Les pilotes en désaccord sur le danger du holeshot device au départ
Jack Miller estime que le variateur de hauteur est l'une des causes de la chute de Johann Zarco à Barcelone. À l'inverse, Pecco Bagnaia juge le dispositif utile pour éviter des mouvements sur la moto.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Le MotoGP a fait quatre propositions pour améliorer la sécurité après les grosses chutes vues à Barcelone. Parmi elles, la potentielle interdiction du holeshot device ne fait pas l'unanimité parmi les pilotes.
Le variateur de hauteur permet d'abaisser la moto, et donc d'éviter de cabrer, ce qui améliore les performances au départ. Le système se désactive avec un freinage puissant, ce qui peut parfois poser problème, en particulier sur les circuits avec un premier virage rapide.
C'est pour cette raison que le holeshot device pourrait être interdit à Silverstone et à Phillip Island cette année, et peut-être sur l'intégralité des circuits si les constructeurs acceptent la proposition du MotoGP. On sait déjà que le dispositif disparaîtra des motos la saison prochaine.
Jack Miller juge en tout cas la situation actuelle dangereuse à cause des freinages qu'il impose au premier virage, et il estime que cela a joué un rôle dans la chute de Johann Zarco lors du deuxième départ au GP de Catalogne.
"Je pense que maintenant que tout le monde l'a, c'est le variateur de hauteur qui rend tout plus chaotique au premier virage, puisque plus personne n'a un avantage clair", a expliqué l'Australien. "On arrive tous en même temps, il faut tous qu'on freine énormément, non seulement pour contrôler l'arrière et débloquer l'avant."
"Je pense que l'incident entre Pedro [Acosta] et Álex [Márquez] était malheureux. D'après ce que je comprends, la moto s'est arrêtée, c'est tout. C'est dommage mais ça peut arriver et heureusement, tout le monde s'en est bien sorti."
Johann Zarco est tombé lors du deuxième départ à Barcelone.
Photo de: Gold and Goose Photography / Getty Images
"Dans l'incident avec Johann, on voit l'écart avec le pilote de devant, il se rapproche, ça se stabilise et il se rapproche encore. C'est l'inconstance sur les freins, en n'ayant pas la même réaction. C'est un problème du variateur de hauteur."
"Historiquement, Barcelone a toujours été délicat pour le premier virage, depuis de nombreuses années. Je pense que cela s'intensifie un peu plus parce qu'on arrive très vite."
Plusieurs pilotes contredisent Miller
L'opinion de Jack Miller ne fait pas l'unanimité. Pecco Bagnaia est même de l'avis inverse, en jugeant le variateur de hauteur utile pour stabiliser la moto et limiter les risques. Selon lui, ce sont les phases de départ qui suscitent un danger.
"Les devices ne sont pas plus dangereux", a assuré le pilote Ducati en conférence de presse au Mugello. "Sans le device, on commence à avoir plus de mouvements en ligne droite, la moto se cabre."
"Les devices n'ont pas augmenté le nombre de blessures, c'est parce qu'on a deux départs, on veut gagner le plus de positions possibles dans la première partie de la course parce qu'on sait que si on est derrière, c'est dur de doubler, la pression du pneu avant augmente…"
"On sait que la première accélération et le premier freinage offrent une possibilité de prendre un avantage et on en fait plus, mais il y a toujours eu des incidents au premier virage, depuis la première course, et ça existera toujours."
Pecco Bagnaia ne juge pas le holeshot device dangereux au départ.
Photo de: MotoGP
Fabio Di Giannantonio est sur la même ligne que son compatriote. Pour lui, le danger est inhérent à la phase de départ, surtout parce que les pilotes arrivent à une vitesse différente des autres moments du week-end, ce qui complique la situation.
"Je ne pense pas que le device fasse une grosse différence", a confirmé le pilote VR46. "Tout le monde a la même chose. Si on voit les Superbike, qui sont aussi assez rapides, on voit quelques chutes au départ. L'essentiel, c'est qu'il n'y a que deux fois par week-end où l'on arrive tous en même temps au premier virage."
"Au Mugello, on freine à 200 ou 250 mètres et au départ, ça dépend beaucoup de la position de départ. Si on arrive trop vite ou trop lentement, le point de freinage est différent, donc c'est tout le temps différent. On n'a pas de référence claire où freiner."
" Ensuite, je pense que la seule chose qui rend ça assez critique, c'est que certains circuits, on arrive avec une vitesse très élevée, mais à laquelle on n'est pas habitué. C'est mieux d'arriver à chaque tour à 360 km/h et de freiner au même endroit qu'une fois à 300 km/h, sans savoir où freiner."
Marco Bezzecchi ne voit pas non plus de danger particulier. Pour le leader du championnat, les erreurs des pilotes au départ peuvent survenir dans toutes les situations. "Au final, le premier virage, après le départ, est dangereux quelle que soit la moto", a souligné Bezzecchi.
"Le MotoGP va plus vite que le Moto2 ou le Moto3 donc les freinages sont très difficiles. Ce n'est pas à cause des devices selon moi. Sur certains circuits, comme Le Mans, c'est un peu plus dur parce qu'on ne freine pas fort au premier virage. Mais je ne pense pas que c'est à cause du device qu'on peut avoir une chute au départ."
"On fait tous des erreurs, j'en ai fait, [les autres] aussi, tout le monde sur la grille. On ne peut pas vraiment enlever ça de la course."
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