L'absence des écrans géants complique la tâche des pilotes

Sans spectateurs, les écrans géants ont été retirés des circuits, au grand regret de plusieurs pilotes, qui utilisent plus cet outil que ce que l'on pourrait croire...

L'absence des écrans géants complique la tâche des pilotes

La pandémie de coronavirus a changé la physionomie des week-ends de Grand Prix. Le monde du MotoGP fonctionne en bulle et le nombre de personnes autorisées dans le paddock a été limité. Le public, accueilli seulement sur les courses de Misano et du Mans cette année, sera absent des derniers rendez-vous de la saison. Valence, théâtre des deux prochaines courses, a un temps envisagé d'ouvrir certaines tribunes avant d'y renoncer, tandis que Portimão, qui accueillera la dernière manche de la saison, a vu son désir d'accueillir 50 000 spectateurs s'envoler ce week-end, le Premier ministre António Costa estimant que trop de risques avaient été pris lorsque le circuit a accueilli la Formule 1.

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Sans public, les écrans géants présents tout autour de la piste ont disparu, avec des conséquences insoupçonnées pour les pilotes. Même s'ils n'ont bien évidemment pas le loisir de suivre la course sur ces écrans, les pilotes ont l'habitude d'y jeter un œil, notamment pour voir leur position durant une séance de qualifications ou avoir une idée de l'écart avec un poursuivant. Après sa victoire au Mans, où les écrans étaient présents, Danilo Petrucci a confié qu'il pouvait "voir la course", ce qui l'a aidé à contenir ses rivaux.

Álex Rins juge les écrans géants "importants" pour les pilotes et il a précisé qu'il les regardait "à chaque tour" au Grand Prix de France. Son équipier, Joan Mir, regrette aussi de ne pas pouvoir s'appuyer sur cet outil. "C’est vraiment dommage de ne pas les avoir", a déploré le leader du championnat en conférence de presse au MotorLand Aragón. "Normalement, quand on finit une séance, on regarde si on est dans le top 10, pour la Q2. En course, parfois, je pouvais regarder un peu l’écran pour voir où étaient les gens derrière. On ne peut pas voir. Quand on les a, on n’y fait pas attention, mais quand on ne les a pas, c’est un peu étrange."

Les écrans sont utiles pendant les essais

D'autres pilotes ont dû changer leurs habitudes. "Pour moi, c'est surtout en qualifs", a expliqué Fabio Quartararo. "Quand on finit la séance et qu'on sait qu'on a fait un super tour, mais sans savoir si on est premier, deuxième ou troisième. Pour moi, c'est la seule chose qui manque vraiment avec les écrans, parce que quand on roule, on ne regarde jamais les écrans. En Moto2 et en Moto3, oui, mais pas en MotoGP ça va trop vite et on ne peut pas perdre sa concentration. Donc pour moi c'est juste pour savoir dans quelle position on a fini les qualifs." 

La situation est similaire pour le futur équipier du Français, Maverick Viñales. "Normalement j'utilisais ces écrans en étant en piste pour savoir combien de temps il reste, pour ça c'est plutôt bien", a expliqué le pilote Yamaha. "Et aussi pour comprendre à quelle place on est en qualifs, parce que parfois on arrive au stand et on ne sait pas si on est premier, deuxième ou troisième. En course, c'est très difficile, on peut peut-être le voir une fois quand on est en piste, mais en essais c'est bien pour voir combien de temps il reste. On l'a sur le dashboard, mais je ne l'utilise pas."

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Les informations sur ce tableau de bord sont en effet très limitées, à tel point que certains pilotes demandent l'introduction de radios. Ce dispositif a été testé à Misano mais il a encore certaines faiblesses. En attendant ce possible changement et sans écrans géants, les pilotes s'appuient sur une méthode moins technologique, mais qui a fait ses preuves. "Maintenant, les panneaux des stands sont plus importants que jamais", a expliqué Álex Márquez.

Avec Léna Buffa

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