière course pour Martins, qui avait auparavant perdu le titre de F4 France 2017 face à Arthur Rougier et celui de Formule Renault Eurocup 2019 contre un certain Oscar Piastri, à chaque fois pour une poignée de points.

La deuxième fois, ç'avait été particulièrement coûteux : avec 312,5 unités contre 320 pour Piastri, Martins n'avait pas atteint l'objectif de titre fixé par la Renault Sport Academy et avait été renvoyé par le Losange, contraint de rempiler en Eurocup, quand l'Australien avait au contraire rejoint l'académie et était passé à l'échelon supérieur, en FIA F3… avec le scénario que l'on sait, trois ans plus tard.

Or, que se serait-il passé si Martins avait de nouveau perdu le titre de justesse en F3 ? Cela lui a-t-il traversé l'esprit ? "C'est sûr que j'y ai pensé", admet le protégé d'Alpine pour Motorsport.com. "Je me suis dit qu'en fait, à chaque fois dans ma carrière, j'ai eu des moments compliqués dans le money time où j'ai fait des erreurs, qui ne m'ont pas favorisé pour les années d'après. Je me suis dit que quoi qu'il arrive, j'avais fait le travail, j'avais fait tout ce qu'il fallait. Je me suis dit que ce n'était pas possible, que ça ne pouvait pas encore m'échapper pour des petites erreurs qui ce jour-là, à Monza – je n'ai pas envie de dire que ce n'était pas de ma faute, mais je ne pouvais pas corriger ces erreurs : comme je l'ai dit, je n'étais pas au courant [de l'application des limites de la piste]. Ça aurait été dommage."

Victor Martins, ART Grand Prix

Victor Martins (ART Grand Prix)

"Maintenant, j'ai envie de me dire qu'aujourd'hui, c'est allé dans le bon sens parce qu'on a fait un bon travail. Je ne pense pas que si ça s'était mal passé, j'aurais encore perdu le soutien d'Alpine. Ce n'est pas la même saison ni les mêmes enjeux, ça ne s'est pas passé de la même manière. Je n'ai pas envie d'y penser, je pense que j'ai une très, très bonne relation à ce jour avec Alpine. On a un vrai projet ensemble, on a un objectif qui est d'aller beaucoup plus loin que ça."

Beaucoup plus loin que ça, avec une ascension qui va logiquement se poursuivre à l'échelon supérieur. "Il n'y a rien d'officiel, rien de confirmé pour l'instant, mais c'est sûr que la prochaine étape, c'est la F2", confirme Martins. "J'ai envie d'y aller. Je pense que je suis légitime à le vouloir aussi, par le titre de F3, par ce que j'ai montré. Je suis sûr que j'ai le potentiel pour. Il s'est passé beaucoup de choses dans ma carrière jusqu'à maintenant, j'ai beaucoup d'expérience, je suis passé par beaucoup d'étapes et de situations compliquées et je n'ai jamais rien lâché. Je sens que je suis prêt pour la F2. Alpine est à fond derrière moi. On a le même objectif. Forcément, l'objectif va être de trouver un bon baquet."

Quel baquet ? Forcément, pour Martins, l'option privilégiée est ART Grand Prix, structure tricolore avec laquelle il a remporté les titres de Formule Renault Eurocup et de FIA F3. Le Français va en tout cas prendre exemple sur son ami Anthoine Hubert, qu'il a côtoyé au sein de l'académie du Losange et qui avait fait des merveilles pour ses débuts en F2 au sein de la modeste écurie Arden, avec deux victoires en course sprint.

"Je pense qu'Anthoine ne méritait pas du tout d'aller dans une équipe de milieu de tableau, il méritait bien plus que ça", affirme Martins. "Il méritait clairement un siège dans un top team pour essayer de gagner le championnat F2 dès la première année. Moi, je n'ai pas envie que cela m'arrive. Je pense que mon entourage non plus, Alpine non plus, alors on va tout faire pour que je sois dans une des meilleures équipes."

Anthoine Hubert et Victor Martins

Anthoine Hubert et Victor Martins, lorsqu'ils étaient membres de la Renault Sport Academy en 2019

"Au même moment, si jamais je ne suis pas dans la meilleure équipe, ou en tout cas dans les meilleures équipes, je prendrai toute l'expérience, comme j'avais vu Anthoine [le faire] à ce moment-là : comment il travaillait pour aller gagner, pour aller de l'avant, pour s'améliorer avec l'équipe. Et je ne lâcherai rien, parce qu'il avait fait une saison extraordinaire, il avait fait des résultats que personne n'attendait. Quoi qu'il arrive, j'essaierai de faire comme lui."

À plus long terme, le pilote de 21 ans a bien évidemment pour objectif d'atteindre la Formule 1. Dans cette optique, on imagine que les départs inattendus de Fernando Alonso et d'Oscar Piastri – deux pilotes avec lesquels Alpine comptait bâtir son avenir aux côtés d'Esteban Ocon jusqu'à 2026 – sont plutôt une bonne nouvelle.

"Une bonne nouvelle ? Je ne sais pas", répond Martins avec prudence. "Ce n'est pas du tout un malheur, mais je ne me vois pas non plus prendre leur place dès maintenant. C'est sûr que ça ouvre des portes. Avec ce qui s'est passé, je pense qu'Alpine va beaucoup plus suivre ses pilotes et va les aider encore plus. Encore une fois, ils montrent – et ils l'ont déjà dit – que quand on est dans l'académie, c'est pour un vrai projet ensemble, un vrai futur, ce n'est pas pour qu'on parte dans une autre écurie après trois ou quatre ans avec eux. Moi, je suis honnête avec eux, la relation est saine, et je ne vois pas pourquoi on ne ferait pas un bon bout de chemin ensemble."

Lire aussi :
Le champion 2022 Victor Martins, ART Grand Prix

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