La Dorna défend un MotoGP qui s'exporte et enrichit son calendrier
Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna Sports, défend le choix de mener le MotoGP vers de nouveaux territoires en 2023. Il rejette également les discours alarmistes quant à une prétendue crise de la discipline.
Du changement va s'opérer en MotoGP cette saison, et notamment avec un calendrier plus riche que jamais. Vingt-et-un Grands Prix sont prévus au programme, du Portugal fin mars à Valence fin novembre. Un agenda qui s'inscrit dans la continuité du précédent, puisque le championnat avait pour la première fois atteint le cap de 20 épreuves en 2022, mais avec au passage deux nouveaux territoires visités.
MotoGP 2023 : Pilotes, équipes, calendrier, sprint... tout ce qui change
Parmi les candidats à l'organisation d'un Grand Prix MotoGP, ce sont l'Inde et le Kazakhstan qui ont remporté le gros lot pour 2023. Une épreuve est ainsi prévue sur le Buddh International Circuit, situé à environ une heure de la capitale indienne de New Delhi, fin septembre. Sur la base d'un accord longue durée qui doit courir jusqu'en 2029, le MotoGP y découvrira un circuit qui avait été arpenté par le passé par la Formule 1. Et si la catégorie reine du sport auto avait choisi de le délaisser il y a dix ans après seulement trois éditions, le promoteur des Grands Prix moto se montre confiant quant à la réussite de cette nouvelle implantation.
"La F1 n'y est plus allée à cause de problèmes fiscaux et il y a eu du changement sur ce front en raison de la façon dont le MotoGP est considéré par rapport aux autres compétitions", assure Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna Sports, dans une interview accordée à l'édition espagnole de Motorsport.com. Où en est la préparation de ce nouveau Grand Prix ? "En Inde, nous savons ce qui doit être remodelé sur le circuit et ce sera fait. Actuellement nous sommes en train de finaliser toute la partie contractuelle, qui est la plus compliquée", indique-t-il.
Le circuit de Sokol doit quant à lui faire entrer le Kazakhstan au calendrier début juillet. Il s'agit cette fois d'une piste nouvelle, dont les travaux doivent être terminés à temps pour l'homologation puis la tenue de cette première course sur place dans six mois. "Au Kazakhstan, il fait -20°C en ce moment", précise rapidement Carmelo Ezpeleta sur ce sujet, lui qui a déjà précisé que cette place au début de l'été s'était imposée afin d'éviter une trop longue pause et pour occuper une date que les autres épreuves tendent à refuser.
"Je ne partage aucunement le discours catastrophique de certains"
Avec l'arrivée de l'Inde et du Kazakhstan et la sortie d'Aragón, l'une des quatre épreuves espagnoles qui se tenaient jusqu'ici, le calendrier s'équilibre un peu plus puisque les Grands Prix organisés en Europe ne sont plus que dix sur les 21 prévus au total. Interrogé pour savoir dans quelle mesure le championnat va s'éloigner de l'Europe à l'avenir, le patron de la Dorna a défendu l'expansion amorcée : "Dans la mesure où le monde est très grand et où il existe à présent des zones qui, auparavant, n'avaient pas de circuits et pas de possibilité d'organiser un Grand Prix. En 2023, nous perdons une course en Europe mais nous pourrons aller dans des endroits où l'on vend beaucoup de motos."
Pour Carmelo Ezpeleta, le départ de Valentino Rossi a eu des conséquences mais l'Italien n'est pas irremplaçable
Ces changements interviennent alors que la saison 2022 a livré un tableau contrasté en termes d'affluence sur les courses, maintenant que les restrictions imposées par la pandémie sont toutes levées. Si certains Grands Prix ont en effet brillé par leur fréquentation, d'autres rendez-vous, même parmi les plus historiques, ont fait grise mine. Questionné pour savoir si la Dorna faisait suffisamment son auto-critique, Carmelo Ezpeleta a assuré avoir parfaitement pris la mesure des faux-pas de 2022.
"L'impact que nous ressentons encore aujourd'hui est limité au fait que les gens ne sont plus venus sur les courses pendant les deux années les plus intenses de la pandémie. Dans de nombreux pays, on a récupéré totalement l'affluence du public ; dans d'autres, pas encore", a constaté le responsable espagnol.
"Nous savons ce qui se passe et pour quelle raison cela se produit. La saison dernière, il y a eu des endroits où nous n'étions pas au niveau attendu, et ce pour certaines raisons. Il y a des moments où l'on fait des erreurs. Par exemple, nous avons fait une erreur en plaçant les Grands Prix à Jerez et au Portugal si proches ; au Mugello, nous avons fait l'erreur de programmer la course le même week-end que celle de la F1 à Monaco."
"Nous ne sommes pas du tout réticents à l'auto-critique. Le départ d'une icône comme Valentino [Rossi] a eu des conséquences, c'est une certitude, mais d'autres arrivent. Nous étions pleins à Valence alors qu'aucun Espagnol ne jouait le titre. En Allemagne aussi. La France a eu plus de monde que jamais, grâce à l'effet Quartararo et Zarco. Je me dois d'étudier tout ce que nous avons bien fait et mal fait. Dans le premier cas, pour continuer dans cette voie, et dans le second pour progresser. Mais je ne partage aucunement le discours catastrophique de certains. Il n'y a pas de récession."
Propos recueillis par Oriol Puigdemont
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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