Marini réaliste sur un top 8 difficilement accessible pour Honda
Les progrès de Honda sont indéniables, récompensés par la perte des concessions cette année. Néanmoins, Luca Marini voit les premières places difficilement atteignables, monopolisées par des motos ayant "énormément haussé le niveau".
Photo de: Honda
Premier pilote Honda au championnat après les trois Grands Prix disputés jusqu'à présent, Luca Marini est aussi celui qui a obtenu le meilleur classement brut dans les deux formats de courses, que ce soit en sprint où il a décroché un top 5 à Austin, et en course principale où il a obtenu la neuvième place du GP des Amériques.
Joan Mir a parfois figuré plus haut mais sans concrétiser, du fait d'une série de chutes. La situation n'est donc, pour le moment, pas très différente de celle de la saison passée, pourtant Marini constate que la concurrence a réussi à s'améliorer de façon notable, ce qui maintient à distance une Honda pourtant sortie du trou noir dans lequel elle avait plongé.
"On peut prendre du plaisir, mais la réalité c'est que le niveau des cinq premiers est vraiment très élevé actuellement", observait-il après sa cinquième place au sprint d'Austin, "donc c'est difficile d'être avec eux et il faut qu'on soit à la limite à chaque freinage, à chaque entrée de virage, et ça ne donne pas une course facile."
Malgré le passage de la gomme arrière à la medium le lendemain, ce qui correspond mieux aux besoins de la Honda pour s'extraire des virages, Marini s'est une nouvelle fois senti limité par rapport aux motos européennes ayant imprimé le rythme.
"C'est une course qui a montré que tout le monde a énormément haussé le niveau. Cette année, les huit premiers pilotes sont incroyables. Les huit premières motos fonctionnent très bien et c'est difficile de s'y mêler", regrettait-il, pourtant auteur d'une belle remontée.
"On pousse à la limite à chaque virage, à chaque freinage, pendant toute la course, d'autant que les pneus fonctionnent très bien. C'est dur, et on n'est pas très satisfaits de toujours être neuvièmes ou dixièmes. On en veut plus, mais il faut qu'on améliore notre package. On verra ce qu'on pourra obtenir au test de Jerez pour envisager figurer un peu plus haut."
On n'est pas très satisfaits de toujours être neuvièmes ou dixièmes. On en veut plus, mais il faut qu'on améliore notre package.
Améliorer le package, c'est ce que Honda a tenté de faire au Texas en apportant un nouvel ensemble aérodynamique, néanmoins cela reste trop timide aux yeux de Luca Marini pour aller chercher le gain de performance nécessaire.
"Honnêtement, en matière d'aéro, il y a encore une grande marge de progression sur notre moto, mais je sais que, sans les concessions cette année, les choses sont déjà établies, donc c'est une chose à laquelle Honda doit davantage penser pour l'avenir. Je leur conseille simplement d'essayer dès cette année tous les petits détails aérodynamiques qu'ils peuvent intégrer au projet de 2027 car on peut avoir un avantage dès cette année", a-t-il suggéré.
Luca Marini se sent contraint de forcer à chaque entrée de virage.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Le prochain Grand Prix, ainsi que les mois de compétition à venir, se dérouleront en Europe, sur des circuits plus classiques laissant entrevoir des conditions plus stables pour chercher à progresser. Ce n'est toutefois pas de ce point de vue-là que Luca Marini se tourne vers Jerez, plutôt intéressé par le test qui fera suite à la course et qui pourrait permettre de déjà ouvrir un second chapitre dans cette saison.
"Que l'on soit en Europe ou en dehors, c'est pareil pour moi. Le plus important maintenant, c'est de se concentrer sur les qualifications", a prévenu le pilote italien, qui s'est qualifié neuvième à Austin, après deux premiers Grands Prix lors desquels il n'est pas sorti de la Q1. La meilleure performance d'une Honda en qualification à ce stade a été obtenue par Joan Mir, cinquième sur la grille texane.
"Si on peut partir devant, on pourra au moins profiter d'une bonne position", a souligné Marini. "Cinquième, c'est déjà une belle position. Je pense que par rapport à notre niveau actuel, P5 est vraiment un très bon résultat pour nous en ce moment - on doit plutôt penser à sixième, septième ou huitième - mais on veut progresser, on veut obtenir de meilleurs résultats. On ne peut pas se dire que l'on va terminer la saison avec cette performance. On veut se battre pour le podium au moins lors de certains Grands Prix cette saison."
Une moto docile et une bonne base à exploiter
Ce gain de places auquel il aspire est-il possible sans nouvelles pièces, simplement en travaillant sur les réglages du package actuel ? "Malheureusement non", a tranché Marini à cette question. "Je pense qu'on a fait un excellent travail cet hiver avec le set-up. J'ai très bien travaillé avec mon équipe, ils ont été formidables et ont pris en compte mes retours. Je pense que l'on a une très bonne base, mais il nous faut des pièces plus importantes."
"On va attendre et essayer de trouver les meilleurs réglages pour chaque course - car ça change beaucoup d'une piste à l'autre - mais en partant toujours de ma base, qui est très bonne. On a clairement des idées, on sait qu'on doit progresser dans la phase d'entrée dans les virages et de trouver un meilleur turning, un peu plus de stabilité pour permettre aux pilotes d'être plus agressifs et moins à la limite. Ce sera la priorité principale pour le moment. Et puis il y a toujours le grip arrière, mais ça on le sait, ça dure depuis longtemps."
Honda a le mérite d'avoir réussi à apaiser sa moto, elle qui était si impétueuse il y a encore quelques années. Désormais, aux yeux d'un Luca Marini dont l'apport en matière de développement a été unanimement salué, il faut un gain de performance pour épouser cette docilité si appréciable.
"Il nous manque la performance maximale. La moto est très agréable à piloter, les sensations sont celles d'une moto très agréable que l'on a l'habitude de piloter depuis le début de sa carrière. Son ADN est celui d'une vraie moto, et elle est agréable à piloter", a décrit celui qui a tâté l'éventualité d'un départ pour Yamaha.
"On monte sur la moto et se sent naturellement rapide, tout fonctionne bien. Mais quand on a besoin d'aller chercher un chrono record, c'est difficile à cause du manque de grip, dont on se plaint tout le temps, et de l'aéro qui ne nous aide pas assez pour tourner. Il y a certaines choses qui restent inchangées. On les améliore, mais il nous faut plus de temps."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires