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"Encore loin" de ses sensations de 2025, Marc Márquez avance à son rythme

Actuellement cinquième du classement général, Marc Márquez affiche sa volonté de construire son championnat pierre par pierre. Et la priorité numéro une est de retrouver toute sa force physique.

Marc Marquez, Ducati Team

Photo de : Qian Jun / MB Media via Getty Images

Il ne s'étend pas vraiment sur le sujet, cependant Marc Márquez ne cache pas être encore gêné par son épaule, blessée il y a six mois. Il a certes fait son retour à la compétition cette saison, après une longue pause lui ayant fait manquer la fin du championnat 2025, qu'il venait de remporter au moment de son accident, mais la situation n'est pas complètement résolue.

L'Espagnol n'a plus vraiment mal, ce qui lui a permis de faire deux bonnes journées de motocross entre les deux premiers Grands Prix, un indicateur important pour lui et un élément fondamental dans sa préparation. En revanche, une certaine limitation perdure, qui a pu peser sur la configuration qu'il a choisie pour sa Ducati cette année, et qui se ressent aussi dans la manière dont il pilote.

Voilà pourquoi, après avoir renoué avec le succès lors du sprint de samedi, à Goiânia, Márquez disait être encore loin du niveau qu'il peut atteindre tout en concédant se sentir de mieux en mieux.

"En ce qui concerne la façon dont je me sens sur la moto, oui", a-t-il répondu lorsqu'il lui a été demandé s'il s'agissait de ses meilleures sensations depuis qu'il a repris les essais, "mais on est encore loin des sensations que j'avais l'année dernière."

 

"Sur la moto, j'ai l'impression d'avoir un style de pilotage très étrange", expliquait-il encore. "Je ne me sens pas comme l'année dernière, détendu, à l'aise, en harmonie avec mon corps. Je suis raide, je ne suis pas détendu, je ne joue pas [avec la moto]. Je me fais des chaleurs que je n'arrive pas vraiment à comprendre."

Ce pilotage plus rigide qu'à son habitude, Márquez le ressent et l'observe également sur les images TV. Au Brésil, où il s'est battu avec un autre pilote Ducati, Fabio Di Giannantonio, dans le sprint puis dans la course principale, la différence était notable à ses yeux.

"On essaie d'ajuster l'équilibre de la moto, parce que comme vous pouvez le voir à la TV, Fabio et moi avons des styles de pilotage complètement différents, et on dirait que j'ai un peu plus de mal cette année. Donc, avec Ducati, on essaie de comprendre comment tirer parti de mon style de pilotage."

Marc Marquez, Ducati Team

Marc Márquez (Ducati Team)

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Davide Tardozzi, team manager de l'équipe d'usine Ducati, concédait à l'issue du Grand Prix, une nouvelle fois dominé par Aprilia, que le constructeur de Borgo Panigale ne devait pas compter sur son pilote star pour toujours compenser les faiblesses de la moto, or après ces deux premières manches, elle semble bel et bien en avoir face à la RS-GP.

La course qui se profile à Austin, sur une piste parmi les préférées de Marc Márquez pourrait livrer un scénario différent, à condition justement que l'Espagnol ne soit pas limité par une épaule qui aurait pâti de l'effort important requis par ces deux Grands Prix qui s'enchaînent.

Viendra ensuite une pause bienvenue, conséquence du report du GP du Qatar, et que le champion en titre attend avec l'espoir de franchir un nouveau cap dans sa récupération. "Après Austin, il y aura encore [une pause] de trois semaines, j'aurai le temps de me rétablir", anticipait-il dès son arrivée à Goiânia, conscient qu'il allait devoir se préserver.

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Ne pas tirer de conclusions hâtives

Au final, Márquez a jugé son week-end "acceptable" et veut surtout retenir qu'il progresse physiquement : "Selon moi, ça a été un week-end acceptable pour nous et c'est le plus important. Je me sens mieux qu'en Thaïlande, alors on va voir si on peut faire mieux à la prochaine course."

"J'ai dit en Thaïlande que j'étais loin de mon niveau, mais je sens que j'ai progressé ici. Mais, aujourd'hui, ce qui m'a le plus aidé, c'est qu'hier on a roulé sous la pluie, et dans ces conditions, on ne dépense pas d'énergie."

Fabio Di Giannantonio, VR46 Racing Team, Marc Marquez, Ducati Team

Marc Márquez s'est trouvé rigide quand il s'est bagarré contre Fabio Di Giannantonio.

Photo de : Evaristo Sa / AFP via Getty Images

"C'est toujours une conséquence", a-t-il également précisé après la course quand il a été questionné sur le rapport entre sensations physiques et sensations avec la moto en elle-même. "Quand on se bat contre la moto, on dépense plus d'énergie."

Le champion en titre ne peut que constater, en effet, qu'Aprilia a pris le leadership depuis qu'il s'est blessé. Or, il sait aussi que le championnat est une course d'endurance, alors en attendant de se sentir à nouveau en pleine possession de ses moyens, il compte prendre chaque point à sa portée.

"Il me manque ce que j'avais l'année dernière et que Bezzecchi possède désormais avec son Aprilia. Quand on n'a pas la vitesse qu'on avait l'année dernière, l'important est de marquer des points. Je ne me sens pas encore à l'aise, j'espère y parvenir bientôt et que la vitesse suivra."

Il faut prendre cinq courses et ensuite essayer de comprendre où l'on se situe.

Marc Márquez a déjà averti qu'il ne faudrait de toute façon tirer aucune conclusion quant à la hiérarchie actuelle avant d'avoir couru à Jerez, dans un mois. Cette épreuve, souvent plus à même de dévoiler le niveau que chacun pourra exprimer sur une majorité de pistes, sera également suivie par un test où Ducati a d'ores et déjà prévu une nouveauté.

"On ne peut pas évaluer le niveau d'un pilote ou d'une moto sur une seule course", a prévenu le pilote. "Il faut prendre cinq courses et ensuite essayer de comprendre où l'on se situe. Le fait est qu'ici on a changé de carcasse [de pneu]. La moto se comporte différemment et ce n'est pas la carcasse que l'on aura pendant toute la saison ; à Austin, on en aura une autre."

"Donc, le plus important pour moi, pour le championnat, c'est d'être bien là, et c'est ce que j'essaie de faire. Par temps de pluie, être là. Sur piste humide, être là. Sur de nouveaux circuits, être là. C'est vrai que je ne roule pas comme je le voudrais, mais je sens qu'il y a eu un progrès entre la Thaïlande et ici. Ça me donne donc de l'énergie positive pour continuer à travailler."

Avec Germán Garcia Casanova et Vincent Lalanne-Sicaud

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