Joan Mir aurait "l'impression d'échouer" en quittant Honda

Trois ans après son titre de Champion du monde MotoGP, Joan Mir est au plus bas. Alors que des rumeurs font état de discussions avec Gresini pour la saison prochaine, il affirme vouloir honorer son contrat mais appelle clairement Honda à réagir.

Joan Mir, Repsol Honda Team

Pièce par pièce, le puzzle MotoGP prend forme en vue de la saison 2024, mais certains emplacements de choix cherchent encore preneur et notamment dans le groupe Ducati. Outre la moto officielle devant encore être attribuée chez Pramac, le modèle 2023 du team Gresini alimente les spéculations cet été.

Arrivé dans l'équipe italienne cette année, Álex Márquez a d'ores et déjà prolongé son contrat. Son coéquipier, en revanche, se trouve en fâcheuse posture : Fabio Di Giannantonio en est à sa deuxième saison à ce poste et ses résultats, moins convaincants que ceux des autres pilotes Ducati, le mettent de plus en plus sur la sellette.

Or, impossible de ne pas remarquer que le pilote romain a pour ingénieur de piste cette année Frankie Carchedi, qui n'est autre que le manager de Jake Dixon et l'ancien ingénieur de Joan Mir. Un temps cité parmi les candidats à ce poste, l'Anglais a finalement prolongé son contrat en Moto2 − de même que Tony Arbolino − et les regards se tournent à présent vers le Champion du monde 2020.

Très à la peine depuis qu'il a rejoint Honda cette saison, Mir a cumulé les abandons, les chutes et les blessures durant la première partie du championnat. Écarté deux mois par une blessure de la main et mentalement atteint, il a même admis à son retour, début août, qu'il avait brièvement envisagé d'arrêter sa carrière avant de se remobiliser. Ses problèmes ne sont toutefois pas réglés, à tel point que les rumeurs se sont multipliées quant à son hypothétique envie de rompre son contrat avec Honda au bout d'un an seulement, comme l'a fait son ex-coéquipier Álex Rins, pour tenter de se relancer sur la Ducati du team Gresini.

Directement interrogé sur cette question à son arrivée à Barcelone, jeudi, Joan Mir n'a pas nié qu'un contact a bien eu lieu, tout en réfutant l'hypothèse selon laquelle ce serait son propre manager qui serait allé démarcher d'autres équipes. Il a néanmoins affirmé son souhait de poursuivre ses efforts afin de réussir à se montrer compétitif avec la Honda.

"Il est clair que quand un pilote est dans la situation qui est la mienne actuellement, des équipes manifestent leur intérêt", a-t-il indiqué au site officiel du MotoGP. "C'est formidable, mais pour le moment, ce que je veux c'est continuer le projet avec Honda, essayer de… J'ai le sentiment que si je devais partir maintenant, j'aurais l'impression d'échouer et je ne le souhaite pas."

"Je suis jeune et je pense que j'ai de la marge pour gagner à nouveau dans quelques années, même si ce ne sera pas cette fois-ci, de toute évidence", a ajouté le pilote de 25 ans par la suite, lors de son point presse. "J'ai une dette ici et je veux que ça marche", a-t-il poursuivi. "Ce serait vraiment bien de pouvoir gagner avec deux marques japonaises différentes, et si je l'ai fait avec Suzuki, je pense que ça peut aussi se faire avec Honda."

Le besoin de voir Honda réagir

"Je ne veux pas ressentir ça", a-t-il repris en évoquant à nouveau ce sentiment d'échec qu'il souhaite éviter. "Je veux donner d'autres chances [à Honda], mais il est vrai aussi que je veux le faire si Honda le fait. Je leur fais confiance mais je veux sentir qu'ils font quelque chose."

Questionné frontalement pour savoir s'il avait pris une décision quant à son avenir, le pilote espagnol a répondu : "Ma décision est de rester, mais on veut aussi des changements pour essayer de se rapprocher."

"Cette première partie de la saison, ça n'a pas été suffisant, ça n'a pas été tel que je l'attendais, et il est certain que si je décide ce que j'ai déjà décidé, je veux des réponses", a-t-il ajouté en évoquant cette "décision" d'honorer son contrat. Et de préciser qu'il veut, certes, laisser sa chance à Honda mais qu'il ne peut pas "perdre plus d'années".

Joan Mir n'a marqué de points qu'au GP du Portugal, le premier de la saison.

Joan Mir n'a marqué de points qu'au GP du Portugal, le premier de la saison.

Sur les six Grands Prix qu'il a disputés, Joan Mir n'a vu l'arrivée qu'une fois, lors de la manche d'ouverture au Portugal, et au-delà de ses nombreux abandons, ses performances générales sont restées bien faibles, à l'image de la période noire que vit Honda. L'arrivée d'un nouveau package aéro ce mois-ci n'a pas reçu un accueil très enthousiaste de la part des pilotes, et alors qu'un test important se profile à Misano dans quelques jours, le Majorquin rappelle que la réaction qu'il attend de la part des ingénieurs doit être radicale.

"On a besoin d'un changement énorme, on a besoin d'un concept différent et, à partir de là, de commencer à progresser pour l'avenir. Je ne pense pas qu'on trouvera la moto de nos rêves au test de Misano et qu'avec cette moto, on gagnera tout. Non. Je sais ce qu'on vit ici, je sais quelle est la réalité et je crois qu'avec beaucoup de forces, on peut atteindre les sommets. Mais [il faut avancer] pas à pas."

Le nom de Franco Morbidelli fait aussi partie de ceux qui circulent pour la deuxième place à prendre chez Gresini Racing. L'Italien est néanmoins cité comme "probablement la possibilité la plus réelle" de remplacer Johann Zarco chez Pramac Racing, bien que l'accord n'ait pas encore, selon lui, été scellé.

Avec Germán Garcia Casanova

Lire aussi :

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article

Voir aussi :

Article précédent Takaaki Nakagami sera à "99,99%" chez LCR en 2024
Article suivant Bezzecchi : un an de contrat qui laisse des portes ouvertes pour 2025

Meilleurs commentaires

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France France