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Et si la chute de Zarco l'avait libéré après un début de saison décevant ?

La chute de Johann Zarco au Grand Prix des Amériques pourrait être vue comme un coup dur de plus dans un début de saison difficile. Aux yeux du Français, elle a peut-être initié le rebond dont il avait besoin.

Johann Zarco, Team LCR Honda

Photo de : LCR Honda MotoGP Team

Depuis son arrivée chez LCR il y a deux ans, Johann Zarco a été le pilote le plus performant de Honda. Le Français a décroché les meilleurs résultats de la marque, avec en point d'orgue une victoire mémorable au Grand Prix de France l'an passé. C'est justement à l'occasion de la conférence de presse de présentation de la prochaine édition de cette course que Zarco a livré un bilan de son début de saison.

La Honda progresse mais pas le pilote LCR, qui peine à s'adapter aux évolutions apportées à la moto depuis l'été dernier. Pendant que Joan Mir et Luca Marini voient leurs résultats s'améliorer, Zarco piétine avec des performances en dessous de ses attentes.

"Ça se passe moins bien que ce que j'aurais pu imaginer", a-t-il reconnu lors de la conférence de presse organisée ce mercredi matin. "On a vu que la moto a bien évolué. Depuis 2024, la Honda a fait de grands pas en avant."

"Surtout, les autres pilotes Honda, de l'équipe officielle, se sont sentis beaucoup mieux. On les voit plus aux avant-postes alors que moi, je n'ai pas encore réussi à bien utiliser les qualités de la nouvelle moto."

Au Grand Prix des Amériques, Zarco était même le moins bien placé des quatre pilotes Honda sur la grille de départ. Il a arraché un point lors du sprint mais en course principale, un contact avec Enea Bastianini l'a fait chuter, sans pour autant mettre fin à son dimanche.

Zarco n'avait plus rien à espérer sur le plan sportif mais il a décidé de remonter sur sa moto, et bien lui en a pris : "Dimanche, j'ai eu des sensations qui étaient assez uniques, après avoir chuté en course avec un contact avec Bastianini. Je repars en me disant, 'Je repars, peut-être qu'il va y avoir un drapeau rouge'. […] Mais pas de drapeau rouge, du coup je suis tout seul sur la piste."

Johann Zarco, Team LCR Honda

Johann Zarco a vécu un Grand Prix en solitaire.

Photo de: LCR Honda MotoGP Team

Johann Zarco a cherché une nouvelle motivation, consistant surtout à préserver sa dizaine de secondes d'avance sur Marco Bezzecchi, pas loin de lui coller un tour mais finalement jamais revenu sur lui.

"En fait, j'ai Bezzecchi derrière, je le vois parce qu'il me reprend un tour. Je me suis motivé, j'ai dit 'Bon, on verra s'il me rattrape, j'ai quand même beaucoup d'avance', et il ne m'a pas rattrapé ! C'était plutôt positif. Il y avait un petit challenge comme ça, une manière de rouler sans pression."

Je me suis dit 'La moto, elle ne marche pas si mal'. Franchement, ça, ça fait beaucoup réfléchir.

Cette capacité à se libérer sur la Honda est peut-être ce qui a manqué à Zarco en début de saison mais qu'il a retrouvé dimanche, alors qu'il n'avait plus aucun point à sa portée. Il espère que cette course en solitaire et le rythme qu'il a pu afficher resteront le déclic dont il avait besoin.

"Ces derniers temps, j'ai envie de profiter sur la moto. Il se passe beaucoup de choses dans la vie qui me disent qu'en fait, le seul moment où je peux vraiment me libérer, c'est sur la moto. C'est à l'entraînement, mais j'ai envie que ça soit aussi en course parce qu'en course, on a toujours de la pression."

"À un moment, il faut se dire 'Attends, j'ai une MotoGP, une moto sur laquelle tout le monde rêverait de monter', et c'est moi qui suis dessus. Et pourquoi je ne prendrais pas autant de plaisir qu'à l'entraînement sur la moto de course ? Je l'ai fait dimanche : plus de pression, le week-end était terminé, il n'y avait plus qu'à faire 18 tours et dire, 'Allez, je vois ce que ça donne'. Et j'ai eu le deuxième temps en course."

Johann Zarco, Team LCR Honda

Johann Zarco a eu de bonnes sensations à Austin.

Photo de: LCR Honda MotoGP Team

"C'est là que je me suis dit 'La moto, elle ne marche pas si mal'. Franchement, ça, ça fait beaucoup réfléchir. J'ai même un peu noté ses sensations. Il y a eu quelque chose, un lâcher prise, je ne sais pas. J'espère retravailler ça, retrouver ça sur les courses qui vont arriver."

En tant que vétéran du plateau, Zarco sait qu'il vit ses dernières saisons en MotoGP. Sa motivation reste néanmoins intacte, tout comme son envie de grands résultats. Les choses ne viennent pas aussi facilement qu'à l'époque de ses deux titres en Moto2 ou pour les pilotes qui dominent le MotoGP aujourd'hui, mais il juge indispensable de retrouver cette capacité à être en harmonie avec sa moto.

"À mon avis, c'est ce qu'est en train de vivre Bezzecchi, c'est ce qu'a vécu [Pecco] Bagnaia à une époque, c'est ce qu'a vécu Fabio [Quartararo] aussi sur les grandes années Yamaha. Moi je l'ai vécu aussi, il y a presque 10-12 ans, ça fait loin."

"Mais en fait, même si physiquement, à 36 ans, on est moins frais qu'un pilote de 25 ans, la rage au ventre, elle est en tout cas toujours là, et c'est la même que lorsqu'on a 20 ans donc ça me motive. Et je me dis 'Pourquoi pas de belles choses ?'"

"Tant qu'il y a vraiment cette rage, si ensuite on arrive à gérer, ou que par des opportunités – pluie, vent, changement de pneus, mais même dans des conditions régulières – il y a moyen de vibrer, de kiffer, et de performer, parce qu'on est programmés pour ça. Il y a des jeunes sportifs qui veulent ça, et en fait, par la répétition, ils vont se programmer comme ça. Moi j'ai été programmé,  maintenant il n'y a plus qu'à diffuser le programme."

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