Comment Victor Martins a utilisé sa saison 2025 compliquée à son avantage
Victor Martins le reconnaît aisément, il n'a pas atteint son objectif en F2 la saison dernière. Il a néanmoins cherché à extraire de cette année assez compliquée des enseignements pouvant lui être utiles pour la suite de sa carrière, quelle que soit la discipline dans laquelle il s'épanouira.
Photo de: Dom Gibbons / LAT Images via Getty Images
Suite et fin de notre interview de Victor Martins, que nous avons récemment rencontré à Paris alors qu'il préparait sa première saison en WEC, qui débutera cette semaine à Imola.
Pour Motorsport.com, le nouveau pilote Alpine a accepté de jeter un regard dans le rétroviseur pour décrypter sa saison 2025. C'était la troisième qu'il vivait en F2 et, après son titre en F3 et les contacts noués en Formule 1, il l'abordait logiquement avec les ambitions les plus hautes. Elle n'allait toutefois pas le mener jusqu'au résultat auquel il aspirait.
Après avoir compris que le titre lui échapperait, Martins a cherché à extraire malgré tout le maximum de cette expérience. Pour ne pas laisser la frustration le gagner, mais aussi pour montrer aux décideurs du sport auto que sa vitesse et son mental restaient inébranlables. La suite, on la connaît : il a convaincu Alpine et Philippe Sinault, notamment grâce à une ultime victoire en F2 qui représentait bien plus qu'un simple trophée.
Comment as-tu vécu ta dernière saison en F2 ? Et qu'est-ce que t'en retires, à titre sportif et personnel ?
Ça a été une très longue saison. Après, j'essaye de me concentrer sur le côté "positif" de la saison, c'est-à-dire la performance qui a toujours été là quoi qu'il arrive. Que ce soit en qualif ou en course, on était tout le temps aux avant-postes. Ça, c'est quand même bien, c'est positif pour se montrer, pour montrer aux marques qu'on est rapide, qu'on est devant, par exemple pour rejoindre un programme comme celui-ci. C'est un peu le nerf de la guerre dans le sport auto.
Après, [ça a été] compliqué et très frustrant, parce que je pense qu'on n'a rien optimisé, rien maximisé, dans aucune condition. C'était vraiment une longue saison, mentalement aussi. C'était très compliqué de gérer, parce que l'objectif était de gagner le championnat. Et pas seulement de gagner, mais d'être toujours aux avant-postes et de dominer, et ça, on ne l'a pas atteint.
C'était vraiment une longue saison, mentalement aussi.
Clairement, dans la saison, j'ai juste essayé de rester concentré sur moi et mon travail. S'il devait y avoir des problèmes, il y en aurait, c'est comme ça, qu'ils soient internes ou externes. À la fin, mon objectif, c'était d'être rapide en course et en qualif.
Après, c'est sûr qu'au championnat, j'ai compris assez tôt dans la saison, qu'on avait perdu trop de points pour pouvoir les rattraper. Mais ça m'a appris à ne pas surconduire, à ne pas trop en vouloir, parce qu'à un moment donné, c'est plus négatif que positif. Ça m'a appris juste à rester concentré sur moi et sur l'objectif que j'avais en tête.
Seulement 11e en F2 en 2025, Victor Martins a vu sa saison déraper assez rapidement.
Photo de : Clive Mason/Getty Images
Ça a donc été bénéfique au niveau de ta gestion mentale ?
Oui, ça m'a vraiment appris sur le côté mental. Techniquement, déjà à ma première saison, j'avais beaucoup appris. La deuxième, j'avais emmagasiné aussi pas mal d'expériences techniques, sachant que 2024 était la première année de la réglementation de la voiture. Techniquement, on était aux avant-postes, on avait bien amélioré la voiture et je pense que je savais l'exploiter un peu dans toutes les conditions.
Mais on a fait face à des moments où l'on n'a pas été assez concentrés sur tel ou tel paramètre. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais il y a plein de choses. On a raté des départs, on a calé sur la grille.
Il y a eu la première course à Melbourne, où il pleut, je ne peux pas partir de la pole. Je ne peux pas marquer de points, du coup. Est-ce que je les aurais marqués ? C'est encore autre chose. Mais il y a eu plein de moments comme ça. Le crash à Monaco, aussi. Il y a eu plein de choses qui ne nous ont pas permis d'être devant à des moments cruciaux de la saison et en lice pour jouer le titre.
Ça m'a fait du bien de gagner à la fin, ça a montré que je ne lâchais pas.
Cela signifie qu'à un moment donné, tu t'es focalisé sur le fait de te mettre en avant pour te faire remarquer ?
J'ai juste essayé de faire du mieux avec ce que j'avais entre les mains, d'être toujours performant en qualif, de faire le travail et que ça ne soit pas un sujet. Je pense que ça ne l'était pas, parce qu'à la fin de la saison, quand on a fait la moyenne, j'étais toujours en tête, que ce soit en temps en comparaison aux autres ou en position. J'étais le meilleur en qualif. Et après, en course, c'était compliqué.
Ça m'a fait du bien de gagner à la fin, à l'avant-dernière course, parce que ça a quand même montré que je ne lâchais pas. Je n'ai jamais lâché, que ce soit mentalement, techniquement, ou en énergie dépensée pour pouvoir performer.
Une victoire à Losail a finalement récompensé Victor Martins de ses efforts.
Photo de : Peter Fox / Getty Images
Est-ce que c'est ce qui t'a permis de te faire remarquer auprès Alpine ? Est-ce que tu peux expliquer comment s'est passé ce contact entre Alpine et toi ?
Je pense que ce qui m'a permis de venir chez Alpine, c'est le test que j'avais fait en 2024 et que je suis très content d'avoir fait. À ce moment-là de ma carrière, je ne l'avais pas fait dans l'optique de venir l'année d'après ou maintenant. C'était dans l'optique où je me disais que je suis dans l'Académie et qu'on ne sait jamais quelle tournure peut prendre une carrière, en fonction des opportunités que l'on a ou pas. Je me suis dit que ça ne pouvait qu'être positif et enrichissant de venir, de le faire, de regarder, de me montrer. Ça s'était très bien passé, mais j'avais l'objectif F1 dans la tête, je suis honnête avec ça.
Je pense que le fait d'avoir déjà fait un test avec Alpine m'a permis d'avoir une relation et d'être considéré sur le côté performance et par rapport à ce qu'ils pensaient de moi. L'année dernière, ça s'est plutôt fait naturellement, quand je sentais que je n'allais pas avoir d'opportunité directe en F1, que je voulais un programme concret, d'un constructeur, et étant français et sachant qu'ils étaient en WEC, dans un championnat du monde, ça a fait sens, donc on s'est contactés naturellement.
Je pense que la balance s'est faite par l'estime qu'ils ont de moi en tant que pilote, par rapport à toute ma carrière, par notre passé avec l'Académie, et par les performances que j'avais quand même réussi à faire en fin de saison.
Je savais justement qu'il ne fallait pas que je lâche pour ça, parce que la culture de l'instant présent en sport auto, elle est là. Si en 2023-2024 ils m'estimaient à une certaine valeur et qu'en 2025 je ne faisais pas du bon travail, je savais que ça pouvait aller très vite. Je sais que la victoire au Qatar a fait du bien pour tout le monde, et c'est normal.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires