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"On a environ 15 avis" : malgré Barcelone, l'union entre pilotes reste une chimère

Plusieurs pilotes appellent à une union pour évoquer les questions de sécurité, mais les fortes dissensions rendent un tel projet peu probable.

La prise en charge de Johann Zarco, Team LCR Honda, après sa chute

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

Les accidents du GP de Catalogne ont montré le besoin de voir les pilotes avancer d'une voix unie dans les questions liées à la sécurité, mais aussi les difficultés pour y parvenir.

Dès le GP de France, une semaine plus tôt, les rares pilotes présents en Commission de sécurité déploraient l'absence de leurs confrères. Et lorsque l'idée de créer une association pour défendre des intérêts communs, à l'image du GPDA en F1, a été évoquée, ce sont surtout les divisions qui ont été exposées.

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Les accidents de la course principale ont ouvert de nouveaux débats, sur de potentielles améliorations à apporter en termes de sécurité, ou la nécessité de relancer la course à deux reprises. Aux yeux de Jorge Martín, il faut "absolument" trouver un moyen d'unir les pilotes.

"Je sens que pour la sécurité, il faut que les pilotes discutent", a expliqué le champion du monde 2024 ce jeudi au Mugello face à la presse écrite, dont Motorsport.com. "Mais c'est très difficile. J'espère que les équipes, qui ont déjà une association, pourront nous aider sur ça parce que je pense que la sécurité est importante pour tout le monde, pour les pilotes, pour les équipes, pour le championnat. Un pilote ne peut rien faire donc il faut qu'on soit unis." 

Marc Márquez est allé dans le sens de son compatriote. "Ça ne changera pas si les pilotes ne sont pas unis", a souligné le pilote Ducati. Pour autant, cette union souhaitée par de nombreux pilotes paraît impossible, tant leurs opinions sur chacun des sujets sont variables.

"Quand on essaie, tout le monde a un avis différent", a remarqué Martín. "Et pas seulement deux avis, on a environ 15 avis ! J'aimerais travailler sur ça mais ce n'est pas comme si j'allais être président ou quelque chose. J'espère qu'on peut être unis sur des questions vraiment importantes. C'est bon pour le championnat, comme ce qu'ils ont en Formule 1 ou dans d'autres championnats."

Jorge Martín aimerait que les pilotes avancent d'une voix unie.

Jorge Martín aimerait que les pilotes avancent d'une voix unie.

Photo de: Gold and Goose Photography / Getty Images

Ces divisions se sont encore vues après le GP de Catalogne. Quand Jorge Martín et Pedro Acosta se sont demandé s'il était opportun de relancer la course après les différentes chutesFabio Quartararo a estimé qu'il était normal de partir, même s'il a reconnu avoir été très choqué par l'image d'Álex Márquez au sol.

"On fait la course", a résumé le Français ce jeudi. "Si on reste chez nous, c'est sûr que ça n'arrivera pas. On sait tous qu'on fait un sport avec un risque élevé. Il y a deux semaines, je pense que c'était la première fois de ma vie que j'avais deux drapeaux rouge. On n'a pas eu de chance avec celui d'Álex, et celui de Zarco, ça peut toujours arriver au premier virage, mais on n'a pas eu de chance."

"Je pense que c'est notre championnat : c'est dur de repartir mais c'est comme ça. On est tous là pour la course et on sait tous qu'on peut se casser une jambe demain, on peut se casser le bras, on peut avoir une mauvaise blessure. Mais je pense qu'on est là pour rouler. Ça fait partie du boulot."

La Commission de sécurité reste boudée

Il existe pourtant un cadre dans lequel les pilotes sont censés discuter de ces sujets, la Commission de sécurité organisée le vendredi soir pendant un Grand Prix. Mais cette réunion est désertée par les pilotes, dont les présents se comptent souvent sur le doigt de la main. Quartararo a d'ailleurs confirmé qu'il ne s'y rendra pas vendredi, alors que d'autres tiennent à y assister.

"Après une course sérieuse – je veux dire avec des problèmes – on a toujours plus de pilotes en commission de sécurité mais au final, ce n'est pas obligatoire", a déploré Jack Miller, l'un des plus assidus dans ces réunions. "Je pense que ça devrait être obligatoire, mais on devrait tous se battre pour la même chose, à savoir rendre les circuits plus sûrs, les motos plus sûres, les courses plus sûres."

Jack Miller aimerait rendre la présence en Commission de sécurité obligatoire.

Jack Miller aimerait rendre la présence en Commission de sécurité obligatoire.

Photo de: Eric Alonso / Getty Images

Marc Márquez, qui s'exprimait sur le déroulement des week-ends et pas sur la Commission de sécurité spécifiquement, a expliqué en quoi l'emploi des pilotes est très rempli. "Nous sommes humains et ce n'est pas facile de faire un week-end où on pilote non seulement une moto, ce qui est très risqué et très exigeant, et quand on descend de la moto, on enchaîne deux heures et demie d'événements et de choses différentes", a rappelé l'Espagnol.

Cette situation fait que Pecco Bagnaia, toujours présent à l'appel en Commission de sécurité, se montre compréhensif. "C'est difficile de convaincre les autres pilotes de venir parce que c'est une demi-heure dans leur journée et ils peuvent avoir un événement, de la kinésithérapie, du travail dans le garage…" a-t-il listé. "C'est difficile."

"Pour moi, c'est une demi-heure importante. Il est vrai que récemment, c'était plus dur de demander des choses parce que le niveau de sécurité a beaucoup progressé. Ils font un bon travail mais c'est le genre de situation où il faut qu'on ait une voix plus forte. Pour avoir une voix plus forte, il faut plus de monde en Commission de sécurité."

Un manque d'union aux causes multiples

Mais pourquoi les pilotes sont-ils à ce point divisés alors que le GPDA ne pose pas de réelle difficulté en F1 ? "La Formule 1 a ça depuis longtemps et leurs égos ne sont pas plus petits", a souligné Miller, alors qu'Acosta en faisait une des principales explications. "Je ne comprends pas pourquoi on n'a pas ça. Mais en même temps, je comprends que chacun fera ce qu'il veut."

"En termes de salaires, de sécurité, de quoi que ce soit, on en est à un stade où il faut vendre son âme pour avoir une bonne moto, il faut monter sur ce sur quoi ils te disent de monter. Je pense qu'une association pourrait aider, au niveau des pilotes."

"Parfois, celui qui crie le plus fort obtient ce qu'il veut, parfois il se fait remplacer, vous voyez ?" a ajouté l'Australien.

Luca Marini a une explication sur les divisions entre pilotes.

Luca Marini a une explication sur les divisions entre pilotes.

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Pour Luca Marini, une explication vient du fait que les pilotes du MotoGP sont habitués à des rivalités plus directes, entre individus, alors qu'en F1, elles se manifestent plus entre monoplaces d'un niveau différent.

"Je pense que pour les pilotes [de F1], leur package technique fait 90% du travail", a précisé le pilote Honda. "Pendant la course, s'ils se battent avec quelqu'un, ce n'est pas comme se battre face à un autre pilote [en MotoGP], qui se bat face à toi."

"S'il est 20e sur la grille mais devant au premier virage, il ne laissera passer personne. Je pense que la compétition entre pilotes MotoGP est beaucoup plus forte parce qu'on sait qu'on peut décrocher un bon résultat même si la situation n'est pas incroyable."

Pour Marini, la Commission de sécurité n'est "pas le bon endroit" pour des débats entre pilotes. Il a pu discuter de la situation avec des membres de la VR46 Riders Academy, Pecco Bagnaia et Franco Morbidelli, ainsi qu'avec son demi-frère, Valentino Rossi, alors que les quatre hommes étaient réunis il y a quelques jours.

Bagnaia a pourtant en tête un sujet qui mériterait une discussion avec les instances dirigeantes, afin de garantir d'avoir des pneus suffisamment bons après un drapeau rouge, ce qui n'était pas vraiment son cas à Barcelone.

"Une chose que l'on peut étudier, que l'on pourrait leur demander, c'est que la situation soit identique pour tout le monde. Dans mon cas, je suis tombé avec la moto qui avait le pneu de secours. Il fallait que je fasse la course avec un avant usé, des qualifications, et un arrière pré-chauffé de vendredi. Je n'étais pas dans une situation idéale, très sûre, mais c'est comme ça. Il faut présenter des idées et il faut parler de tout."

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