Jorge Martín cherche à éviter la pression après son erreur coûteuse
Malgré une chute qui le fait reculer au championnat avant les cinq derniers Grands Prix, Jorge Martín cherche à ne pas s'affoler, croyant dur comme fer dans son potentiel face à Pecco Bagnaia.
Jorge Martín n'est que très peu tombé en course cette saison. Après deux abandons sur chute lors des trois premiers Grands Prix, on l'a toujours vu à l'arrivée et bien souvent avec de gros points en poche.
Vainqueur du sprint au Mans, il a retrouvé la victoire de Grand Prix en Allemagne et a entamé une irrésistible série qui allait faire de lui le premier rival de Pecco Bagnaia dans la course au titre. Onzième du championnat après Austin, l'Espagnol s'est installé à la troisième place, puis il a pris l'avantage sur Marco Bezzecchi grâce à son doublé au Sachsenring et n'a eu de cesse de creuser son avance par la suite.
Avec l'accident de Bagnaia au GP de Catalogne et les quelques soucis rencontrés ensuite par l'Italien, Martín est passé à la vitesse supérieure. C'est bien simple, entre le sprint de Barcelone et celui de Mandalika, il a marqué le double de points du pilote Ducati, 139 pour l'un et 70 pour l'autre. Depuis le dimanche catalan, il n'a pas quitté le trio de tête, obtenant six victoires, ainsi qu'une deuxième et une troisième places. Grâce à cette irrésistible série, il était plus que jamais au sommet de la vague au soir du sprint indonésien, désormais passé à la première place du championnat.
Ce statut de leader, comme un rêve qui se réalisait pour lui, l'Espagnol ne l'aura expérimenté que 24 heures avant de commettre à son tour une faute. Six mois après son dernier abandon, la Ducati #89 est donc allée mordre la poussière, entraînant un nouveau changement au sommet du classement général.
Car dans le même temps, Bagnaia avait réalisé une remontée exceptionnelle et il a réussi à gagner depuis la 13e place de la grille, ce que personne n'avait réalisé sur le sec depuis Marco Melandri au GP de Turquie 2006. "Je ne savais pas qu'il était déjà troisième à ce moment-là, j'essayais juste de faire ma course. Je suis impressionné par sa remontée, mais on sait que Pecco est toujours plus fort le dimanche et il a fait un boulot incroyable", a salué le leader déchu, fair-play.
Jorge Martín a-t-il péché par excès d'ambition ? Il ne regrette en tout cas absolument pas son choix du pneu avant tendre, avec lequel il dit s'être senti "super bien". Il met sa chute uniquement sur le fait d'être passé sur la partie sale de la piste en élargissant un peu sa trajectoire au virage 10, ce qui l'a déséquilibré dans le virage suivant. Aurait-il dû ralentir, alors qu'il comptait trois secondes d'avance à mi-course après avoir pris les rênes grâce à un excellent départ depuis la sixième place ? Selon lui, non, car ce n'est pas voulant trop en faire qu'il a fini par tomber.
Cette analyse, très claire dans son esprit, permet au pilote Pramac Racing de se tourner vers la suite sans craintes. Il l'assure, sa confiance n'est pas affectée. "C'était dû aux conditions de piste, pas au fait que j'aurais trop attaqué, parce que je suis tombé après être passé sur la partie sale. J'espère que Phillip Island sera un peu plus propre et que je pourrai éviter ce genre d'erreurs", a-t-il expliqué au micro du site officiel du MotoGP.
Le mot d'ordre pour l'Espagnol, c'est que ça n'est pas le moment de paniquer : "C'est la course, ça peut arriver. Il reste encore dix courses [cinq Grands Prix, ndlr], donc la route est encore longue. Si on était à l'avant-dernière manche ou quelque chose comme ça, je me dirais peut-être que c'est un désastre, mais la route est encore longue, alors je suis content qu'il reste dix courses."
Arrivé en Indonésie à trois points de Bagnaia, Martín a quitté le pays avec 18 points de retard au championnat, un écart qu'il n'avait plus connu depuis cinq semaines. "Je suis à nouveau le chasseur désormais… J'espère qu'il a peur de moi !" a-t-il plaisanté, promettant qu'il allait essayer de se rattraper dès le GP d'Australie.
Lui qui a toujours estimé que la pression était sur les épaules de Bagnaia, compte tenu de son statut de pilote officiel, voilà Martín qui cherche à rester impassible. "Je suis le plus rapide du moment, alors il faut que je garde mon calme", a-t-il décrypté, certain de son potentiel. "Je suis content d'avoir la vitesse. J'ai été rapide sur toutes les pistes. J'ai fait 14 courses sans faire d'erreurs. C'est une question de statistiques, ça devait arriver tôt ou tard et ça a été ici. Je suis malgré tout confiant de pouvoir me battre pour la victoire sur les courses restantes."
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