Ducati : "Nous ne pouvons pas toujours compter sur le talent de Márquez"
Après une entame de championnat étonnamment compliquée, le team manager Ducati alerte sur le besoin de progresser collectivement, sans se reposer sur le seul talent de Marc Márquez.
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Ceux qui attendaient une domination écrasante de Ducati cette saison en sont pour leurs frais. Si ce début de championnat s'inscrit dans une continuité, c'est celle de la fin de saison dernière où, en l'absence d'un Marc Márquez blessé, Aprilia et Marco Bezzecchi avaient pris le leadership.
Après deux manches disputées dans cette nouvelle campagne, le duo italien reste invaincu le dimanche et Ducati doit se contenter de résultats bien moins prestigieux qu'attendu.
Une pole position est revenue à Borgo Panigale par l'intermédiaire de Fabio Di Giannantonio, l'autre ayant été décrochée par Noale. En sprint, Ducati a obtenu trois médailles sur les six en jeu, avec une victoire pour Márquez et l'autre pour le duo Acosta-KTM à la suite d'une pénalité du champion en titre.
Enfin, les dimanches ont été la chasse gardée de Bezzecchi sur sa RS-GP. Fait rarissime, aucune Ducati ne figurait sur le podium du GP de Thaïlande, une première depuis 88 épreuves ! Au Brésil, seul Di Giannantonio a pu s'y hisser, derrière un doublé Aprilia.
Y a-t-il matière à s'inquiéter du côté de Borgo Panigale ? Pas encore à en croire Marc Márquez, qui a plusieurs fois fixé à Jerez l'échéance qui permettra de mieux évaluer la situation.
D'une part, car les deux premiers Grands Prix se couraient avec une carcasse de pneu arrière atypique, notoirement appréciée par les Aprilia. Mais aussi car la piste espagnole, qui accueillera le championnat fin avril après un troisième Grand Prix disputé cette semaine au Texas, marque l'entrée dans la saison européenne et est souvent perçue comme étant un indicateur fiable de la hiérarchie, en plus d'accueillir un important test post-GP.
Cependant, aux yeux de Davide Tardozzi, il n'est pas question d'attendre pour redresser la barre. "C'est dès Austin que nous voudrions réagir en termes de résultats, pas à partir de Jerez", a-t-il prévenu dimanche au micro de Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat. "Je crois et j'espère qu'à partir de la prochaine course, nous réussirons à nous battre jusqu'au bout, y compris le dimanche."
Tardozzi a également exprimé cette détermination en répondant aux questions de Motorsport.com dimanche, après la course de Goiânia, mais pas avant d'avoir salué le succès de la marque rivale.
"Tout d'abord, félicitations à Aprilia, ils ont très bien travaillé depuis l'année dernière. Je pense que depuis le milieu de la saison dernière, ils se sont montrés très compétitifs. Ils ont beaucoup progressé, il ne nous reste donc plus qu'à les féliciter", a déclaré le team manager de l'équipe d'usine Ducati, avant d'aborder les sujets qui fâchent.
Marc Márquez est celui qui a le plus représenté Ducati aux avant-postes en ce début de saison.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"Ce furent deux courses très difficiles, elles nous ont beaucoup appris. Nous ne sommes plus seuls, nos adversaires ont beaucoup progressé, et nous devons désormais montrer que Ducati est capable de rattraper son retard."
Et Davide Tardozzi de poursuivre en soulignant le travail déjà mené par Gigi Dall'Igna et son équipe d'ingénieurs pour rectifier le tir : "Gigi travaille depuis l'hiver pour rattraper notre retard dans les domaines où nous sommes un peu à la traîne. Il est clair qu'Aprilia a fait du très bon travail et que ça ne sera pas facile."
"Je pense qu'Aprilia restera compétitive à Austin, mais je suis sûr que Ducati sera plus proche. À Jerez aussi, ils seront très forts, mais nous pourrons nous rapprocher. Nous connaissons le problème et nous cherchons un moyen de le résoudre."
La responsabilité ne doit pas reposer sur Márquez
Au Brésil, le succès de Márquez dans la course sprint était le premier qu'il décrochait en six mois, la faute notamment à la blessure qui l'a mis sur la touché sitôt son titre acquis, l'an dernier, mais aussi au niveau affiché par Aprilia. Il sera très attendu cette semaine alors que le championnat retrouve Austin, l'une de ses pistes fétiches.
Davide Tardozzi a toutefois tenu à avertir : l'Espagnol ne doit pas être placé en position de compenser les hypothétiques faiblesses de Ducati. D'une part, car c'est à la moto de s'améliorer pour que Ducati retrouve son leadership technique. Mais si le team manager souhaite alléger la responsabilité incombant à Márquez, c'est aussi que l'Espagnol n'est actuellement pas au meilleur de sa forme, toujours en phase de récupération de sa blessure à l'épaule.
"En ce moment, nous avons un Marc qui n'est pas à 100% physiquement, même si ce n'est pas une excuse puisque les autres Ducati sont derrière. Nous ne pouvons pas toujours compter sur le talent de Marc pour nous sortir d'affaire", a-t-il alerté.
"Marc n'est pas à 100%, mais comme tous les grands champions, il ne s'en plaint pas et travaille simplement dur pour essayer d'obtenir les meilleurs résultats possibles."
Après celui de Valence qui avait conclu le championnat 2025, Aprilia a décroché un nouveau doublé au GP du Brésil.
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Outre ce que Marc Márquez n'a pas réussi à faire en ce début de championnat, ce sont les résultats de l'ensemble des pilotes Ducati qui témoignent le mieux des difficultés actuelles.
Fabio Di Giannantonio s'en sort avec les honneurs en ayant réussi à se mesurer au #93 au Brésil et surtout à décrocher une pole et un podium. Fermín Aldeguer s'en est plutôt bien sorti lui aussi, en dépit de sa récente lourde blessure à la jambe.
En revanche, Pecco Bagnaia a déjà cumulé les revers en l'espace de deux Grands Prix, Franco Morbidelli apparaît distancé sur la version précédente de la Ducati. Enfin, Álex Márquez, si brillant l'an dernier, témoigne de difficultés à stopper sa moto et à entrer dans les virages qui ne sont pas sans rappeler ce qu'a beaucoup répété Bagnaia depuis un an.
"Gigi et les ingénieurs ont identifié les domaines dans lesquels nous sommes un peu plus déficitaires par rapport au fait qu'Aprilia a progressé", a précisé Tardozzi à Sky Sport MotoGP, "surtout en entrée de virage et dans la stabilité de la moto dans les virages rapides. Ils ont donc une vitesse de passage qui s'est nettement améliorée."
"Ceci étant dit, la chose est assez claire, mais trouver une solution n'est pas si simple. Mais j'ai une confiance immense en Gigi et dans les ingénieurs Ducati, et je crois que nous la trouverons."
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