Course - Bagnaia crée la surprise après l'espoir déçu de Zarco

Pecco Bagnaia y croyait à peine après les qualifications, et pourtant : le pilote Ducati a remporté le Grand Prix de Grande-Bretagne, d'abord mené par Johann Zarco avant la chute du Français.

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Pecco Bagnaia a remporté à Silverstone sa quatrième victoire de la saison. Un succès dont il doutait pourtant après les qualifications, sentant qu'il devait encore s'améliorer à certains endroits de la piste, en comparaison notamment d'un Johann Zarco qu'il prenait pour référence. La course a pourtant livré un scénario inattendu...

Cinq tours d'espoir pour Zarco

Jamais peut-être, Johann Zarco n'était apparu si solide durant un week-end MotoGP, perçu comme l'homme fort de ce Grand Prix de Grande-Bretagne par bon nombre de ses adversaires. Avec pour seul pas de côté son 15e temps au warm-up ce matin, le pilote français s'est illustré aux premières places durant chaque séance et a décroché lors des qualifications une pole position assortie d'un impressionnant nouveau record de la piste.

Sentant que la victoire était peut-être plus réaliste que jamais, il a cherché à mettre toutes les chances de son côté dès l'extinction des deux, en signant le holeshot de manière impériale.

À cet instant, les regards étaient aussi braqués sur la deuxième ligne de la grille, notamment pour voir quel envol parviendrait à prendre Fabio Quartararo, vainqueur ici-même l'an dernier mais sous le coup d'une pénalité long-lap qu'il allait devoir appliquer dans les premiers tours. Non loin derrière se tenait Aleix Espargaró, aidé par des antalgiques pour prendre le départ de cette course 24 heures après une violente chute qui l'a touché aux deux pieds.

Pour Quartararo, le départ a été une affaire rondement menée, puisqu'il s'est propulsé dans la roue de Zarco pour lancer cette course, passant Viñales au chausse-pied. Les deux Français, en tête, étaient alors suivis par les deux Ducati officielles. Álex Rins s'était également illustré par un bel envol depuis la 11e place pour se porter à la cinquième position devant les deux Aprilia, Maverick Viñales devançant son coéquipier.

Malgré son effort pour serrer les dents, Aleix Espargaró est rapidement apparu plus lent que les pilotes l'entourant et a vu son coéquipier, sixième, se détacher peu à peu. Dans le quatrième tour, Jorge Martín, alors le plus rapide en piste, a réussi à dépasser le #41 pour lancer ce qui allait être une remontée en force vers les avant-postes.

Á la fin du premier tour, la direction de course a annoncé à Quartararo l'ouverture du laps de temps (trois tours) durant lequel il allait devoir appliquer sa pénalité. C'est dans le dernier tour possible, le quatrième de la course, que le Français a pris la trajectoire large prévue à cet effet. Lui qui s'est entraîné à cet exercice durant tout le week-end, il a réalisé un long-lap impeccable et a repris la piste normale en s'intercalant entre Bagnaia et Viñales, cinquième, dès lors pointé à une seconde et demie de Zarco.

 

La hiérarchie était cependant loin d'être figée à ce stade très prématuré de la course, et devant, ça allait beaucoup bouger ! Dès le troisième tour, on remarquait l'attaque parfaite de Rins sur Bagnaia pour s'emparer de la quatrième place.

Et puis, deux tours plus tard, coup de théâtre ! Les espoirs de Johann Zarco se sont envolés avec une chute dans le virage 8. Une simple perte de l'avant de la Ducati, sur laquelle un changement de dernière minute avait été opéré sur la grille de départ pour passer d'un pneu soft à un medium. Le pilote français a bien tenté de repartir mais, dans le dixième tour, il allait rejoindre son stand pour abandonner, dépité.

Rins tente sa chance, puis cède face à Bagnaia

Avec la chute de Zarco, voilà que Jack Miller héritait de la place de leader ! Mais la messe était loin d'être dite… Álex Rins s'est en effet chargé de l'attaquer immédiatement, et le pilote Suzuki n'était pas le seul à vouloir saisir sa chance : Pecco Bagnaia se trouvait lui aussi au contact, suivi de très près par un certain Fabio Quartararo, Maverick Viñales ou encore Jorge Martín. Quelques instants plus tard, d'ailleurs, Viñales puis Quartararo allaient se faire déborder par un Martín décidément en grande forme en ce début de course.

Leader durant quelques instants, Miller a bien vite subi la loi de ses poursuivants. Après avoir cédé les rênes à Rins dans le sixième tour, c'est Bagnaia qui a pris l'avantage, puis l'Australien a subi à son tour la hargne de Martín. Une erreur du pilote Pramac apportait cependant une petite bouffée d'oxygène à Miller, et Martín allait rentrer dans le rang durant quelques tours avant de repartir à l'attaque.

Rins avait beau avoir affiché un solide rythme depuis le début, il n'a pas été en mesure de s'échapper après être passé en tête et, dans le 12e tour, il a cédé à l'attaque de Bagnaia. Le pilote Ducati, qui peinait à lire la hiérarchie après les essais, semble avoir compris après le warm-up quelle était la clé des progrès qu'il cherchait à accomplir et c'est précisément en entrant dans la phase qu'il percevait comme la plus incertaine, au bout de 12 à 13 tours, qu'il a fait parler sa performance.

Fin de course compliquée pour Rins et Quartararo

À partir de là, le pilote Ducati a tenu son rang de leader bien que ne parvenant pas à prendre d'avance nette sur ses poursuivants. Derrière lui, beaucoup de changements s'opéraient encore, certains pilotes se trouvant de toute évidence en difficulté avec le passage des tours.

Ainsi, Rins s'est fait reprendre par Miller, perdant un peu de sa superbe dans la seconde moitié de la course. Derrière eux, Viñales et Martín n'ont eu de cesse de se battre en duel, et lorsqu'ils ont fondu sur le pilote Suzuki celui-ci n'a rien pu faire pour leur résister.

Auteur de son premier podium avec Aprilia juste avant la pause, Viñales a fait parler son aisance habituelle en fin de course en passant à la deuxième place à deux tours de l'arrivée. Il se trouvait alors à une demi-seconde de Bagnaia et affichait deux dixièmes d'avantage au tour sur le pilote Ducati, si bien qu'il s'est rapidement retrouvé dans sa roue.

 

Le pilote espagnol a porté une attaque dans l'avant-dernier tour mais a décroisé. D'autres petites erreurs dans le dernier tour ont fini par définitivement éloigner la victoire pour Viñales, face à un Bagnaia impérial en cette fin de course. Le pilote Ducati s'est donc imposé, avec finalement quatre dixièmes d'avance, pour ce qui est son quatrième succès de la saison, certainement le plus fort pour lui un an après un Grand Prix très compliqué ici-même.

Miller s'est assuré d'une solide troisième place, n'ayant réussi à éviter le retour d'Enea Bastianini, lui aussi lancé sur une fin de course éclatante, bien que privé d'un aileron à l'avant après un contact du départ. Dans le dernier tour, le pilote Gresini a eu l'avantage sur Jorge Martín, finalement cinquième.

Derrière les remontées de Maverick Viñales et d'Enea Bastianini, Miguel Oliveira n'était pas en reste. Parti 13e, le pilote KTM était dixième dès la fin du premier tour, mais c'est dans la seconde moitié de la course qu'il s'est particulièrement illustré, grappillant les places une à une. Après avoir passé Quartararo à quatre tours de l'arrivée, c'est à Rins qu'il s'est attaqué avec réussite pour s'emparer de la sixième place finale.

La déception prime pour Rins, si solide à la fin de la première dizaine de tours, mais vite rentré dans le rang. Sur une piste qui lui réussit tant habituellement, il doit se contenter des points de la septième place, bien mieux cependant que son coéquipier, Joan Mir, parti à la faute dans le 15e tours alors qu'il était huitième.

S'il a géré parfaitement sa pénalité et retrouve les points après son abandon à Assen, Fabio Quartararo espérait certainement mieux que sa huitième place finale. Aleix Espargaró, lui, peut se réjouir de ne lui céder qu'un point compte tenu des conditions dans lesquelles il a disputé cette course.

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Après son podium d'Assen, Marco Bezzecchi doit cette fois se contenter de la dixième place finale. Isolé, il a nettement devancé Brad Binder, 11e, et bien plus encore son coéquipier Luca Marini, 12e. Il faut descendre à la 13e place pour trouver trace de la première Honda, celle de Takaaki Nakagami, les derniers points revenant à Pol Espargaró et Franco Morbidelli.

Andrea Dovizioso, qui a annoncé cette semaine qu'il prendrait sa retraite le mois prochain, s'est classé 16e. Il prenait à Silverstone son 246e départ en MotoGP, ce qui le hisse au deuxième rang de l'Histoire, à égalité à présent avec Alex Barros et toujours derrière le record de Valentino Rossi (372).

United Kingdom GP de Grande-Bretagne - MotoGP - Course

P. # Pilote Moto Temps Écart
1 63 Italy Pecco Bagnaia Ducati -  
2 12 Spain Maverick Viñales Aprilia 0.426 0.426
3 43 Australia Jack Miller Ducati 0.614 0.614
4 23 Italy Enea Bastianini Ducati 1.651 1.651
5 89 Spain Jorge Martín Ducati 1.750 1.750
6 88 Portugal Miguel Oliveira KTM 2.727 2.727
7 42 Spain Álex Rins Suzuki 3.021 3.021
8 20 France Fabio Quartararo Yamaha 3.819 3.819
9 41 Spain Aleix Espargaró Aprilia 3.958 3.958
10 72 Italy Marco Bezzecchi Ducati 6.646 6.646
11 33 South Africa Brad Binder KTM 7.730 7.730
12 10 Italy Luca Marini Ducati 13.439 13.439
13 30 Japan Takaaki Nakagami Honda 13.706 13.706
14 44 Spain Pol Espargaró Honda 13.906 13.906
15 21 Italy Franco Morbidelli Yamaha 16.359 16.359
16 4 Italy Andrea Dovizioso Yamaha 20.805 20.805
17 73 Spain Álex Márquez Honda 21.099 21.099
18 87 Australia Remy Gardner KTM 24.579 24.579
19 6 Germany Stefan Bradl Honda 28.773 28.773
20 40 South Africa Darryn Binder Yamaha 33.653 33.653
21 25 Spain Raúl Fernández KTM 35.601 35.601
22 49 Italy Fabio Di Giannantonio Ducati 36.460 36.460
  36 Spain Joan Mir Suzuki    
  5 France Johann Zarco Ducati    

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