MotoGP GP d'Italie

Jorge Martín se sent "très limité" avec la Ducati 2022

Jorge Martín estime que des choses auraient pu être "mieux faites" cet hiver chez Ducati, peinant toujours à exploiter le moteur 2022 que les pilotes de l'équipe officielle ont mis à l'écart. Le pilote Pramac a par ailleurs vécu un Grand Prix d'Italie difficile, marqué par un problème de boîte de vitesses.

Jorge Martin, Pramac Racing

Le Grand Prix d'Italie a vu Jorge Martín marquer ses premières points depuis le déplacement à Austin, un mois et demi plus tôt, le Madrilène ayant depuis enchaîné trois chutes en autant de courses. Mais il n'avait pas vraiment de quoi se réjouir de sa très modeste 13e place à l'arrivée, derrière cinq autres représentants de Ducati, à commencer par le vainqueur Pecco Bagnaia, qui a franchi le drapeau à damier plus de 15 secondes avant lui.

Martín n'a pas véritablement pu défendre ses chances en raison d'un souci technique sur sa Desmosedici. "J'ai fait de mon mieux mais j'ai eu un problème avec la boîte de vitesses au bout de six tours", a déclaré le pilote Pramac au site officiel du MotoGP. "Les vitesses ne passaient pas, j'avais du mal du coup je perdais beaucoup de temps et de places. J'ai essayé d'imprimer mon rythme mais c'était difficile d'être régulier avec ce problème."

Alors que Ducati est en pleine réflexion pour attribuer la place libre dans son équipe officielle, Martín n'a pas véritablement marqué les esprits dans les autres séances au Mugello, ne terminant aucune d'entre elles dans le top 5. Celui qui n'a marqué des points que dans trois courses cette année s'est compliqué la tâche dès les EL3 en gênant un pilote, avec à la clé une pénalité de trois places sur la grille de départ.

Les problèmes de Martín ne se cantonnent pas au Mugello. Sur tous les circuits, le meilleur rookie de la saison 2021 doit composer avec une Ducati qu'il peine à comprendre. "À chaque course que j'ai faite cette année, la moto était complètement différente, même si j'ai fait des premières lignes et un podium. Je ne pense pas que c'est là où on doit être", précisait-il après les essais du vendredi, assurant prendre "beaucoup de risques" pour compenser ses difficultés. "Quand j'ai le feeling, les choses viennent facilement et j'espère que ça sera le cas bientôt."

Jorge Martin, Pramac Racing

Jorge Martín

Ce manque de sensations se traduit par une appréhension sur la moto. Un an après la blessure qui lui avait fait manquer quatre courses et à quelques jours d'une opération pour remédier à l'engourdissement de sa main, Martín craint perpétuellement une nouvelle erreur et ne parvient pas toujours à prendre les risques nécessaires pour être performant.

"On aura peut-être besoin de faire [le test post-course de Barcelone] car on a encore besoin de comprendre beaucoup de choses. Je sens que je peux être bien plus rapide, que je peux passer plus vite dans les virages mais je me sens très limité. Je ne sais pas si c'est à cause des pneus ou de la moto mais je sens que si je vais plus vite, je vais tomber."

"Je ne veux pas du tout me blesser, je suis déjà passé par beaucoup de choses. Il faut attendre jusqu'à ce qu'on trouve une base qui rendra les choses plus simples car maintenant c'est dur et [manquer de] chuter à chaque virage n'est pas agréable. Il faut attendre et on va y arriver."

Le moteur 2022 en cause ?

Dans cette quête de progrès, Jorge Martín tente parfois de s'inspirer des réglages des pilotes de l'équipe officielle mais se trouve limité par le fait qu'ils ne disposent pas exactement des mêmes machines. Si les châssis sont identiques, le moteur présente quelques différences, Pecco Bagnaia et Jack Miller ayant préféré une version hybride reprenant des pièces du modèle 2021, tandis que pilotes Pramac et Luca Marini ont conservé le V4 initialement prévu pour la saison actuelle.

"C'est sûr qu'avec [le moteur] qu'on utilise, le 2022, je ne me sens pas bien depuis le premier jour et j'ai encore du mal", a reconnu Martín. Ce dernier espère que Ducati pourra l'aider, tout en ayant conscience des difficultés de la marque, qui doit gérer un parc de huit motos parfois différentes puisqu'en plus de ces distinctions dans les moteurs, trois d'entre-elles sont dans la spécification 2021 : "On a un gros problème avec l'adhérence arrière avec ce moteur. On essaye d'en trouver mais on perd ailleurs. Et quand on cherche de l'adhérence à l'avant, on la perd à l'arrière. C'est très difficile pour nous de trouver une base."

Jorge Martin, Pramac Racing

Jorge Martín

"On essaye parfois [les réglages] de Pecco, les [réglages] de Jack mais au final c'est une autre moto donc on est un peu seuls sur cet aspect. Il faut attendre et j'espère qu'ils vont comprendre comment nous aider. Bien sûr, ils nous aident, mais il est certain qu'avoir quatre spécifications différentes sur la grille fait qu'il n'est pas simple pour eux de comprendre chaque moto. Il faut continuer à travailler la tête dans le guidon, c'est la seule façon de faire."

Martin s'interroge sur certains choix techniques effectués en amont de la saison 2022 mais affiche néanmoins sa confiance pour l'avenir : "Au niveau technique il y a beaucoup de choses qu'on peut améliorer et qui, peut-être, auraient pu être mieux faites durant l'hiver. À présent on le paye durant cette saison. Une saison comme celle-ci est très difficile à supporter mais j'ai confiance et je sais qu'on va arriver à une moto qui sera plus facile à piloter."

Avec Charlotte Guerdoux

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