Bagnaia explique sa chute par un problème comparable à celui de Jerez
S'il assume sa responsabilité dans la chute qui l'a mis hors-jeu au Mans, dimanche, Pecco Bagnaia révèle aussi qu'un problème sur sa Ducati a fait baisser sa confiance et l'a conduit à trop en faire pour se maintenir sur le podium.
Photo de : Loic Venance / AFP via Getty Images
Pour le deuxième Grand Prix de suite, Pecco Bagnaia a affiché de bonnes performances, mais n'a pas pu concrétiser lors de la course principale. Au Mans, le pilote Ducati s'est même emparé de la pole position et il a enchaîné avec la deuxième place du sprint. Puis, ce dimanche, on l'a vu incisif, se rattrapant rapidement après un départ manqué jusqu'à longuement occuper la deuxième place, à moins d'une seconde de Marco Bezzecchi, alors en tête.
Il est toutefois tombé à 11 tours de l'arrivée à la chicane Dunlop, expliquant par la suite avoir trop forcé pour chercher à maintenir un rythme élevé alors qu'il commençait à perdre confiance dans l'avant de sa Ducati. C'est pourtant avec le sourire que Bagnaia s'est présenté à la presse pendant que le circuit Bugatti se faisait doucher par un orage, dans l'après-midi, insistant sur sa volonté de retenir les nombreux points positifs d'un week-end passé aux avant-postes.
"Honnêtement, après le week-end que l'on a eu, il est clair qu'il y a beaucoup plus de positif [que de négatif] et qu'on a bien travaillé. Je suis très heureux et fier du travail accompli ce week-end, y compris après le test, car on a travaillé sur tout ce que j'avais demandé à l'équipe et on s'est améliorés", a d'abord déclaré Bagnaia.
Pecco Bagnaia (Ducati Team) repart du Mans neuvième du championnat.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"On a bien commencé le week-end, mais il nous manquait quelque chose, et séance après séance, on s'est améliorés. On a ainsi décroché la pole position samedi. [Dans le sprint], on s'est fait surprendre par le départ de Jorge [Martín], mais le rythme était très bon. Aujourd'hui aussi, le rythme était bon. J'ai encore pris un très mauvais départ, mais j'ai réussi à remonter et à faire de bons dépassements, donc il y a beaucoup de positif."
"Je pensais pouvoir rattraper Bezzecchi, parce que je pense que j'avais un meilleur rythme, mais malheureusement, à sept tours de l'arrivée [11 en réalité, ndlr], j'ai commencé à perdre un peu confiance, et j'ai été gêné par un petit problème sur la moto qui m'a ralenti. J'ai essayé de garder le même rythme et j'ai perdu l'avant. La chute a donc été la conséquence [de ce problème]."
"Quand un pilote tombe, c'est sa faute à 90%", a tenu à ajouter Pecco Bagnaia. "Ma chute a été la conséquence de cette limite de confiance que j'ai. J'ai essayé de rester sur le même rythme, sans pouvoir le faire."
Je ne voulais pas perdre. Je m'amusais énormément, alors j'ai tenté tant que j'ai pu. Aujourd'hui en voyant la possibilité de gagner, j'ai essayé, c'est normal.
S'il n'a rien lâché, c'est que le double champion du monde MotoGP sentait qu'un très bon résultat était à sa portée et qu'il a voulu faire fi de ses mauvaises sensations grandissantes pour aller le chercher.
"Aujourd'hui, je ne voulais absolument pas la laisser filer, je ne voulais pas perdre. Je voulais rester là et je m'amusais énormément, alors j'ai tenté tant que j'ai pu. Si j'avais été en tête du championnat, j'aurais sûrement réagi différemment, mais aujourd'hui en voyant la possibilité de gagner, j'ai essayé, c'est normal."
"J'ai essayé. J'étais là, collé à Bezzecchi, et j'essayais de ne pas lâcher parce que quand on pilote comme ça, avec cette confiance, on essaye à 200%. Malheureusement, la chute a été la conséquence du fait que j'ai essayé de rentrer [dans le virage] de la même façon [que d'habitude] sans le pouvoir."
Un problème lié au frein ?
Le problème qu'évoque Bagnaia, et qui est à l'origine de sa perte de confiance telle qu'il la décrit, semble parfaitement identifié. "On sait clairement ce qui s'est passé et on y travaille. L'équipe travaille déjà pour essayer d'améliorer la situation", a-t-il indiqué. Puis, interrogé pour savoir si le problème qu'il mentionne est le même que celui qui l'a stoppé à Jerez, il y a deux semaines, il a révélé que oui.
Pecco Bagnaia évoque un problème similaire a celui rencontré le dimanche à Jerez, où il avait dû abandonner.
Photo de : Marc Fleury
On sait qu'en Espagne c'est un souci lié à son frein avant qui l'a forcé à s'arrêter, mais aujourd'hui le pilote Ducati n'a pas souhaité en dire plus. "Je ne veux pas entrer dans les détails. Ça n'est pas une erreur humaine, rien qui soit en lien avec nous. C'est quelque chose sur lequel on travaille et qui peut arriver."
Il a même précisé croire fortement dans la résolution de cette faiblesse pour le week-end prochain, alors que le MotoGP enchaîne avec le GP de Catalogne : "On a compris la direction [à prendre] et je suis assez confiant quand au fait que, le week-end prochain, grâce au travail que l'on a fait au Mans, on aura la solution."
"Je veux juste retenir le positif du week-end, parce que pour la première fois, j'ai pu attaquer, me battre, j'ai pu dépasser des pilotes et j'ai donc pris beaucoup de plaisir aujourd'hui, même si je suis tombé", a ajouté Pecco Bagnaia. "Je pense que j'aurais pu garder le même rythme jusqu'au bout. Je ne pense pas que j'aurais rivalisé avec le rythme de Jorge à la fin, mais j'étais plutôt confiant de rester au même niveau et j'avais la possibilité de me battre pour le podium."
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