Jorge Martín s'est fait très peur avec "une chute dangereuse"
En tombant de façon inattendue et brutale pendant les premiers essais du GP de Catalogne, Jorge Martín dit avoir pensé à l'accident qui fut fatal à Luis Salom ici-même, il y a dix ans.
Jorge Martín a été un des grands animateurs de cette première journée à Barcelone, et pas uniquement pour les bonnes raisons. L'Espagnol a d'abord brillé par son entame des essais, ce matin, rapide et d'emblée spectaculaire notamment dans son passage iconique du virage 5 l'épaule au sol. Mais il a ensuite subi une grosse chute ayant un temps fait craindre pour la suite de son week-end.
Tout juste revenu à la victoire, le champion du monde 2024 a été vu titubant de manière préoccupante lorsqu'il s'est relevé dans le gravier du virage 12 du Circuit de Barcelona-Catalunya. Il venait de perdre l'avant de son Aprilia et d'être envoyé vers l'airfence, proche de la piste à cet endroit.
Si la protection gonflable a joué son rôle en stoppant à la fois le pilote et sa moto, le choc a été brutal. Paolo Bonora, team manager de l'équipe d'usine Aprilia, a par la suite indiqué que la RS-GP avait heurté Martín après avoir rebondi. Le pilote a pourtant très vite repris ses esprits et, après un rapide check-up avec le médecin du championnat dans le camion Aprilia, il a repris la piste pour un essai de départ à l'issue de la séance.
Il a ensuite été expliqué que des massages au niveau de l'avant-bras gauche, où il souffrait d'un hématome, ont suffi à le faire aller mieux avant la seconde séance, qu'il a disputée normalement. Celle-ci lui a valu une seconde chute, sans gravité, et une performance bien plus modeste que celle de ce matin, ce qui l'envoie en Q1 pour la première fois de la saison.
Mais lors de sa rencontre avec la presse cet après-midi, à laquelle assistait Motorsport.com, Jorge Martín a surtout voulu rassurer sur son état, tout en pointant la dangerosité de l'endroit où il est tombé, avec des mots très forts.
Comment vas-tu après ta chute ?
Je vais bien. Je me sens chanceux que rien ne soit arrivé ce matin, parce que je crois que c'était une chute dangereuse et, pour moi, très effrayante. Mais j'allais bien et j'ai pu rouler cet après-midi. Physiquement, je me sens très bien. Évidemment, après ma nouvelle chute cet après-midi, j'ai des douleurs ailleurs, mais on va regarder tout à l'heure et on verra. Mais je pense que je pourrai être à 100% dimanche.
L'airfence paraît très proche dans ce virage. Ça n'est certes pas un endroit où l'on voit beaucoup de chutes, mais faudrait-il en parler et envisager un changement ?
Absolument. Je pense que c'est très dangereux de tomber à cet endroit. Je n'aime pas trop dire ça, mais ça me rappelle beaucoup ce qui est arrivé à Luis Salom [mort dans une chute à Barcelone lors du Grand Prix Moto2 de 2016, ndlr]. Quand j'étais en train de tomber, j'ai pensé à lui, immédiatement. Heureusement, la moto a tourné donc je suis allé vers l'airfence et non vers le guidon ou d'autres pièces. Mais il est certain que c'est un endroit qu'il faut améliorer parce qu'il est très dangereux.
Je n'aime pas trop dire ça, mais ça me rappelle beaucoup ce qui est arrivé à Luis Salom. Quand j'étais en train de tomber, j'ai pensé à lui, immédiatement.
La chute a aussi paru étrange, très soudaine…
J'avais plus d'angle et plus de freins qu'au tour précédent. Mais j'étais relax, je ne poussais pas. Par contre, on avait beaucoup de mal à faire monter le pneu avant en température ce matin. Cet après-midi, ça allait, on a pu prendre le medium, mais ce matin c'était dur de le faire monter en température, et c'est la raison pour laquelle on ne pouvait même pas pousser. Or, si on ne pousse pas, on ne chauffe pas [les pneus] et ça ne s'arrête jamais.
Jorge Martín passera par la Q1 samedi.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Ça concerne uniquement le côté gauche du pneu ?
Le problème est plus prononcé sur le côté gauche, c'est sûr, mais ça s'est aussi produit à droite. Il faut donc qu'on fasse très attention. À ce moment-là, je voulais suivre Fabio [Quartararo], simplement pour faire chauffer mon pneu, et ensuite je suis tombé. Comme je l'ai dit, je me sens chanceux qu'il ne me soit rien arrivé aujourd'hui et que je puisse continuer à travailler demain.
Comment te sentais-tu après la chute de ce matin ? Tu semblais assez étourdi.
Je me sens bien, je me sens très bien. On a de la chance d'avoir de très bons médecins, de très bons physios, et dans la seconde séance je n'ai rien ressenti lié à cette première chute.
À quoi étaient dues tes difficultés dans la séance de cet après-midi : à la chute ? À quelque chose qui a changé ?
Je ne sais pas. Ça fait partie de notre sport. Il y a des jours où il faut que l'on pousse plus fort que d'habitude, où l'on a plus de mal. Mais demain, j'aurai une autre grande opportunité d'accéder à la Q2 si tout se passe bien. Et sinon, je continuerai à travailler pour progresser.
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